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La localisation du Gan HaEden

DOSSIER : Le paradis terrestre se trouvait-il à l'Équateur ?

Le Moyen Âge, de façon presque générale, estima avec saint Thomas d’Aquin que le paradis terrestre, interdit depuis le premier péché, subsistait toujours sur notre terre.

Beaucoup de cartes médiévales lui faisaient une place dans l’Orient lointain et, pour cette raison, plaçaient l’Est en haut. La Renaissance puis l’âge classique abandonnèrent progressivement cette géographie paradisiaque. En revanche, plus que jamais, les érudits tentèrent de situer au plus près l’endroit où Dieu avait planté le jardin d’Eden et leur érudition s’efforça d’éliminer les localisations fantaisistes.

Luther et le poète Du Bartas eurent beau avertir qu’« il est vain de demander aujourd’hui où se trouvait et ce qu’était ce jardin (d’Eden)», ils n’empêchèrent pas de très nombreux « curieux » de rechercher « en quel lieu ce parterre fut fait des mains propres de Dieu ». La plupart des commentateurs de la Genèse jugèrent comme Calvin que, même si « notre héritage éternel… est au ciel…, il nous faut arrêter le pied en terre » pour considérer « le logis dont Dieu a voulu que l’homme usât en son temps ».

Le jésuite Francisco Suarez était le porte-parole de beaucoup de théologiens et d’exégètes lorsqu’il affirmait que la connaissance du paradis terrestre nous est « nécessaire » pour comprendre « tout ce que l’Écriture nous dit du statut de l’humanité avant le péché ». La recherche passionnée de l’endroit où se trouvait le jardin des délices était donc légitime et souhaitable. Mais elle était, en outre, possible. Car, écrivait Raleigh:

« bien que le jardin lui-même ne puisse pas être trouvé, le déluge et les autres accidents de l’histoire ayant réduit le pays d’Eden à l’état de champ et de pâturages ordinaires, néanmoins le lieu reste le lieu et ses rivières demeurent les mêmes ».

L’historien Joseph Duncan, qui a étudié de façon exhaustive les sources de Milton, constate judicieusement qu’aux XVIe et XVIIe siècles, « la localisation du paradis terrestre a plus attiré l’attention (des spécialistes) que n’importe quelle autre question le concernant ». Se penchant sur ce sujet, la science du temps ne se contenta pas d’évacuer l’interprétation allégorique de Philon et d’Origène et les localisations fantaisistes médiévales à proximité de la lune ou au- delà de l’océan circulaire. Elle passa au crible de la critique d’autres hypothèses géographiques, anciennes, réactualisées ou récentes, qui parurent en contradiction avec la lettre du texte sacré ou avec la nouvelle connaissance du monde issue des grandes découvertes.

Il faut donc évoquer ici l’hypothèse « équatoriale ».

Celle-ci, avancée par Tertullien, fut rappelée par saint Thomas d’Aquin qui écrivit, prudemment toutefois, dans la Somme théologique : «… Il faut penser que le paradis a été placé en un lieu très tempéré, soit sous l’équateur, soit ailleurs. »

Saint Bonaventure et Durand de Saint-Pourçain sont en revanche plus catégoriques. Le premier affirme qu’au paradis terrestre « la chaleur est tempérée à cause de la pureté de l’air et qu’il y règne une grande égalité des saisons par la proximité de l’équateur ». Pour lui en effet le « paradis » est situé en Orient et il jouxte la ligne équinoxiale, penchant légèrement vers le midi. Durand de Saint-Pourçain, dans ses Commentaires des sentences de Pierre Lombard et Jean de Gênes à l’article « Paradisus » de son Catholicon (achevé en 1288) adhèrent à cette opinion qui s’accordait avec l’attirance que les régions chaudes de l’Asie — Inde ou Ceylan — exerçaient sur l’imagination des Occidentaux du Moyen Âge.

En sens contraire Roger Bacon, tout en admettant que la région équatoriale est « tempérée », ne croit pas qu’elle soit « très tempérée ». « Aussi n’est-il pas certain que le paradis (terrestre) doive se trouver ici. » A son tour Pierre d’Ailly, dans son Ymago mundi, après discussion et hésitations, se rallie au sentiment de Roger Bacon et « déduit que sous l’équateur le climat n’est pas absolument tempéré. Il n’y a donc pas d’apparence que le paradis terrestre y soit placé, puisqu’il doit jouir des conditions les plus tempérées ».

L’Historia rerum ubique gestarum de Pie II, quant à elle, met « en doute » la possibilité d’un habitat humain à l’équateur et donc la pertinence d’une localisation du paradis terrestre dans cette région.

En sens inverse, il est révélateur que Christophe Colomb, par ailleurs grand lecteur et admirateur de Pierre d’Ailly et de Pie II, se soit séparé d’eux sur le point qui nous occupe ici. En face du passage de Pie II qu’on vient de citer, il note :

« Le contraire est démontré au Sud par les Portugais, au Nord par les Anglais et les Suédois qui naviguèrent en ces parties du monde. »

Plus loin, commentant toujours Pie II, Christophe Colomb revient sur le sujet en ces termes :

« Ératosthènes dit que le climat est très tempéré sous le cercle équatorial ; et Avicenne aussi… Le fort de la Mine (Mina) du Séré- nissime roi du Portugal est perpendiculairement situé sous la ligne équatoriale. Nous l’avons vu. »

Pour Christophe Colomb l’expérience prouvait donc le caractère habitable des zones équatoriales. C’est pourquoi il crut que le golfe de Paria, découvert par lui au cours de son troisième voyage, constituait le chemin, interdit peut- être, mais le chemin tout de même, du paradis terrestre. Il écrivit à ce propos :

«Je ne prétends pas (…) qu’il soit possible d’y arriver jamais (au paradis terrestre) ; mais je crois que c’est là (en amont du golfe de Paria) que se trouve le paradis terrestre, jusqu’où personne ne peut arriver, si ce n’est pas la volonté divine… Je pense que cette eau pourrait fort bien descendre de là, pour arriver jusqu’ici où elle forme ce lac (le golfe de Paria). Je n’avais jamais lu ni entendu dire qu’une aussi grande quantité d’eau douce pouvait se maintenir ainsi au milieu d’eau salée et en contact avec elle. La température extrêmement douce contribue aussi à le faire croire. Et si jamais ce fleuve (l’Orénoque) ne sort pas du paradis, cela semblera sans doute encore plus merveilleux ; car je ne pense pas qu’on ait vu dans tout le monde un autre fleuve aussi grand, ni aussi profond. »

L’éloge de la zone équatoriale fait l’objet d’un développement substantiel dans l’Histoire du monde de Raleigh. On pouvait autrefois, estime-t-il, juger raisonnablement que les régions sous l’équateur étaient inhabitables. Mais Tertullien et Avicenne, qui ont émis l’opinion contraire, étaient dans le vrai.

Nous savons maintenant, par l’enseignement des voyages de découvertes, que si doit se trouver sur terre un endroit doté de la nature, de la beauté et des délices dont jouissait le paradis terrestre, il faut le chercher dans la région que l’on supposait auparavant inhabitable et brûlée : entre les tropiques ou à proximité de la ligne équatoriale elle-même. La chaleur du jour y est adoucie par la brise et les nuits sont fraîches. « Je ne connais aucune autre région du monde qui ait une température meilleure et plus égale. »

Un peu plus tard le géographe anglais Nathaniel Carpenter confirme à son tour que Tertullien, Bonaventure et Durand de Saint-Pourçain avaient raison contre les anciens lorsqu’ils estimaient la zone équatoriale « plaisante et commode pour l’habitation. Il est bien vrai que les lieux placés sous la ligne équinoxiale ne sont pas brûlés par le soleil comme certains le pensaient. Les derniers navigateurs ont au contraire prouvé qu’ils sont le plus souvent très agréables et fertiles. »

Contemporain de Raleigh et de Carpenter, Suarez posant à son tour la question (« le paradis était-il à l’équateur ? »), constate avec eux que « l’expérience » — le mot est riche ici de modernité — a modifié les données du problème :

« L’expérience a prouvé, écrit-il, que les régions de la zone torride, réputées inhabitables par les anciens, sont en réalité tempérées (par l’abondance des eaux et la fréquence des vents) et très propres à l’habitation. »

Cependant non seulement Raleigh et Carpenter mais encore beaucoup de savants qui, en leur temps, commentèrent la Genèse placèrent malgré tout dans le Proche ou le Moyen Orient le beau jardin disparu. Mais, pour rester cohérents avec eux-mêmes, ils supposèrent qu’il avait bénéficié avant le péché, des excellentes conditions qu’on trouve maintenant à l’équateur. Il faut en tout cas considérer comme un fait d’histoire, s’agissant de l’emplacement du paradis terrestre, la relance de l’hypothèse « équatoriale », s’élargissant d’ailleurs en une hypothèse « américaine » — Amérique chaude s’entend.

On a pu dresser une liste d’historiens du Nouveau Monde qui penchèrent pour cette dernière localisation, ou qui, en tout cas, tels Lopez de Gomara et Antonio de Herrera, furent impressionnés, sinon convaincus, par l’affirmation de Christophe Colomb à ce sujet.

Le Père Joseph de Acosta, à la fin du XVIe siècle, ne tarit pas d’éloge sur la zone équatoriale.

Il serait assurément « téméraire, écrit-il, d’affirmer comme une certitude que le paradis terrestre se trouva là. Mais si l’on peut dire qu’un lieu paradisiaque existe sur terre, c’est bien où l’on jouit d’une température aussi suave et douce… Ici on ne connaît pas l’hiver avec la gêne du froid, ni l’été avec ses chaleurs. Ici il suffit d’une natte pour se reposer des fatigues de la journée ; ici à peine a-t-on besoin de changer de vêtement une fois l’an… Ce que les poètes chantent des Champs Élysées et de la fameuse vallée de Tempe et ce que Platon raconte ou imagine de l’île de l’Atlantide, les hommes le trouveraient en ces lieux, si seulement ils décidaient de ne plus être esclaves de l’argent et de la cupidité. »

Ce regain de succès de la localisation équatoriale dans sa nouvelle version américaine ne pouvait qu’inciter à la recherche de royaumes fabuleux — celui de l’El dorado et autres Ophir — à l’intérieur du Nouveau Monde.

Si, toutefois, les commentateurs les plus sérieux de la Genèse, aux XVIe et aux XVIIe siècles, rejetèrent cette hypothèse séduisante et réactualisée par les voyages de découvertes, c’est qu’il fallait tenir compte de la lettre du texte sacré qui plaçait le jardin d’Eden à l’Orient et mentionnait le Tigre et l’Euphrate.

Carpenter exprimait donc l’opinion des spécialistes lorsqu’il écrivait :

« L’emplacement du paradis ne peut pas avoir été (à l’équateur) dans la mesure où les rivières du paradis mentionnées dans la Sainte Écriture n’y ont pas été trouvées. »

En revanche il se trouva un attardé, le Dominicain Luis de Urreta, au début du XVIIe siècle , pour pencher vers une localisation, équatoriale certes mais africaine, du paradis terrestre.

En raison du lien géographique ancien que la croyance collective avait établi entre le royaume du prêtre Jean et le paradis terrestre, Urreta est enclin à penser que, puisque le premier est en Afrique, le second s’y trouvait aussi. Il considère donc le mont Amara comme un lieu équatorial qui aurait été digne de porter le jardin d’Eden. Ses formulations sur le sujet se veulent circonspectes. Elles suggèrent néanmoins le caractère vraisemblable d’une telle localisation. Urreta explique que le mot « amara » en éthiopien a la signification de « paradis ».

Effectivement, assure-t-il, le mont qui porte ce nom est véritablement un hortus deliciarum, séparé par son altitude du reste de la terre. C’est un lieu de bonheur, un jardin fleuri, rempli d’arbres fruitiers et d’agréables rivières.

« Je n’ai pas l’intention, écrit Urreta, et il ne me vient pas à l’esprit de prouver que ce mont est le paradis terrestre créé en prient le troisième des six jours de la création où furent Adam et Eve et où auraient vécu les hommes si Adam n’avait pas péché. Je prétends seulement exalter les grands privilèges de ce mont et montrer que s’y trouvent de nombreux caractères que les saints docteurs, traitant du paradis terrestre, attribuèrent au jardin de délices où furent placés nos premiers parents. »

Rappelant ensuite la tradition qui situait le jardin d’Eden à l’équateur, Urreta remarque que le mont Amara est situé précisément à cette latitude. Les jours y sont égaux aux nuits ; l’hiver n’y est pas rigoureux ni l’été brûlant. La température, tempérée toute l’année, apporte « comme un printemps perpétuel, joyeux et fleuri ». Toutes les caractéristiques du paradis terrestre se rencontrent donc au mont Amara, où les arbres produisent des fruits trois fois l’an. Quand le soleil se dirige vers le tropique du Capricorne, mûrissent les fruits portés par les branches méridionales des arbres ; quand il est en route vers l’autre tropique, c’est au tour des fruits des branches septentrionales ; quand il est à l’équateur, viennent à maturité les fruits des branches centrales : ainsi la nature ne s’arrête pas de produire. « D’où l’on infère que nous pourrions donner à ce mont le nom de « paradis » en raison de sa fertilité et de ses délices. » Cette conclusion est toutefois suivie d’un prudent point d’interrogation.

Le livre d’Urreta induisit, au XVIIe siècle et notamment en Angleterre, une discussion sur le mont Amara. Samuel Purchas, écrivain et éditeur de travaux géographiques, dans son Pilgrimage, consacre à cette montagne un développement qui est parfois une traduction littérale d’Urreta. Il ajoute — en cela plus catégorique qu’Urreta —, que « plusieurs ont pris cet endroit pour le paradis de nos premiers parents ».

Un autre géographe, Heyleyn, s’appuyant sur Purchas, donne une description d’Amara dans sa Cosmographie (1652), refusant toutefois de l’identifier avec l’emplacement du paradis terrestre-. Milton, tributaire sans doute de Heyleyn, lui fait une place dans son Paradis perdu, tout en situant en « Assyrie » le jardin d’Eden. Mais il est révélateur qu’il ait cru à l’existence d’un lieu exceptionnel au fond de l’Afrique :

« Le mont Amar, où les rois d’Abyssinie gardent leurs enfants,
Quoique supposé par quelques-uns le vrai paradis,
Sous la ligne éthiopique et près de la source du Nil,
Ce mont entouré d’un roc brillant
Et que l’on met tout un jour à monter, est loin d’approcher
Du jardin d’Assyrie où le démon
Vit sans plaisir tous les plaisirs, toutes sortes
De créatures vivantes, nouvelles et étranges à la vue. »
(IV, v. 280-287)

Milton, en rejetant à regret peut-être la localisation équatoriale du paradis terrestre, se rangeait donc à l’avis des spécialistes autorisés de l’époque. De même ceux-ci éliminèrent sans grandes discussions, la citant seulement pour mémoire, l’affirmation aventureuse de Guillaume Postel qui avait cru pouvoir situer à proximité du pôle Nord l’emplacement originel de l’humanité. Il croyait que la langue des Goths avait été la première des hommes et que les Scythes, endurants au froid, au travail et aux privations, avaient conservé mieux que les autres les qualités physiques des habitants du paradis perdu.

Celui-ci, au cours des XVIe-XVIIe siècles, reçut essentiellement trois localisations concurrentes entre lesquelles se partagèrent les meilleurs commentateurs de la Genèse : l’Arménie, la Mésopotamie, et la Terre sainte. Ils furent à peu près unanimes à penser qu’il fallait remplacer par « ab Oriente » le « a principio » de la Vulgate ; et donc substituer « plantavit Deus hortum ab Oriente » à « plantaverat autem Deus para- disum voluptatis a principio » (Gen. 1, 8).

Tel était d’ailleurs le sens que la Septante et les Pères grecs, entre autres, avaient donné à ce passage. Grégoire de Nysse avait expliqué par cette géographie la prière vers l’Orient :

« Quand nous nous tournons vers le Levant, c’est parce que notre première patrie, le paradis d’où nous sommes tombés, était au Levant3 »

Un paradis terrestre américain ou africain se trouvait ainsi éliminé.

De même la Renaissance et l’âge classique abandonnèrent progressivement, malgré des retardataires comme Suarez, l’identification médiévale du Pishôn avec le Gange et du Guihôn avec le Nil que permettait l’hypothèse d’une circulation souterraine des eaux à partir du paradis terrestre.

Ces éliminations une fois effectuées, plusieurs auteurs hésitent entre Arménie et Mésopotamie ou du moins se refusent à une localisation plus précise à l’intérieur d’une zone qui va du Taurus au golfe Persique, voire à l’Arabie Heureuse. Mais c’est la solution mésopotamienne qui eut la faveur des commentateurs les plus rigoureux. Calvin, en prenant position pour elle, contribua à lui donner un grand crédit. Son raisonnement peut être considéré comme exemplaire de la nouvelle approche « scientifique » qui, en ces domaines, caractérise la Renaissance.

Après avoir établi que « le lieu du paradis a été situé entre le soleil levant et la Judée », le Réformateur, contrairement à Luther, estime qu’« on se peut enquérir plus certainement de la question ». Le problème est alors d’identifier le fleuve qui arrosait le jardin pour se diviser ensuite en quatre bras. Sur l’Euphrate et le Tigre, « tous sont d’accord ». Mais Strabon, « diligent écrivain et qui a pris garde de bien près aux choses », a montré que « ces fleuves s’assemblent chez les Babyloniens, et puis que chacun d’eux séparément, par son propre conduit, va tomber dans la Mer rouge ».

Calvin joignit une carte à son commentaire. Elle montre une communication entre le Tigre et l’Euphrate au nord de Séleucie et de Babylone, puis un confluent complet au sud des deux villes. Ce fleuve devenu unique se divise ensuite en deux branches à proximité du golfe Persique : le bas Euphrate devait être le Guihôn et le bas Tigre, le Pishôn : ce qui conduit, pour s’accorder avec la Genèse, à placer le pays de Koush à l’ouest du Guihôn et le pays d’Hawila à l’est du Pishôn.

Adam a-t-il « habité vers Babylone et Séleucie, ou au-dessus »?  Peu importe selon Calvin :

« II suffit que (le jardin d’Eden) ait été un lieu arrosé d’eaux ». « S’il y a région sous le ciel qui soit excellente en beauté, abondance de fruits, en fécondité, en délices et autres dons, ceux qui ont écrit des pays célèbrent au-dessus de tous celui-ci. C’est pourquoi les louanges par lesquelles Moïse exalte le paradis le concerne bien. Il est donc vraisemblable que la région d’Eden a été située en ce pays-là… »

La carte qui accompagnait les Commentaires… de Calvin fut reproduite non seulement dans leur traduction anglaise mais aussi dans la Bishops’ Bible : d’où une grande diffusion. On ne sera pas étonné d’apprendre que les Annotations sur la Bible dont le Synode de Dordrecht (1619) ordonna la rédaction, tout en reconnaissant que la Bible mentionne deux « Eden », l’un en Syrie et l’autre en Chaldée, estima, comme Calvin, que c’est dans le second qu’était situé le paradis terrestre. C’était devenu en pays calviniste une doctrine quasi officielle.

Du côté catholique le Traité de la situation du paradis terrestre publié en 1691 par l’évêque Pierre Daniel Huet, ancien sous-précepteur du Dauphin et membre de l’Académie française, n’apporta pas d’élément fondamentalement nouveau. Mais l’auteur, plaçant le lecteur en face des opinions diverses qui s’étaient manifestées au cours des âges sur la localisation du paradis terrestre et les évoquant avec humour au début de son livre, voulut apporter à cette énigme une solution scientifique, qui balayerait les fantaisies et les incertitudes :

« On l’a placé (le paradis terrestre) dans le troisième ciel, dans le quatrième, dans le ciel de la lune, dans la lune mesme, sur une montagne voisine du ciel de la lune, dans la région moyenne de l’air, hors de la terre, sur la terre, sous la terre, dans un lieu caché et éloigné de la connaissance des hommes. On l’a mis sous le Pôle Arctique… Plusieurs l’ont placé…, ou sur les bords du Gange ou dans l’isle de Ceilan, faisant mesme venir le nom des Indes du mot d’Eden… D’autres dans l’Amérique, d’autres en Afrique sous l’équateur, d’autres à l’Orient équinoctial, d’autres sur la montagne de la lune d’où l’on a cru que sortait le Nil ; la plupart dans l’Asie, les uns dans l’Arménie majeure, les autres dans la Mésopotamie ou dans l’Assyrie, ou dans la Perse, ou dans la Babylonie, ou dans l’Arabie, ou dans la Syrie ou dans la Palestine. Il s’en est mesme trouvé qui ont voulu faire honneur à nôtre Europe, et ce qui passe toutes les bornes de l’impertinence, qui l’ont établi à Hédin, ville d’Artois, fondez sur la conformité de ce nom avec celui d’Eden. »

S’offrant à sortir le lecteur de ce labyrinthe, Huet propose sa propre localisation, finalement proche de celle avancée par Calvin qu’il cite d’ailleurs à cet égard avec éloge.

« De tous ceux qui, écrit-il, se sont engagez dans cette recherche, aucun n’a approché plus près du sentiment que je propose que Jean Calvin dans ses Commentaires de la Genèse1. »

Voulant faire œuvre précise et définitive, Huet entend donner la « seule » localisation qui réponde à la description de Moïse et retrouver le sens vrai du texte biblique en faisant converger ensemble toutes les connaissances utilisables.

Il démontre successivement qu’« Eden est un nom propre de lieu », qu’Eden et le paradis sont « deux lieux differens… (j’entends differens comme le tout de sa partie) », que « le paradis occupait la partie orientale de la province d’Eden » et enfin que « la plus grande partie du jardin estait sur la rive orientale du Tigre ». Le pays d’Eden lui-même « occupait une bonne partie de cette grande région qui depuis a été appelée Babylonie ».

En fait Huet violente la géographie fluviale de l’Iraq actuel lorsqu’il écrit qu’on ne peut « se méprendre que faute d’attention » sur ce qu’a écrit Moïse.

De toute évidence « les quatre rivières qui partageoient le grand fleuve du paradis estoient l’Euphrate et le Tigre au-dessus ; et au au-dessous les deux branches qui divisent le canal commun du Tigre et de l’Euphrate, avant qu’il tombe dans le Golphe Persique ».

Huet, comme Calvin, invente cette séparation ultime en Guihôn à l’ouest et Phisôn à l’est. En tout cas, comme lui, il localise le paradis terrestre juste en amont de cette séparation. Quelques jours après la publication du Traité… de Huet, Bossuet écrivit à celui-ci. « J’arrivai ici samedi soir, Monseigneur, et dès le lendemain matin j’eus l’honneur de présenter au roi votre Paradis terrestre. Il le receut parfaitement et voulut que je lui explicasse le sujet du livre. » Le Traité… fut rapidement traduit en latin et en anglais.

Huet avait espéré clore le débat sur la localisation du jardin d’Eden. Il n’imaginait pas qu’au siècle suivant, l’étude des fossiles conduirait à reculer l’âge de la terre, à mettre en doute le caractère « historique » du récit de la création par la Genèse et donc à bousculer tout ce qui avait été écrit sur le jardin d’Eden et toutes les localisations qu’on avait proposées : sur la lune ou à l’équateur, bien sûr, mais aussi en Mésopotamie.

Jean Delumeau

Les vestiges d’une civilisation inconnue découverts en Equateur

Une découverte récente faite par une équipe d’archéologues a révélé les restes d’une ancienne civilisation inconnue en Équateur. L’équipe d’experts russes, équatoriens et japonais a localisé le gisement à Real Alto, à Santa Elena, en Équateur. Fragments de récipients en céramique et autres artefacts vieux de 6 500 ans appartenant à une civilisation inconnue.

L’article a été publié dans la revue scientifique Antiquity, et mentionne que les archéologues ont trouvé les pièces à une profondeur de 75 centimètres et un mètre .

L’analyse par spectromètre de masse au radiocarbone a révélé que la poterie date de 4640 à 4460 av. JC, époque qui coïncide avec la première étape de la culture Valdivia. C’est l’une des plus anciennes cultures d’Amérique et ils travaillaient avec la céramique. Ses créations, actuellement, sont symboliques pour l’Equateur.

Cependant, les nouvelles découvertes sont le résultat d’ une technique très différente . Cela a conduit à la découverte d’une composition décorative totalement différente du style valdivien. Les fragments de céramique de San Pedro sont très similaires à d’autres pièces trouvées dans le passé. Ceux – ci ont été découverts à Real Alto et d’ autres fouilles datant des années 1980 . Cependant, aucune des découvertes n’a pu être attribuée à une culture connue.

En conséquence, les spécialistes pensent qu’il s’agit d’une civilisation inconnue de Valdivia, qui est née et s’est développée sur la côte pacifique de l’Équateur. Dans les prochaines fouilles , ils essaieront de trouver plus d’objets de cette nouvelle culture , ce qui pourrait être de montrer avec plus de précision quel a été son développement.

Des preuves beaucoup plus anciennes?

De même, les archéologues pensent également que des pièces de poterie encore plus anciennes peuvent être trouvées .

Cela révélerait si la poterie a été inventée en Amérique du Sud en même temps qu’elle s’est produite dans d’autres parties de la planète ou si elle a été introduite sur le continent.

Cette découverte a été réalisée grâce aux efforts archéologiques de l’Université fédérale d’Extrême-Orient de Vladivostok en Russie, de l’Institut d’archéologie et d’ethnographie SB RAS en Russie, de l’Escuela Superior Politécnica del Literal en Équateur et de l’Université Tohoku au Japon.

Ces mêmes spécialistes avaient déjà participé à la découverte de restes humains de 6 000 à 10 000 ans qui a été faite dans le canton d’Atahualpa.

Cette découverte alimente une fois de plus la théorie selon laquelle une civilisation inconnue, ou que diverses autres cultures qui n’apparaissent pas dans les archives historiques, existaient dans différentes parties du monde. Peut-être que certains sont bien plus avancés qu’on ne le pense…

Le réseau de galeries sous l’Equateur et le Pérou et la mystérieuse bibliothèque

Un réseau de galeries et de cavernes sous l’Equateur et le Pérou renferment deux bibliothèques contenant des livres de métal gravés et des tablettes de cristal. Un fabuleux défi archéologique.

« Pour moi, c’est la plus incroyable, la plus fantastique histoire du siècle » s’écrit en 1972 l’aventurier suisse Eric Von Däniken dans son livre The Gold of the Gods

De quoi s’agit-il ?

D’une bibliothèque de livres de métal découverte en 1965 sous le sol du Pérou et de l’Équateur par l’entrepreneur austro argentin Juan Moricz.

Selon Däniken, passionné d’énigmes archéologiques, Moricz l’aurait accompagné en 1972 au coeur des mystérieuses galeries souterraines qu’il décrit ainsi:

« Tous les couloirs forment des angles droits parfaits, parfois étroits, parfois larges. Les murs sont lisses et semblent polis. Les plafonds sont plats et on dirait parfois qu’ils ont été enduits d’une, sorte de vernis… Mes doutes quant à l’existence de galeries souterraines se sont envolés comme par magie et j’ai ressenti une immense joie. Moricz a affirmé que les couloirs comme ceux dans lesquels nous passions s’étendaient sur des centaines de kilomètres sous le sol de l’Équateur et du Pérou. »

Cependant, pour des raisons floues, Von Däniken ne verra pas la bibliothèque tant convoitée…

Peu de temps après, Moricz confie à des journalistes de Der Spiegel et du Stern qu’il n’est jamais allé dans la caverne avec Däniken… La réputation de ce dernier en prend un coup. L’auteur de best sellers pour qui les dieux sont d’anciens astronautes et qui voit dans cette bibliothèque, comme dans les pyramides ou les statues de l’Île de Pâques, la preuve de l’existence de visiteurs extraterrestres, ne s’en remettra jamais tout à fait.

Personne n’a fait remarquer que si Von Däniken avait menti, il aurait brouillé les pistes pour éviter que l’on puisse remonter à Moricz aussi facilement. L’hypothèse la plus vraisemblable est que Moricz a montré au moins l’entrée du souterrain à Von Däniken, mais qu’il l’a ensuite regretté : peut-être s’était-il engagé à ne jamais dévoiler ce secret.

Plus tard, il confiera avoir emmené l’auteur suisse de Guayaquil à Cuenca, pour y rencontrer le Père Carlos Crespi et admirer sa collection d’artefacts énigmatiques. Ne disposant pas de suffisamment de temps pour conduire Von Däniken au «véritable endroit », ils auraient décidé de lui montrer une petite caverne, à une trentaine de minutes de Cuenca, certifiant qu’elle était reliée au réseau.

Cette révélation mettra un terme à la controverse von Däniken-Moricz, mais pas au mystère entourant la bibliothèque de livres de métal elle-même.

Historique

En 1975, Stanley Hall, un Écossais, décide d’organiser une expédition britannico-équatorienne pour explorer la Cueva de los Tayos. Il s’agit d’une expédition purement scientifique.

La grotte est considérée par de nombreux auteurs et explorateurs comme l’une des plus grandes énigmes des Amériques, et beaucoup conviennent que la vérité cachée au fond de la grotte nous obligera à réécrire complètement l’histoire de l’humanité.

Certains auteurs affirment que la grotte des Tayos enregistre une histoire ancienne qui s’est déroulée sur Terre et qui remonte à 250 000 ans.

Aujourd’hui encore , la grotte des Tayos (Morona Santiago, sud-est de l’Équateur) reste l’obsession de nombreux explorateurs qui cherchent à trouver dans son intérieur la réponse à l’énigme entourant les blocs de pierre colossaux qui composent les murs et les plafonds de la grotte.

La grotte est située dans la haute jungle vierge à 2 km au sud de la rivière Santiago et à 800 mètres à l’est de la rivière Coangos (Kuankus). Entrer dans la grotte est tout sauf facile. Pour accéder aux chambres mystérieuses de la grotte, il faut descendre en rappel 87 mètres à travers un premier niveau et 25 autres jusqu’à l’entrée des tunnels.

La légende réside dans les grands blocs de pierre mégalithiques – qui sont polis et taillés avec une précision laser – qui composent certaines des pièces de la grotte et les nombreuses plaques métalliques mystérieuses gravées d’écriture idéographique dont le chercheur hongrois-argentin Juan Moricz parlé dans les années soixante.

La meilleure preuve des mystérieux endroits métalliques peut être attribuée au salésien italien Carlos Crespi Croci, qui avait exploré la région dans les années 40 et acquis des Indiens Shuar certains des objets qu’ils auraient retirés de la grotte.

S’il y a bien une bibliothèque de livres de métal issue d’une civilisation perdue, la première étape consistera à dresser la carte du site. C’est le principal et unique but de l’expédition; il n’est pas question de chasse aux trésors. Prévue pour trois semaines, l’exploration est une entreprise conjointe des armées britannique et équatorienne, secondée par une équipe de géologues, botanistes et autres spécialistes.

Sans oublier une figure honorifique: Neil Armstrong, l’astronaute, enchanté de se joindre à cette mission.

Le 3 août 1976, alors que l’expédition touche à sa fin, Armstrong pénètre enfin dans le réseau de galeries : aucune trace de livres en métal.

Néanmoins, l’équipe répertorie au passage quatre cents nouvelles espèces végétales ainsi qu’une sépulture abritant un corps en position assise. On établira par la suite que la tombe remonte à l’an 1 500 av. J.- C., et qu’au solstice d’été, le soleil devait s’illuminer.

Après la mort de Moricz en 1991, Hall décide de retrouver le «troisième homme », celui qui a guidé Moricz sur le site en question et dont l’Austro-Hongrois n’a jamais voulu révéler l’identité. Hall, lui, le retrouve : Petronio Jaramillo.

«J’avais un nom et un annuaire téléphonique, explique-t-il. Mais il y avait un tas de Jaramillo à Quito. J’ai fini par le trouver — ou, plutôt — sa mère. En septembre 1991, elle m’a donné le numéro de téléphone de son fils. Je lui ai téléphoné. Il m’a dit que nos chemins avaient mis seize ans avant de se croiser. Il souhaitait me rencontrer, et a déclaré qu’il lui fallait trois jours pour me mettre au courant.»

Jaramillo confirme que lorsque Moricz est arrivé à Guayaquil en 1964, il s’est associé à un homme de loi, Gerardo Pefia Matheus. Moricz aurait parlé à Matheus de sa théorie selon laquelle le peuple hongrois serait à l’origine de presque toutes les civilisations.

Par le biais de connaissances, Móricz rencontre Jaramillo et s’approprie peu à peu son histoire. Pour Jaramillo et Hall, si Moricz n’avait pas concentré toute l’attention sur la Cueva de los Tayos (qui n’est pas le véritable emplacement de la bibliothèque), l’expédition de 1976 aurait pu déboucher sur la découverte du siècle. Nul doute que Moricz avait décidé dès le départ que la bibliothèque des livres en métal était son héritage.

Lorsque Hall montre à Moricz un manuscrit sur l’expédition de 1976, Moricz refuse tout net de le lui rendre ! Cela met un terme à leur amitié, et Hall ne comprendra ce geste qu’en 1991, en s’apercevant que le manuscrit mentionne le nom de Jaramillo…

Jaramillo et Hall se lient d’amitié et Hall apprend de la bouche même de Jaramillo la véritable histoire de la bibliothèque de Tayos – qui ne se trouve pas du tout dans la Cueva de los Tayos

Jaramillo raconte avoir pénétré dans la bibliothèque en 1946, à l’âge de 17 ans. Il l’a découverte grâce à un oncle connu sous le nom de «Blanquito Pelado» à qui la population Shuar locale a confié ce secret. Ce qu’il décrit ferait rêver n’importe quel archéologue: une bibliothèque composée de milliers de gros livres en métal empilés sur des étagères, chacun pesant en moyenne vingt kilos, chaque page remplie d’un même côté d’idéogrammes, de dessins géométriques et d’inscriptions écrites.

Il évoque une seconde bibliothèque contenant des petites tablettes dures, lisses, translucides — ressemblant à du cristal sillonnées de rainures parallèles incrustées, empilées sur des plateaux inclinés sur des tréteaux couverts de feuille d’or, il décrit des statues humaines et zoomorphiques certaines sur de lourds socles cylindriques), des barres métalliques de différentes formes, ainsi que des «portes » scellées — peut- être des tombes — couvertes de mélanges de pierres fines colorées, il voit un grand sarcophage, sculpté dans un matériau dur translucide, contenant le squelette couvert de feuille d’or d’un être humain de grande taille.

En résumé, un incroyable trésor, entreposé à l’écart, comme caché en prévision de quelque désastre imminent. Jaramillo ajoute qu’un jour, il a descendu sept livres des étagères pour les étudier, mais Ils étaient si lourds qu’il n’a pu les remettre en place. Trop lourds pour être sortis de la bibliothèque et révélés au monde ?

Jaramillo n’a jamais fourni la moindre preuve matérielle de ses affirmations et souhaite rester dans l’ombre, Quand Hall lui demande pourquoi il n’a jamais pris de photos, il répond que «cela ne prouverait rien ».

D’autres découvertes, telles que la tristement célèbre Burrows Cave aux États- Unis, démontre qu’il ne suffit pas de voir pour croire.

La preuve nous est donnée en France avec le site de Glozel qui n’a jamais été reconnu, pourtant il démontre qu’une civilisation de géants a bien vécu dans le Bourbonnais.

Pourtant, Jaramillon déclare avoir laissé ses initiales dans les sept livres déplacés pour prouver qu’il a bien pénétré ces Dieux en personne. Jaramillo et Hall préparent activement «l’expédition de l’occupation ». Ils ont pris contact avec divers ambassadeurs et hommes politiques ; puis ils ont informé la communauté scientifique.


Jaramillo a l’intention de conduire l’équipe sur les lieux, où elle passerait trois à quatre mois (durant la saison sèche) à répertorier le contenu du site et à s’assurer que rien ne disparaisse. Tout resterait sur place. Seul un rapport de recommandations résulterait de cette expédition, qui impliquerait l’Unesco. Mais en 1995, des avions à réaction péruviens bombardent une base militaire équatorienne et le projet connaît son premier revers.

En 1997, Hall profite d’une importante conférence d’anthropologie pour promouvoir le projet. Six anthropologues s’y intéressent, Mais cette même année, le régime politique de l’Équateur change et Hall rentre en Écosse avec sa famille, Néanmoins, les préparatifs de l’expédition se poursuivent.

Mais c’est en 1998 que l’expédition connaît sa plus grosse déconvenue. La mère de Petronio Jaramillo annonce, par téléphone, à Hall que son fils avait été assassiné.. A-t-il été abattu à cause des projets qu’il nourrissait?

La vie en Amérique du Sud ne vaut pas cher, comme tous ceux qui y ont séjourné ou vécu le savent. Ce jour-là, Jaramillo portait sur lui une importante somme d’argent. Un banal vol de rue, à proximité de chez lui a stoppé dans son élan l’une des plus grandes découvertes du monde.

Moricz et Jaramillo sont morts. Hall a plus de soixante ans, Va-t-il faire cavalier seul et vouloir s’approprier la bibliothèque? Hall n’est pas un chasseur de trésors, Il souligne que la région est un – si ce n’est le – véritable El Dorado. Il y a de l’or partout ; les routes en sont presque littéralement pavées. Même si les livres de la bibliothèque sont en or — bien que Jaramillo n’ait jamais parlé d’or mais de «métal» (en fait, il semble y avoir eu du cuivre, puisque Jaramillo a vu une couleur verte sur les livres) — il y a plus d’or à l’extérieur de la bibliothèque qu’à l’intérieur.

Si Moricz se trouvait dans la région, c’est parce qu’il possédait de vastes concessions aurifères ; il s’intéressait à la bibliothèque non pour sa valeur monétaire mais pour son importance historique. Par le passé, divers chasseurs de trésors ont tenté de conquérir la caverne. Le Comte Pino Turolla prend contact avec Jaramillo dans les années 60 grâce aux mêmes intermédiaires que ceux intervenus entre Moricz et lui.

Turolla était obsédé par la Salle des archives d’Edgar Cayce, et pour lui, la bibliothèque de livres en métal serait la preuve absolue de la probité des prophéties de Cayce. Mais entre Turolla et Jamarillo, le courant ne passe pas. Turolla doit donc se passer de l’aide de l’Équatorien et décide de fouiller seul autour de la Cueva de los Tayos, mais il en revient bredouille.

L’Indiana Jones le plus actif aujourd’hui est Stan Grist, qui a connu Juan Moricz ainsi que son confident, Zoltan Czellar, lequel était également un grand ami de Hall. En 2005, Grist témoigne :

«Tandis que j’écris ces mots, je suis en négociations avec le groupe indigène des Shuars qui vit près de la Cueva de los Tayos et dont il faut la permission pour entrer dans la zone des cavernes et l’explorer. Je projette d’organiser une expédition dans les mois à venir pour rechercher l’entrée secrète de la caverne donnant accès à la supposée bibliothèque de livres de métal. Beaucoup de gens ont pénétré dans la caverne par l’entrée verticale connue, située près du sommet de la montagne. Toutefois, je pense qu’il est quasiment voire totalement impossible de l’atteindre par cette accès- là. On ne peut accéder à l’entrée secrète qu’en passant sous l’eau »

Hall confirme:

« Jaramillo a toujours dit que l’entrée se trouvait sous la rivière ».

Mais cette rivière ne se situe pas à proximité de la Caverne, Il s’agit de la rivière Pastaza. Bien que Hall n’ait jamais eu connaissance de son emplacement de la bouche même du guide équatorien, il organise un voyage sur le site avec Mario Petronio, le fils de Jaramillo. Malheureusement, le voyage sera abandonné avant que le « point zéro » n’ait pu être atteint.

En mai 2000, Hall y retourne: «

Pendant que nous préparions l’expédition, dans les années 90, chaque fois qu’on se disait qu’il fallait impérativement du matériel de plongée, Petronio répondait que même si elle [ l’entrée de la caverne] était sous la rivière, nous n’aurions pas à nous mouiller pour autant. »

Hall m’a montré des cartes aériennes, faisant remarquer un virage dans la rivière qui rencontre une ligne de faille, dont on sait qu’elle s’ouvre dans un réseau de cavernes qui court sur plusieurs kilomètres. Selon lui, cette ligne de faille preuve d’un ancien tremblement de terre – a ouvert le réseau souterrain, que quelqu’un a jadis découvert et utilisé pour y installer la bibliothèque de livres de métal.


Hall a visité ce lieu et en déduit qu’il cadre parfaitement avec la description de Jaramillo.

Hall a 64 ans lorsqu’il se rend dans la région pour la dernière fois ; il en a aujourd’hui 70. Il se dit qu’il ne connaîtra vraisemblablement jamais le fin mot de l’histoire. Toutefois, il ne la considère pas comme son histoire et ne veut pas commettre la même erreur que Moricz. C’est pourquoi le 17janvier 2005, Hall a informé le gouvernement équatorien de l’emplacement de la caverne correspondant à la description de Jaramillo et qui, il l’espère, fera l’objet d’une expédition.

Pour ceux qui sont intéressés, sachez que le site est situé à 77° 47’ 34» de longitude ouest et à 1° 56’ 00» de latitude sud. GoogleEarth vous en rapproche beaucoup et peut satisfaire une curiosité initiale.

Mais connaître l’emplacement ne signifie pas qu’il sera facile à trouver. Hall pense qu’il faudra des décennies ou bien un changement de paradigme avant que des gens puissent coopérer de façon à prendre connaissance fructueusement les lieux, Il affirme que l’expédition de 1976 n’a réussi que parce qu’un régime militaire était au pouvoir :

«Une bureaucratie démocratique submergera l’expédition avant qu’elle ne traverse la moindre rivière marécageuse ».

Ce dont on a besoin, c’est de coopération et de transparence.

Trop de gens ont essayé d’utiliser la bibliothèque pour appuyer leur propre théorie, qu’elle fasse entrer en jeu des extra-terrestres, des Hongrois à la conquête du globe ou encore Edgar Cayce et sa Salle des archives. C’est peut- être pour cela que les missions étaient vouées à l’échec.

Peut-être devrions-nous simplement laisser la bibliothèque parler d’elle-même. Les réponses aux questions telles que « qui l’a bâtie? », «d’où venaient-ils? », « qu’ont-ils accompli? », etc. se trouveront peut-être à l’intérieur de la construction elle-même. Après tout, c’est une bibliothèque…


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