Un mur de l’époque des Hasmonéens retrouvé à Jérusalem
Les Hasmonéens sont une dynastie qui parvient au pouvoir en Judée au cours de la révolte des Maccabées en en 168-167 av. J.-C.
Des archéologues ont achevé la fouille d’une impressionnante muraille datant de la période hasmonéenne à Jérusalem, construite à la fin du IIe siècle avant notre ère. Cette muraille a été découverte sur le site de la Tour de David, à proximité de la citadelle, au sein du complexe historique de Kishlé. Mise au jour lors de fouilles menées par l’Autorité des antiquités d’Israël, elle constitue l’une des sections les plus complètes et les plus longues des fortifications antiques de Jérusalem découvertes à ce jour.
Ces travaux ont été réalisés en vue de la construction de la nouvelle aile « Schulich d’archéologie, d’art et d’innovation », qui sera située dans le complexe Kishle, au musée de la Tour de David à Jérusalem.

Selon les docteurs Amit Re’im et Marion Zindel, directeurs des fouilles pour le compte de l’Autorité des antiquités d’Israël, la section mise au jour, connue dans les sources antiques sous le nom de « Premier Mur », impressionne par ses dimensions et son état de conservation. Elle s’étend sur plus de 40 mètres et mesure environ 5 mètres de large. Le mur est construit en pierres massives et lourdes, ornées d’un bossage ciselé typique de l’époque. À l’origine, il s’élevait à plus de dix mètres de hauteur, mais seule sa partie inférieure subsiste.
Durant la période du Second Temple, le mur hasmonéen encerclait le mont Sion. D’autres segments ont été découverts dans la Cité de David, dans la cour de la Citadelle de David et le long de la face extérieure du mur ouest de la vieille ville de Jérusalem.
Les sources historiques décrivent le mur en détail. Flavius Josèphe, historien juif du Ier siècle de notre ère, en a tracé le parcours et indiqué les portes, affirmant qu’il était imprenable, fort de soixante tours jalonnant sa longueur. Les docteurs Re’im et Zindel soulignent que la destruction du mur fut systématique et délibérée. Elle ne résulta ni de l’érosion naturelle ni d’une attaque fortuite. Sa démolition intentionnelle soulève des questions quant à l’identité du commanditaire et à ses motivations.
Les chercheurs avancent deux hypothèses principales. La première est que les Hasmonéens eux-mêmes ont démantelé le mur dans le cadre d’un accord avec Antiochos VII Sidète, souverain de l’empire séleucide hellénistique de 138 à 129 avant notre ère. Antiochos, héritier d’Antiochos IV Épiphane, célèbre pour Hanoucca, assiégea Jérusalem de 134 à 132 avant notre ère. Flavius Josèphe rapporte que Yochanan Hyrcan Ier, chef hasmonéen et grand prêtre du IIe siècle avant notre ère, négocia la paix avec Sidète, grâce aux trésors dérobés dans le tombeau du roi David. En contrepartie de la levée du siège, Sidète exigea que Jérusalem démantèle ses fortifications. La destruction du mur récemment mis au jour pourrait être liée à cet accord.

Une autre possibilité est que le roi Hérode ait ordonné la démolition dans le cadre de sa stratégie politique visant à dissocier son règne de celui des Hasmonéens. En rasant leurs principaux édifices, notamment leurs remparts monumentaux, Hérode aurait pu vouloir proclamer la fin de l’ère hasmonéenne et affirmer sa légitimité en tant que successeur. Le caractère systématique de cette destruction corrobore cette hypothèse.
Des vestiges matériels du conflit entre Yochanan Hyrcanus et Antiochus Sidetès ont été mis au jour près de cette section du mur. Les fouilles menées dans les années 1980 par Renee Sivan et Giora Solar ont révélé un important dépôt de pierres de catapulte, de pointes de flèches, de pierres de fronde et de balles de plomb datant de l’époque hellénistique, au pied du Premier Mur. Ces découvertes ont été identifiées comme une preuve incontestable du siège mené par les Sidétes. Malgré un bombardement intense, les projectiles n’ont pas réussi à percer les imposantes défenses hasmonéennes et sont tombés au pied du mur. Plusieurs de ces armes sont exposées dans une nouvelle exposition au Musée de la Tour de David à Jérusalem.

Eilat Lieber, directrice du Musée de la Tour de David à Jérusalem, a indiqué que les fouilles menées par l’Autorité des antiquités d’Israël s’inscrivaient dans le cadre des préparatifs de la nouvelle aile Schulich, dédiée à l’archéologie, à l’art et à l’innovation. Elle a souligné l’engagement du musée à préserver ce site exceptionnel et à le rendre accessible au public, offrant ainsi un témoignage tangible de plusieurs millénaires d’histoire de Jérusalem. Dans cette nouvelle aile, les visiteurs pourront se tenir sur un plancher transparent surplombant les pierres antiques, et des interprétations artistiques contemporaines leur proposeront une approche renouvelée du patrimoine de la ville.

Au cours des fouilles, les archéologues ont également découvert une partie d’un mur plus ancien, qui, selon eux, remonterait à la période du Premier Temple.
« Pour ce mur, nous effectuons actuellement une datation au carbone 14 ; les recherches sont toujours en cours »
« Nous nous engageons à préserver ce site impressionnant et unique, et à permettre au grand public de découvrir ce lien tangible avec le passé millénaire de Jérusalem », a déclaré Eilat Lieber, directrice du Musée de la Tour de David, dans un communiqué.
« Dans la nouvelle aile, les visiteurs se tiendront sur un sol transparent au-dessus de ces pierres anciennes, et grâce aux créations d’artistes contemporains, cette aile créera un nouveau lien avec l’histoire et le patrimoine de la ville. »
Partagé par Terre Promise ©
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