Archéologie biblique

Les mosaïques époustouflantes de l’ancien village juif de Huqoq

Huqoq était un village juif près de Tibériade. La région a été colonisée depuis les temps anciens et est mentionnée dans le Livre de Josué. Le village arabe Yaquq a été construit à l'emplacement de Huqoq, et un kibboutz nommé Hukok a été établi près du site le 11 juillet 1945.

Une exposition intitulée « Les secrets de Huqoq » au musée du Centre Yigal Allon, dans le kibboutz Ginosar offre aux visiteurs l’opportunité de découvrir l’histoire de Huqoq, un ancien village juif de Galilée qui connut son apogée durant la période romano-byzantine, il y a environ 1 500 ans. Le village est situé près de la source de Huqoq, dans la forêt d’Amiades.

Détail d’une mosaïque représentant le récit biblique d’Elim, dans le livre de l’Exode, 15:27
Une mosaïque représentant la tour de Babel, dans la synagogue de Huqoq
Une mosaïque représentant le prophète Jonas avalé par une baleine, dans la synagogue de Huqoq.

Les fouilles réalisées par Magness dans cette synagogue du 5ème siècle installée dans le petit village antique de Huqoq, en Galilée, avaient été initialement motivées par le désir de mettre en suspens un débat vieux de plusieurs décennies parmi les spécialistes qui portait sur la datation des lieux de culte juifs anciens.

Une mosaïque représentant l’ouverture de la mer Rouge, dans la synagogue de Huqoq.

En 2011, la synagogue byzantine – qui avait été relativement peu touchée et bien préservée – avait été découverte sous les décombres du village arabe moderne de Yakuk, qui avait été construit sur le site jusqu’au moment où il avait été détruit par un incendie volontaire en 1948.

Au cours de la première année, l’équipe avait trouvé des preuves attestant que la synagogue avait été édifiée au début du 5e siècle – ce qui a été ultérieurement confirmé par une analyse au carbone 14. La première mosaïque avait été trouvée durant la deuxième année des fouilles et d’autres ont encore été découvertes chaque année depuis.

En photo ici, une mosaïque découverte dans une synagogue de Huqoq représentant le mois de Teveth (Décembre-janvier) avec le signe du capricorne.

En plus de la qualité artistique et de la beauté des mosaïques, ces dernières sont le témoignage historique des espoirs et des inquiétudes des Juifs qui vivaient en Galilée, il y a 1600 ans.

« Notre travail met en lumière une période où nos seules sources écrites, concernant le judaïsme, émanent des écrits rabbiniques des sages de cette période et des références présentes dans les premiers ouvrages de littérature chrétienne. La portée de la littérature rabbinique est énorme et diversifiée mais elle ne représente que le point de vue du groupe d’hommes qui l’a écrite ».


Les traditions juive, chrétienne, druze et musulmane ont localisé la tombe du prophète Habakkuk à Huqoq et c’est un lieu de pèlerinage depuis le XIIe siècle. La première mention de la tombe est une lettre écrite par le rabbin Samuel ben Samson en 1210:


« Sur le chemin du retour de Tibériade, nous sommes allés à Kefar Hanan. En voyageant là-bas, nous sommes arrivés sur la tombe de Habakkuk à Kefar Hukkok.

En 1215 Menahem ben Perez d’Hébron a visité le site et a écrit:

« Et je suis allé là-bas et j’ai vu le tombeau du prophète Habakkuk près d’une source »

La première description détaillée apparaît dans le livre « Ce sont les voyages » (1270-1291):

« De là, on va à Ya’aquq, où se trouve la tombe du prophète Habakkuk, sur laquelle se trouve un beau monument entre quatre murs mitoyens »

Habakkuk est le huitième des douze petits prophètes de la Bible. Il aurait vécu sous le règne de Joachim de Juda, vers 608-598 av. J.-C.

L’exposition ne se limite pas aux mosaïques ; elle reconstitue Huqoq comme un véritable lieu de vie : un village bâti autour d’une source, des installations agricoles, des bains rituels d’immersion**, appelés mikvés,** et un réseau souterrain de refuges et de passages d’évacuation dissimulé à flanc de colline. À travers des objets, des photographies, une maquette du village et la reconstitution d’un espace souterrain, les visiteurs peuvent découvrir peu à peu le quotidien et l’histoire de cette communauté.

Pour la première fois, l’exposition présente également au public un trésor de pièces de bronze découvert par les archéologues de l’Autorité des antiquités d’Israël dans le réseau souterrain secret situé sous le village, aménagé à la même époque que la synagogue qui le surplombe. Ces pièces sont présentées aux côtés d’autres objets mis au jour dans ce même réseau de tunnels, notamment une bague et un poignard, témoins de l’existence d’une communauté juive qui avait bâti des refuges secrets pour se protéger et préserver ses traditions face aux menaces.


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