Adin Steinsaltz, le célèbre traducteur du Talmud, est une des personnalité les plus marquante de sa génération..

Qu’est-ce qu’être juif ? Quel est le lien qui unit les Juifs ? Sont-ils une nation ou une religion ? Comment le judaïsme influence-t-il notre pensée ?

I – Qu’est-ce qu’un Juif ?

Tout d’abord, soulignons que les principes de la foi juive sont assez unifiés. Il y a bien une unanimité fondamentale quant à la Halakha, une unanimité non pas due à une autorité centrale mais plutôt ‟à la reconnaissance universelle d’un corpus de sources et au fait que l’on a admis des méthodes bien définies d’interprétation et d’élaboration de ces sources”.

Et Adin Steinsaltz poursuit : ‟Reconnaître la Torah comme le fondement et le Midrash halakhique comme la seule manière légitime de l’interpréter rend pratiquement impossibles les divergences majeures dans les conclusions d’exégèse même si on essaye parfois de mettre l’accent sur ces divergences”.

Au début du XIXe siècle, avec la Haskalah, tout commence à changer.


Les Juifs se sentent de moins en moins soumis aux lois fondamentales du judaïsme. Au début du XIXe siècle, leur nombre était déjà élevé ; à partir des années 1930, ils sont devenus majoritaires au sein du peuple juif. Mais ces Juifs qui se sont détachés du judaïsme sont-ils encore des Juifs ? Du point de vue halakhique, ils le restent ; leur faute n’affecte pas leur judéité. On doit pourtant accepter ce constat : la définition de la judéité valable pour les générations passées ne convient plus car, à présent, l’élément unificateur manque : fini le corpus de base et même les méthodes d’interprétation. ‟Le fossé qui existe aujourd’hui entre les Juifs, même au sein des croyants, est tel que le dialogue sur une base commune est devenu pratiquement impossible”. Seul le judaïsme orthodoxe peut réussir l’examen de la judéité. La question : ‟Qu’est-ce qu’un Juif ?” s’est singulièrement compliquée.

Peut-on définir le judaïsme sur une base historique ? L’exercice semble à présent plutôt malaisé, considérant l’écart entre le judaïsme passé et le judaïsme présent. Et peut-on établir une définition de ce qu’est l’essence d’un Juif détaché de l’histoire juive ? Bref, les questions à ce sujet se bousculent. Mais en fin de compte, puisqu’il est impossible de parler de ‟race juive”, il faut bien admettre que c’est bien un passé commun qui définit le judaïsme : la patrie du peuple juif est son histoire. Hâtons-nous de préciser que cette définition est exclusivement nationale, la définition religieuse étant plutôt non-historique puisque la Torah n’est pas considérée comme un évènement historico-culturel. Et puisqu’on ne peut considérer le judaïsme exclusivement du point de vue religieux, il est nécessaire de lui donner une définition historique.

Une définition a minima.

La définition a minima liquide ce qu’elle prétend définir, le judaïsme en l’occurrence. Elle n’est qu’une généralité qui ne désigne pas grand chose. Il est préférable d’aborder le judaïsme en commençant par montrer ce qu’il a d’unique, en étudiant le lien national juif à travers les siècles.

Beit Yaacov, la Maison de Jacob.

Qu’est-ce qui crée ce lien entre les Juifs ? Même dans l’Antiquité, on ne pouvait se contenter de définir ce lien par la (seule) religion et d’envisager le judaïsme comme une (simple) religion. Le judaïsme a procédé à des conversions massives (forcées) à certaines périodes de sa très longue histoire ; de ce fait, il ne saurait être question de ‟race juive”. Mais alors, quelle est donc cette manière juive spécifique d’éprouver ce qui unit les Juifs entre eux ? Ce lien n’est pas à proprement parler une nation mais une famille. Cette appartenance n’est pas volontaire : on ne choisit pas sa famille ; on peut s’y opposer ; pourtant, on ne peut trancher ce lien essentiel.

La religion juive véhicule bien des richesses qui peuvent être utiles à d’autres. Précisons toutefois qu’elle n’est pas une religion au sens large ; elle est la religion particulière des membres de la famille juive, des membres de la Maison d’Israël — d’où le peu d’intérêt du judaïsme pour le prosélytisme. Le lien familial (et non national) est donc le lien essentiel qui unit les membres du peuple juif. ‟Sa nature primaire et irrationnelle ne le rend pas moins intense, au contraire. Le lien familial est le plus chaleureux et fondamental et c’est aussi le lien le plus difficile à dénouer”. Le prosélyte devient partie intégrante de la Maison d’Israël. Il entre dans la famille et devient juif exclusivement par son désir d’adopter le judaïsme. Ceci suppose que la ‟famille juive” est idéologique et non biologique. ‟Le peuple juif est une entité idéologique qui a la forme d’une famille, entité unique et qui se définit par cette unicité”. La foi juive et la relation à Dieu ne sont pas des abstractions, elles sont quasi biologiques et constituent la base de l’unité juive. Plus qu’un système basé sur la foi et les croyances, le judaïsme est un lien familial à affirmer et entretenir. Des Juifs peuvent refuser ce lien, il n’empêche que le fils reste un fils, un fils tenu par ‟un lien mutuel mystérieux, merveilleux et parfois agaçant qui s’accentue en temps de crise.”

Ephraïm est-il donc pour moi un fils chéri ?

J’aimerais rapporter ces pages dans leur intégralité car ce sont des pages essentielles. Ephraïm est l’une des tribus d’Israël, mais surtout l’un des symboles du royaume d’Israël, de l’État d’Israël, un État profondément corrompu qui dans la Bible est impitoyablement dénoncé (Osée 7:1-10). C’est un État juif à part entière, un État avec des veaux d’or mais des veaux d’or juifs. Une nouvelle religion émerge à partir d’un puissant désir de séparer les États d’Israël et de Juda. C’est donc ainsi que fut inventée une religion juive dont les adeptes commettent toutes sortes de transgressions (dont le culte des idoles) mais appliquent avec scrupule d’autres commandements.


Face à l’État d’Israël, l’État de Juda — l’‟État religieux” —, de fait aussi corrompu que celui d’Israël : on y vénère également les idoles. Ces deux États se querellent volontiers ; ils se font même la guerre. Pourtant, malgré toutes ces violences, ils ne franchissent jamais certaines limites ; car Juifs de Juda ou Juifs d’Israël, on reste juif (voir II Chroniques 28). Israël décide pourtant de se détacher de Juda où se trouve Jérusalem. La rupture se creuse et s’intériorise chez les habitants d’Israël qui finissent par tomber dans le désespoir. Ezéchias, le roi de Juda, prend alors la décision d’inviter ceux d’Israël à rentrer à la maison, ce qui donne en langage moderne : ‟Le Temple vous est ouvert. Je vous en prie, venez”. Mais les envoyés du roi sont raillés, ce qui donne en langage moderne : ‟Aller à leur Temple de Jérusalem, moi ? Mais pour qui me prennent-ils ? Pour un religieux ? Je ne suis pas encore devenu fou que je sache !”

Les choses n’ont pas changé au sein du monde juif : on se hait, on se déteste, et dans ce tohu-bohu (une expression venue de l’hébreu), les liens les plus essentiels — ceux du sang, de l’histoire, de la famille, de la mémoire — semblent toujours sur le point de lâcher. Il est vrai que l’hostilité qui entoure Israël fait que ces liens tiennent même si la haine interne au monde juif ne cesse de grandir. Souvenons-nous du prophète Jérémie qui tout en disant des choses très dures sur Israël ne nie à aucun moment le droit à l’existence du peuple juif. Il traite une partie de ce peuple de tous les noms sans jamais perdre espoir en lui.

II – Rentrer à la maison

Les Juifs, une entité d’un genre très particulier. L’assimilation a fait perdre à beaucoup le sens de l’héritage commun. Israël n’est la nation que d’une partie des Juifs. Par ailleurs, le judaïsme n’active plus aucun prosélytisme. Alors, qui sont les Juifs ? Une famille pas nécessairement biologique mais une famille.

‟Sociologiquement parlant, ce qui lie une famille est beaucoup plus simple que ce qui lie une nation ou une religion.” Cette notion de famille appliquée au peuple juif aide à mieux comprendre ce peuple d’un point de vue sociologique mais aussi théologique. On se dispute à l’occasion, on se hait même, on s’éloigne, on se sépare, on finit toujours par se retrouver. On a volontiers le sentiment de ne rien avoir en commun, et pourtant… ‟On peut aller jusqu’à dire que le judaïsme, en tant que religion, est simplement la pratique de chacun dans sa famille”. Cette notion de famille — ‟notre peuple est notre famille” — figure déjà dans la Bible. La menace extérieure renforce l’unité de la famille et réveille la conscience que la famille a d’elle-même. ‟Ce sentiment familial est probablement l’une des raisons pour lesquelles le judaïsme en tant que religion n’a jamais été très prosélyte.”

La famille juive n’est pas une entité biologique (raciale), un patrimoine biologique. Le père de cette famille est Dieu et sa mère est l’esprit communautaire d’Israël. La religion juive est ce lien tout simple, primaire : la famille.

Dieu notre père n’est en rien une métaphore, ‟c’est le sentiment profond d’appartenance à nos sources familiales”. Adin Steinsaltz écrit : ‟C’est ce lien tout simple que l’on appelle la religion juive : être un membre de cette famille”. Et c’est bien cette relation de l’enfant au père ou à la mère qui importe le plus, plus que l’histoire juive elle-même. Quelle est la vérité d’un Juif, sa part la plus intime ? La langue ? La culture ? La nation ? La religion ? Non, la famille ! La famille malgré tout, malgré les dissensions, les rejets, les errances. ‟La vérité d’un Juif, c’est donc bien de reconnaître qu’« il appartient » même si c’est à son corps défendant. C’est là que se situe la partie la plus profonde et la plus importante de son être, qui ne peut se définir ni par la langue, ni par la culture, ni par la nation, ni par la religion. Au bout du compte, il appartient à sa famille. Au plus profond de lui, c’est ce passé qui reprend le dessus.”

III – Sommes-nous une nation ou une religion ?

‟Notre peuple n’est ni une religion, ni une nation, ni un groupe ethnique, ni une race”. Mais alors, qu’est-ce qu’un Juif ?

Nous n’avons pas de dénominateur commun évident.

Il y a peu, la religion constituait encore ce dénominateur commun même s’il y avait des groupes de Juifs marginaux (voir la question des Samaritains). Mais aujourd’hui ? Comment définir ce qu’est un Juif alors que la plupart des Juifs ne respectent plus les commandements religieux ? Quel est le dénominateur commun qui définit ou unit ces catégories de Juifs qui ne respectent plus une même foi religieuse (par exemple le mouvement ‟réformé” ou le mouvement conservative) et ceux, très nombreux, qui se désintéressent de la religion ? Rav Saada Gaon disait : ‟Notre peuple n’est une nation que par sa Torah.”

Nous ne sommes pas une religion.

Définir les Juifs comme un groupe religieux reste néanmoins problématique. A ce propos, combien de personnes s’identifient-elles comme juives sans se préoccuper le moins du monde des commandements du judaïsme ? Établir une définition générale du judaïsme n’aide en rien à définir ce qu’est un Juif, à cerner la singularité juive. Quant aux principes fondamentaux du judaïsme, ils sont si nombreux que l’on s’y perd.

Les treize articles de foi de Maïmonide permettent de distinguer le judaïsme des autres religions mais pas son essence. On ne parvient à approcher cette essence ni par le truchement d’une définition théorique ni par des définitions minimalistes (trop générales) ni par une étude détaillée. Mais alors, le judaïsme est-il une religion au sens commun du terme ? Le judaïsme n’est pas prosélyte, il estime pourtant que ses valeurs sont universelles, avec les sept mitzvot des fils de Noé, un message qui ne se confond pourtant pas avec le judaïsme. Le judaïsme est la religion particulière et unique des Juifs, le judaïsme n’est pas vraiment une religion.

Nous ne sommes ni une race ni une nation.

Les Juifs ne sont pas une race ; le peuple juif a accueilli et accueille des convertis. Les Juifs ne sont pas une nation ; les Juifs sont encore dispersés et l’hébreu n’est parlé que par une partie d’entre eux. De plus, selon les pays où ils résident, les Juifs diffèrent les uns des autres. Le souvenir d’un héritage commun est parcellaire et flou. Les Israéliens constituent bien une nation mais ils ne représentent qu’une partie des Juifs.

Nous ne sommes pas un groupe ethnique.

Quel est le rapport entre un Juif yéménite et un Juif allemand ? Les Juifs ont ‟une histoire en commun” mais de nombreux Juifs en ont à peine conscience. On avance même que c’est l’autre qui fait le Juif. Foutaise ! Cette idée qui laisse aux antisémites de tout bord le soin de déterminer ce qu’est un Juif est moralement suspecte et n’apporte aucun éclaircissement sur la spécificité juive.

La Maison d’Israël.

Redisons-le, les Juifs sont d’abord une famille. Ils sont restés une famille malgré leur accroissement. C’est parce qu’ils ont le sentiment d’être une famille qu’ils fonctionnent ainsi, un fonctionnement qui ne dépend ni du lieu où ils habitent ni de liens religieux ou culturels. L’appartenance à une famille ne dépend pas de la volonté personnelle, de son acceptation ou de son refus de la foi juive. Ce lien familial n’est pas biologique. Ce n’est pas le sang qui détermine la judéité (voir la tradition halakhique). Le non-Juif qui se convertit au judaïsme non seulement devient juif par la religion mais il est considéré comme un membre de la famille juive à part entière, une famille qui a plutôt une structure humano-spirituelle. Le père et la mère ne sont pas Abraham / Sarah ou Jacob / Rachel mais Dieu / Knesset Israël unis par un lien matrimonial. La religion juive institue une relation de père à enfant, une relation de tendresse et de sévérité.


Nous sommes une famille.

Le judaïsme est la religion et le mode de vie de la famille juive. Quelque soit le comportement du fils (du Juif) envers le judaïsme, il n’en reste pas moins un fils. Dieu est père et non chef ou souverain. Il est fondamentalement le père de ses enfants, une relation qui établit un devoir d’obéissance plus fort que n’importe quel autre lien humain — de servitude, d’esclavage, de citoyenneté.

Le lien au père — à Dieu — est vertical. Le lien à la mère — Knesset Israël — est horizontal. On ne peut être juif sans ce double lien. ‟Il est donc impossible d’être juif religieusement sans appartenir aussi au peuple juif”. Conçu comme une famille, le judaïsme n’est pas simple affaire de théologie. Pour la Halakha, est considérée comme juive toute personne née de parents juifs, même si les parents de l’intéressé et l’intéressé lui-même refusent tout ce qui est juif dans leur mode de vie. Par ailleurs, ce n’est pas la circoncision qui fait le Juif, même si elle est une obligation, une mitzvah.

Quand on est juif, on le reste.

L’entrée dans le judaïsme ne se fait pas par un rituel d’initiation. De plus, selon la Halakha, le Juif qui se convertit reste un Juif : l’apostat ne peut être privé de sa judéité, ni lui ni ses descendants. Un Juif reste juif, quel que soit son comportement ou les décisions d’un groupe social. Ainsi, celui qui est excommunié n’est pas pour autant privé de son identité de juif. Toujours selon la Halakha, celui qui se convertit entre dans la famille juive et renaît comme un enfant dans la famille Israël. Filles ou fils adoptifs, ils se font progéniture de la matriarche et du patriarche et, toujours selon la Halakha, ils restent juifs à jamais. On comprend mieux pourquoi le judaïsme ne cherche pas à convertir : une famille ne va pas dans la rue racoler les passants pour les attirer dans son giron. ‟La religion juive est la religion des Juifs. Elle est le mode de vie et le culte des Juifs.” Signalons que les rares tentatives prosélytes de la part des Juifs se sont faites sans l’autorité de la Halakha.

L’assimilation n’est jamais totale.

Même s’il est accueilli sans réticence, avec chaleur même, dans une société non juive, le Juif reste un Juif aux yeux de celle-ci : il appartient à une autre famille. Ce sentiment d’appartenir à une autre famille est présent chez les Juifs conscients de l’héritage juif théologique et halakhique mais aussi chez ceux qui n’ont pas un sentiment d’appartenance si défini. Cet attachement familial s’opère dans la verticalité et dans l’horizontalité, comme nous l’avons vu, ce qui explique que les Juifs ont entre eux la sensation d’être en famille même s’ils ont a priori peu de choses en commun. Cette sensation suscite mésententes et chamailleries — et quoi de plus normal dans une famille…

Nous nous traitons entre nous comme les membres d’une famille.

La proximité génère volontiers des tensions — les histoires de familles sont sans fin et sans fond. Les disputes familiales sont particulièrement filandreuses ; tandis qu’avec un étranger, on règle généralement les contentieux avec une relative indifférence d’opinion ou d’intérêt. On se chamaille donc, on se dit à l’occasion des choses horribles ; qu’une menace vienne de l’extérieur et la famille fait bloc. Ce n’est peut-être pas la meilleure réponse mais c’est ainsi.

La définition ordinaire d’une nation ou d’une religion est difficilement applicable aux Juifs. Si on les considère comme une famille élargie, on comprend mieux leur spécificité. La famille est le plus élémentaire des liens sociaux, contrairement aux liens nationaux, culturels ou religieux, des liens rationnels et choisis. Peut-être est-ce cette spécificité qui a permis au peuple juif — à la famille juive — de survivre.

DÉBAT :

Si les Juifs sont une famille, quel est le sens de la conversion ?


La conversion est une adoption.

Donc la conversion n’a pas pour idée de base qu’une âme juive s’est égarée dans un corps non juif ?

Le converti n’entre pas seulement dans la religion mais dans la famille. On ne peut entrer dans l’une sans entrer dans l’autre. Il s’agit donc bien d’adoption.

Si nous, les Juifs, sommes une famille, sommes-nous une famille à problèmes ?

La famille juive fonctionne comme une famille normale. On se dispute volontiers mais si l’un de ses membres a des problèmes, on l’aide spontanément. On remet ses différents à plus tard.

IV – Unité


On ne cesse de se chamailler au sujet de toutes sortes de choses lorsqu’il est question d’Israël. Certaines sont graves. Les Juifs ont connu la controverse interne tout au long de leur très longue histoire. Et redisons-le, ils se chamaillent comme dans une famille ; rien de plus normal dira-t-on. Pourtant, certaines situations sont inquiétantes, en particulier celles où l’on se rejette au point de ne plus éprouver l’adversaire, où l’adversaire se fait simplement étranger. Ainsi le Juif perd-il le sentiment que l’autre Juif est membre de sa famille, membre de la Maison Israël. Cette indifférence est plus grave que la plus violente des controverses. Elle peut signifier la mort de la famille juive — du peuple juif. Tant que ce moi collectif se maintient, le peuple vit, la famille se chamaille, crie, s’injurie, s’envoie des baffes. Mais quand l’indifférence s’installe…

Prophétie et gouvernement.

Isaïe : ‟L’Éternel est notre juge, l’Éternel est notre législateur, l’Éternel est notre roi, à lui nous devons le salut”, une déclaration qui implique que selon la loi juive, il n’y a pas de corps constitutionnel qui ait le pouvoir de créer des lois. ‟Les lois de la Torah sont traitées non comme des arrangements en vue d’un ordre social, mais plutôt comme des lois de la nature”.

Les deux autres vecteurs du pouvoir (incarnés par les rois et les juges) commencèrent à se dessiner lorsque les rois furent sacrés. Le pouvoir des juges était quasiment illimité et l’un des problèmes de la loi juive était de savoir comment contrôler les juges et réguler les conflits entre ces deux pouvoirs par la voie constitutionnelle.

Mais il y a dans le monde juif un élément sans équivalent : le prophète, le prophète en tant qu’institution politique. Selon la loi juive, celui-ci a la possibilité de mettre son veto ou de lancer des initiatives pratiquement dans toutes les directions : militaires, religieuses, judiciaires, administratives.

Les prophètes ont parfois poussé à la guerre ; ils en ont également empêchées. Ils n’œuvraient que dans les situations ad hoc et ne pouvaient intervenir dans le système des lois que pour une période limitée. Ils pouvaient être reconnus, jamais proclamés ou nommés. Ce qui suit doit être médité.

Adin Steinsaltz écrit : ‟Dans le cas d’un système qui avait cessé de fonctionner correctement, pour des raisons de corruption, de faiblesse ou pour toute autre raison, le prophète représentait ainsi un pouvoir extérieur qui pouvait ouvrir de nouvelles perspectives et prendre des décisions. En faisant suspendre de façon provisoire des lois qui paraissaient inattaquables, le prophète était en mesure de restaurer — ce qui aurait été impossible auparavant — la faculté de mobilité et d’adaptation du système.”


A suivre ….

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