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La période qui nous occupe est celle des premiers siècles de l’ère chrétienne. Nous circonscrirons donc notre propos à l’époque de la Mishna et du Talmud et commencerons à nous interroger sur les conceptions apocalyptiques après la destruction du Second Temple de Jérusalem, autrement dit après l’an 70.

par Dan Jaffé

Un des textes édifiants remontant à cette période est certainement celui de l’Apocalypse de Baruch :

Bienheureux celui qui n’est pas né, ou qui, étant né, est mort ! Quant à nous qui vivons, malheur à nous, car nous avons vu les misères de Sion et ce qui est arrivé à Jérusalem. J’appelle les Sirènes de la mer, Vous, Démons de la nuit, venez du désert. Satyres et chacals, des forêts ! Éveillez-vous. Ceignez vos reins pour le deuil. Entonnez avec moi la lamentation. Pleurez avec moi. Vous, paysans, ne semez plus ! Et toi, terre, pourquoi donner les fruits de tes moissons ? Garde en toi la douceur de tes produits ! Et toi, vigne, pourquoi donner encore ton vin ? Car on n’en offrira plus à Sion, on n’offrira plus de prémices de fruits. Et vous, cieux, gardez votre rosée, n’ouvrez plus les trésors de la pluie. Et toi soleil, retiens la lumière de tes rayons, et toi, lune, éteins l’abondance de ta lumière ! Pourquoi la lumière se lèverait-elle encore, puisque la lumière de Sion s’est éteinte ? Et vous, époux, n’entrez pas [dans la chambre nuptiale], que les vierges ne s’ornent plus de leurs couronnes ! Vous, femmes, ne priez plus pour enfanter ! Que plutôt se réjouissent les stériles, que soient heureuses celles qui n’ont pas de fils, que celles qui ont des fils soient dans la tristesse ! Pourquoi donc enfanteraient-elles dans les douleurs pour ensevelir dans les gémissements ? Pourquoi les hommes auraient-ils encore des fils et la semence de leur espèce existerait-elle encore, alors que cette mère est dans la désolation et que ces fils sont emmenés en captivité ? À partir d’aujourd’hui qu’on ne parle plus de beauté, qu’il ne soit plus question de grâce [1]

Texte communément daté au Ier siècle de notre ère et compris comme l’expression de désarroi qui accompagna la destruction du Second Temple de Jérusalem. Certains critiques penchent même pour un texte d’origine diasporique dont l’objectif serait d’aider les communautés juives face à la perte de Jérusalem et à se structurer en fonction des normes pharisiennes [2]

Le ton est grave, la démarche est défaitiste, on se situe sur les ruines du Temple de Jérusalem où les lamentations succèdent à la détresse ressentie après l’effondrement du Sanctuaire et l’exil qui s’ensuivit.

Dans ce même esprit, la tradition rabbinique exprime avec émotion un témoignage semblable dans le corpus certainement tardif d’Abot de Rabbi Nathan :

Un jour, Rabban Yohanan ben Zakaï faisait route depuis Jérusalem accompagné par R. Yeoshua lorsqu’il voit le sanctuaire en ruine. Quelle calamité pour nous, s’exclama R. Yeoshua, que ce lieu où les péchés d’Israël étaient expiés, soit aujourd’hui en ruine ! Rabban Yohanan ben Zakaï lui dit : Mon fils, ne t’afflige pas. Nous avons un moyen d’expiation qui lui est équivalent et c’est la pratique de la bienfaisance selon les mots : « Car c’est l’amour qui m’est agréable et non les sacrifices ».
(Os, 6, 6) [3]

Texte important qui met en relation la pluralité d’opinions face à la ruine de Jérusalem. La désolation prédomine et se trouve illustrée par l’approche de R. Yeoshua : « Quelle calamité pour nous, s’exclama R. Yeoshua, que ce lieu où les péchés d’Israël étaient expiés, soit aujourd’hui en ruine ! » certainement majoritaire au sein du groupe des Sages contemporains à l’événement. À l’opposé de cette approche, se trouve la réaction de R. Yohahan ben Zakaï qui s’inscrit dans un élan réformateur et restructurateur et prône un moyen de substitution au Temple de Jérusalem et à son culte [4]

Avec certains tannaïm s’élabore une réflexion sur les événements propres à la future rédemption.

Le débat s’oriente autour de la relation entre pénitence et délivrance et s’accompagne d’événements dramatiques qui composent le processus. Ainsi on peut lire :

R. Eliézer dit : Si les juifs (Israël) se repentent, ils seront rédimés, sinon ils ne le seront pas. R. Yeoshua lui dit : Ne seront-ils pas rédimés s’ils ne se repentent pas ? Non pas, mais le Saint béni soit-Il leur suscitera un roi dont les décrets seront aussi cruels que ceux de Haman et (en conséquence), les juifs se repentiront et Il les ramènera dans le droit chemin [5]

Ce passage édifiant prévoit donc une issue dramatique – un roi cruel – à l’histoire d’Israël ; cela dans le cas où le repentir n’intervient pas. Le point focal réside précisément dans cet aspect : c’est non pas Dieu qui opère une tournure cataclysmique dans l’histoire mais plutôt les actions des hommes qui sont porteuses d’une incidence sur le fonctionnement du monde. On nous laisse donc entrevoir qu’il existe une sorte de symbiose entre les actions des hommes et la décision divine.

Dans cette même optique, les tannaïm, qui s’évertuent à redynamiser la société juive après la destruction du Second Temple, mettent l’accent sur l’accomplissement des préceptes religieux. Dans cette démarche, ils présentent une tendance à relier les notions de rédemption / fin des temps et d’observance religieuse. Ainsi ce propos est transmis au nom de R. Eliézer :

Si vous parvenez à observer le shabath, vous serez sauvés de trois châtiments : le jour de Gog et Magog, les douleurs de l’enfantement du messie, et le jour du jugement dernier [6]

On trouve également sous forme de dialogue ininterrompu la question qu’adressent les disciples de R. Eliézer à leur maître :

Que doit faire un homme afin d’éviter les douleurs de l’enfantement du messie ? Il répondit : Qu’il s’adonne à l’étude de la Torah et pratique la bonté [7]

On a donc conscience en monde talmudique des malheurs, dont on peut dire qu’ils seront littéralement accouchés, par le messie. À propos de ce texte, on peut se demander si l’on assiste à un procédé rhétorique qui vise à exhorter les populations à la pratique religieuse et à l’étude de la Torah ? Où bien est-on témoin d’une lecture des visions des prophètes bibliques revisitée par les Sages du Talmud ?

Un passage talmudique qui apparaît dans le célèbre texte de la Mishna Sota 9, 15 laisse entrevoir les événements catastrophiques censés se dérouler à la fin des temps :

Avant l’arrivée du messie, l’arrogance se développera, les prix flamberont, la vigne donnera ses fruits et le vin sera inabordable. Le gouvernement se tournera vers l’hérésie et aucun avertissement ne sera pris en considération. La maison d’étude deviendra un lieu de débauche. La Galilée sera dévastée, la terre de Gabban stérile, les gens de cette province erreront de ville en ville et nul n’aura souci de leur venir en aide. Les Sages seront humiliés et l’on méprisera ceux qui craignent la faute. La vérité sera proscrite, les enfants outrageront les vieillards, les adultes se lèveront devant les plus jeunes. Le fils avilira le père, le père de famille sera haï dans son propre foyer (Mic 7, 6). Le visage de la génération ressemblera à celui d’un chien. Le fils ne rougira plus devant son père. Et à qui nous fierons-nous désormais sinon à notre Père céleste [8]

Dans le Talmud de Babylone, les textes témoignent d’une transition depuis des espérances messianiques concrètes et réalistes jusqu’à des espérances chargées d’éléments apocalyptiques. Ces nouvelles conceptions se forgent sur la défaite et l’étouffement dans le sang par les Romains de la guerre de Bar-Kokhba. C’est dans ce contexte que l’on doit lire par exemple ce passage extrait du Talmud de Babylone Sanhedrin 97a :

Nos maîtres ont enseigné : Le septénaire à la fin duquel le fils de David viendra, la première année sera accomplie le verset : « Et je ferai pleuvoir sur une cité et ne pas pleuvoir sur une autre cité ». Durant la deuxième, les flèches de la famine seront lancées, durant la troisième, il y aura une grande famine ; hommes, femmes, enfants, personnes pieuses, hommes d’actions mourront et la Torah sera oubliée par ceux qui l’étudient. Durant la quatrième, il y aura une abondance partielle. La cinquième, l’abondance sera grande, les gens mangeront, boiront et seront dans l’allégresse et la Torah sera restaurée à ceux qui l’étudient. Durant la sixième, il y aura des voix [célestes]. Durant la septième, des guerres, et à la fin de la septième année, le fils de David viendra.

On retrouve dans ce passage des motifs communs à de nombreuses autres traditions apocalyptiques : la sécheresse, la désolation, la famine, la mort des justes, etc.

Le retournement qu’offre ce texte est à la fois saisissant et utopique : après la détresse causée par tant de maux qui frappent les hommes, le monde sera de nouveau réinstauré en une époque de graduelle prospérité. On notera que cette avalanche cataclysmique n’épargne absolument aucune des créatures terrestres, les hommes pieux et sages, de même que les enfants, périront dans les affres de cette délivrance entraînant sur son passage toute sorte de calamité.

Il est fort intéressant de mettre en parallèle ces propos avec ceux de certains chapitres de l’Apocalypse de Baruch syriaque déjà cité où apparaît une vision avec l’ouverture des cieux et l’annonce de la consommation des temps [9]

Dans les chapitres 26-29 de l’Apocalypse de Baruch syriaque, on peut lire :

Et je répondis et dis : Cette tribulation qui doit se produire, se prolongera-t-elle longtemps et devra-t-elle s’étendre sur de longues années ? Et il me répondit et me dit : En douze parties ce laps de temps est divisé, et chacune est réservée à ce qui est fixé pour elle. Dans la première partie, ce sera le début des perturbations. Dans la deuxième, ce sera l’assassinat des grands. Et dans la troisième, la chute d’un grand nombre dans la mort. Et dans la quatrième, l’envoi du glaive. Et dans la cinquième, la famine et la suspension de la pluie. Et dans la sixième, des tremblements de terre et des crevasses béantes. Dans la huitième, une multitude de spectres et l’apparition de démons. Dans la neuvième, la chute du feu. Dans la dixième, le pillage et beaucoup de violence. Dans la onzième, l’iniquité et la débauche. Dans la douzième, le désordre dû au mélange et tout ce qui vient d’être dit. Mais toutes les parties de ce temps sont gardées, puis elles seront mélangés l’une à l’autre et se prêteront assistance l’une à l’autre […] de sorte que ceux qui sont sur terre ne puissent comprendre en ces jours qu’il s’agit de la consommation des temps. Néanmoins, quiconque percevra, sera sage […]. Et il arrivera que, dès que seront accomplies les choses qui doivent se produire durant ces parties de temps, le Messie commencera de se révéler [10]

On ne peut qu’être sensible à la similitude qui apparaît entre ces deux textes. Deux passages, l’un de tradition apocryphe et l’autre de tradition talmudique, témoignent de bouleversements similaires censés se produire à la fin des temps.

Certains passages spéculent également sur la durée de l’existence du monde et en proposent un découpage en séquences de deux mille ans chacune.

On peut citer à titre d’exemple les textes du Talmud de Babylone issus du traité Sanhedrin 97a et Abodah Zarah 9a où l’on peut lire : « Un tanah de l’école d’Élie enseigne que l’existence du monde sera de six mille ans ; deux mille ans de désolation, deux mille ans de Torah et deux mille ans pour les jours du Messie (yemot ha-masiah) [11]


Dans les récents volumes qu’il a consacrés à l’histoire de la mystique juive, Joseph Dan se livre à une étude des mouvements messianiques et apocalyptiques en monde juif antique et conclut que ce passage témoigne d’une réalité dénuée de toute logique, une réalité dans laquelle l’ordre du monde est totalement renversé [12]

À l’époque des premiers amoraim (IIIe siècle), c’est une tendance clairement chargée de croyances utopiques qui va prévaloir en monde juif. C’est certainement aux événements de l’histoire et à leurs incidences dans le monde juif qu’il faut avoir recours pour saisir ces mutations. À cet égard, on peut pointer différents facteurs qui, sans aucun doute, laissèrent leur empreinte dans le monde juif :

  • Le déclin de l’Empire romain.
  • Les guerres de Rome contre les Perses.
  • La dégradation de la situation économique.
  • Les critiques dirigées contre les institutions administratives, le patriarcat et les tribunaux.

Comme l’ont montré certains chercheurs, à partir du début du iiie siècle, des événements dramatiques scandent la vie des communautés juives. Outre les vicissitudes de la vie politique babylonienne, on peut mentionner à ce titre l’invasion et la destruction de la ville de Neardeah en l’an 259 ou 260. Les guerres entre Romains et Perses et les conséquences qu’elles engendrèrent parmi les juifs babyloniens contribuèrent à des espérances messianiques déterminantes. Les drames qu’apportèrent ces guerres et qui accablèrent les communautés juives furent très vite interprétés comme guerre apocalyptique de Gog et Magog [13]

Comme l’écrivait au début du XXe siècle, le savant français Israël Lévi :

« Les alternatives de triomphes et de défaites des Romains et des Parthes, qui remplissent l’histoire de cette période, ont dû frapper fortement l’esprit des Juifs de Babylonie et de Palestine et leur faire concevoir l’espérance de l’arrivée de la fin, de la délivrance [14] »

C’est certainement dans ce contexte que l’on doit comprendre ce passage midrashique de Cantique Rabba 8, 10 attribué à R. Simeon bar Yohaï : Si tu vois un cheval perse attaché à des pierres tombales en terre d’Israël, escompte la venue du messie ou encore au nom de R. Eléazar ben R. Abuna : Si tu vois les royaumes se faire la guerre, escompte la venue du messie [15]

C’est également dans cette optique que l’on doit entrevoir les passages suivants extraits de Sanhedrin 98a : Le fils de David ne viendra pas avant que les deux dynasties d’Israël ne soient éteintes.

Ce passage exprime comme signe de la fin des temps et de l’avènement messianique la fin d’une période politique manifestée par le déclin des deux dynasties juives, babyloniennes et palestiniennes. Il s’agit vraisemblablement de l’exilarcat de Babylonie et de l’ethnarchie en terre d’Israël.

On peut s’interroger sur la visée d’une telle conception : est-on en présence d’une lutte implicite contre les deux institutions ou, dans un élan plus mystique, considère-t-on que le climat d’anarchie est nécessaire pour permettre la fin des temps ? La catastrophe ferait donc partie intégrante du processus de rédemption, elle en serait une sorte d’étape obligée.

La désolation, la souffrance et la détresse des hommes font donc partie de l’univers des Sages du Talmud quand ils s’interrogent sur la fin des temps.

Dans ce même texte du Talmud de Babylone, Sanhedrin 98a on trouve les propos suivants :

  • Le fils de David ne viendra pas avant que les juges et les surveillants de l’ordre ne disparaissent d’Israël.
  • Si vous voyez une génération qui donne des signes de déclin régulier, attendez-vous à voir [le Messie].
  • Le fils de David n’apparaîtra que dans une génération totalement pervertie.

On assiste donc à un même registre auquel il est fait référence pour expliciter les étapes dramatiques de la rédemption : le registre du déclin politique, de la perversion morale et de l’absence de tout ordre régissant la vie sociétale.

Il est intéressant de noter que les signes annonciateurs de la fin des temps sont systématiquement de l’ordre de l’utopie et du cataclysme.

Dans les textes talmudiques attribués à des figures de cette même époque, principalement du iiie siècle, on trouve un phénomène nouveau qui se répandra dans l’histoire : celui des calculateurs des temps messianiques. Ainsi, il est rapporté dans ce même traité de Sanhedrin 97b :

Elie a dit à Rav Yehudah frère de Rav Salah le Pieux : le monde ne durera pas moins de quatre-vingt cinq jubilés et le fils de David apparaîtra durant le dernier jubilé. Rav Yehuda demanda : Au début du jubilé ou à la fin ? Il répondit : je l’ignore. Sera-t-il achevé ou non ? Je l’ignore.

Bien entendu, ce qui doit retenir l’attention réside précisément dans l’ignorance attribuée aux protagonistes de ce passage. C’est à n’en pas douter le message ultime qu’ont voulu transmettre les rédacteurs de ce texte, à savoir que toute spéculation sur l’avènement messianique apparaît comme étant vaine, et ce, même si les événements concrets semblent se prêter à ce genre de calcul [16]

La réaction de certains maîtres talmudiques reste sans ambages devant le phénomène des calculateurs de la fin. Ainsi, R. Yonathan, déclare en Sanhedrin 97b avec un ton véhément fréquemment utilisé par les Sages du Talmud :

Que soient mâchés les os de ceux qui calculent la fin (l’avènement messianique) car ils disent « le compte [est parvenu à son terme] et il n’est pas venu (le Messie), c’est qu’il ne viendra pas ».

Ces spéculations ont d’ailleurs engendré des réactions diverses et souvent antagonistes ; ainsi Rabba n’hésite pas à formuler son opinion de façon quelque peu inattendue sous la forme : Qu’il vienne, mais puissé-je ne pas le voir en parlant du dévoilement messianique, et Rav Yossef de lui rétorquer : Qu’il vienne et puissé-je m’asseoir à l’ombre du crottin de son âne [17]

Il est intéressant de noter que cet amora babylonien, Rav Yossef, est mentionné dans un passage énigmatique de Sanhedrin 97b où l’on retrouve une supputation des jours du Messie :

Rav Hanan bar Tahlifa envoya dire à Rav Yossef : J’ai rencontré un homme qui a en sa possession un rouleau écrit en caractères assyriens et en langue sacrée. Je lui ai demandé : Où l’as-tu obtenu ? Il m’a dit : Je me suis loué à l’armée romaine et l’ai trouvé [ce rouleau] dans les archives de l’armée romaine [18]

Il y est écrit : Quatre mille deux cent quatre-vingt onze ans après la création du monde, le monde sera orphelin. [Il y adviendra] des guerres de monstres marins, des guerres de Gog et Magog et le reste constituera les jours du Messie. Dieu ne renouvellera son monde qu’à l’issue de sept mille ans.

Remarquons que ce passage témoigne de scénarios déjà rencontrés par ailleurs, il s’agirait d’un rouleau trouvé parmi les archives de l’armée romaine dévoilant les événements propres au « renouvellement du monde de Dieu ».


On soulignera que du point de vue purement rédactionnel, cet élément ne laisse pas de surprendre. Après un certain délai qui comporte quatre mille deux cent quatre-vingt onze ans après la création du monde, le monde deviendra orphelin, ce qui signifie certainement que les hommes ne l’habiteront plus. Les images, plus cataclysmiques les unes que les autres, se succèdent : guerres de monstres marins, guerres de Gog et Magog qui mèneront l’humanité aux jours du Messie. Le programme est donc celui d’un renouvellement du monde orchestré par le divin.

De même que pour le passage sur le septénaire à la fin duquel le fils de David viendra mentionné plus haut, on peut postuler une influence iranienne pour ce passage. Aurions-nous donc les marques d’une pensée eschatologique iranienne ? En dehors de cela, notons que ce texte n’apporte aucun élément que l’on ne retrouve dans d’autres littératures [19]

Outre le phénomène des « calculateurs de la fin », les sources semblent témoigner d’un intérêt particulier sur la question de la fin des temps. Dans le Midrash Cantique Rabba 2, 7 on trouve cette intéressante exégèse sur le verset de Cant 2, 5 Je vous adjure, filles de Jérusalem :

Il y a deux serments (à propos de ce verset) : l’un pour le peuple juif et l’autre pour les nations du monde. Il adjure le peuple juif de ne pas se révolter contre les nations du monde et Il adjure les nations du monde de ne pas faire peser sur le peuple juif un joug oppressif, car s’ils faisaient peser sur Israël un joug oppressif, ils engendreraient la fin avant son terme [20]

On doit formuler une importante remarque qui jette une lumière considérable sur les approches talmudiques à propos de la fin des temps : la fin avant son terme n’est pas assimilable à la fin de l’asservissement du peuple juif par les nations.

Autrement dit, la fin des temps ne peut s’obtenir par l’entremise de l’homme à l’aide de révoltes et d’insurrections, seule la main divine peut permettre la réalisation de la fin des temps.

Dans ce même ordre d’idée, où Dieu seul intervient afin de mener le monde à son terme, on peut lire dans le Talmud de Babylone au nom de R. Yohanan :

Malheur à la nation qui se trouvera (opposer une résistance) lorsque le Saint, béni Soit-Il, rachètera ses enfants. Qui jette son vêtement entre le lion et la lionne au moment où ils s’accouplent [21]


Ce passage qui se veut délibérément anthropographique délivre un message teinté d’une certaine coloration érotique. Certes, cette exégèse trouve ses sources dans l’interprétation allégorique du Cantique, cependant peut-être fait-elle également allusion aux nations du monde qui se revendiquent le patrimoine d’Israël. Nous serions donc en présence d’un passage talmudique qui polémique implicitement avec ceux considérés comme des usurpateurs des promesses faites à Israël à propos de la rédemption.

Cette même approche se retrouve dans ce passage du Midrash sur Psaumes où l’argumentation suivante est placée dans la bouche d’Israël :

Israël dit au Saint, béni Soit-Il : Ne nous as-tu pas déjà délivrés par l’intermédiaire de Moïse, de Josué, de juges et de rois ? Or, nous sommes de nouveau dans les chaînes et dans l’humiliation comme si nous n’avions jamais été délivrés. Le Saint béni Soit-Il leur dit : parce que votre rédemption avait été réalisé de main d’homme et que vos chefs étaient des mortels, lesquels un jour sont ici et le lendemain dans la tombe, votre rédemption fut temporaire. Mais à l’avenir, Moi, qui suit éternel, Je vous rédimerai Moi-même. Je vous rédimerai d’une rédemption éternelle [22]

Le climat de souffrance qui enveloppe la fin des temps se retrouve également à propos de la conception talmudique de la bi-messianité.

Il reste difficile de faire l’histoire de la croyance juive antique en deux figures messianiques toutefois, il est possible de dire que l’idée d’un messie mourant au combat et d’un autre triomphateur le relayant, semble apparaître à l’issue de l’insurrection de Bar-Kokhba. Ainsi on peut lire ce commentaire messianique dans un intéressant passage midrashique de Rt 2, 14 :

« Et mange du pain » (Rt 2, 14), il s’agit du pain de la royauté. « Et trempe ton pain dans le vinaigre » (Id.), ce sont les souffrances ; comme il est dit « Il a été blessé à cause de nos crimes » (Is 53,5). « Et elle s’assit auprès des moissonneurs » (Rt 2,14), cela signifie que son royaume lui sera retiré pour un temps. « Et il lui tendit des épis grillés » (Id.), cela signifie qu’il est destiné a lui être restitué. R. Berekhiah dit au nom de R. Levi : le dernier rédempteur sera comme le premier rédempteur. Tout comme le premier rédempteur fut relevé et ensuite dissimulé aux yeux d’Israël […]. Combien de temps leur sera-t-il dissimulé ? […] Quarante cinq jours [23]

La phraséologie propre à ce texte autant que les motifs littéraires qui y sont employés n’est pas sans rappeler le verset johannique du chapitre 19, 28-29 :


« Après cela, Jésus, qui savait que tout était déjà consommé, dit, afin que l’Écriture fût accomplie : J’ai soif. Il y avait là un vase plein de vinaigre. Les soldats en remplirent une éponge, et, l’ayant fixée à une branche d’hysope, ils l’approchèrent de sa bouche. Quand Jésus eut pris le vinaigre, il dit : Tout est accompli. Et, baissant la tête, il rendit l’esprit [24] »

Ces mêmes motifs répétés sont tous deux empruntés à la lexicologie apocalyptique, et visent à décrire les souffrances du messie [25]


Une baraïta mentionnée dans le Talmud de Babylone va jusqu’à enseigné que le messie fils de Joseph est mort assassiné :

Dieu dit au messie fils de David qui est destiné à se révéler rapidement et de nos jours : demande-moi ce que tu veux et je te l’accorderai, comme il est dit « j’ai énoncé une loi, aujourd’hui, je t’ai engendré, demande-moi et je te donnerai l’héritage des nations. » Quand Il verra que le messie fils de Joseph a été tué, Il lui dira : maître du monde, la vie est la seule chose que j’implore de toi. Il lui dira : la vie ? Bien avant que tu le dises, David ton père a prophétisé et a dit : « Il t’a demandé la vie et tu lui as donné [26]»

On doit remarquer que l’idée qui émerge de ces passages est celle d’une première figure messianique, le messie fils de Joseph qui, pour une quelconque raison qu’il est difficile de déterminer, meurt, afin de laisser place au second messie, le suprême libérateur davidique, le messie fils de David. Il semblerait que la démarche talmudique fût justement d’affranchir ce messie, le libérateur suprême, le messie à venir, de toute souffrance, d’affliction et de mort tragique [27]

Force est cependant de constater que les péripéties et le malheur semblent être intrinsèques à la rédemption apocalyptique telle que la littérature talmudique l’entend. Cela, quel que soit le scénario que l’on entrevoit concernant la fin des temps et fût-ce même au détriment d’Israël qui, dans certains textes, se trouve en position défavorable par rapport aux nations du monde. Ainsi en témoigne ce passage du Midrash sur le Cantique :

Selon l’opinion de R. Eléazar haModai : Dans les temps futurs, les anges des nations du monde dénonceront Israël devant Dieu en disant : Maître du monde, ceux-là (les païens) furent des idolâtres et ceux-là (Israël) furent des idolâtres, ceux-là se livrèrent à des unions illicites et ceux-là se livrèrent à des unions illicites, ceux-là ont commis des homicides et ceux-là ont commis des homicides, pourquoi ceux-là (les païens) vont dans la géhenne et pourquoi Israël ne va pas dans la géhenne ? Dieu leur répondra, s’il en est ainsi, que tous les peuples descendent avec leur dieu dans la géhenne ! C’est ce que dit le verset : « Que tous les peuples marchent, chacun au nom de son dieu » (Mi 4, 5). R. Reuben dit : Si ce n’était pas écrit, nous n’aurions pu le dire. Pour ainsi dire : « C’est par le feu que Dieu sera jugé » (Is 66, 16). Il n’est pas écrit ici « Dieu est juge (shophet) » mais Dieu sera jugé (nishpat). C’est ce qu’a dit David inspiré par l’esprit saint : « Même si je passe par un fossé de ténèbres, je ne crains rien car Tu es avec moi » (Ps 23, 4) [28]

On s’en rend compte, la fin des temps est dans le Talmud accompagnée de différents bouleversements qui ébranlent l’ordre du monde. Il est difficile de comprendre rationnellement pourquoi les rédacteurs talmudiques ont trouvé opportun d’introduire de tels passages au sein du corpus talmudique. On peut certes postuler une contextualisation historique afin de mieux comprendre le milieu dans lequel ces textes ont vu le jour. On peut également postuler certains facteurs d’influences liés aux concepts et aux évolutions culturelles. Cependant, il reste malaisé de déceler les schémas mentaux et les mécanismes intellectuels qui furent déterminants dans la construction de telles démarches.

Notes

[1]Cf. Apocalypse syriaque de Baruch (II Baruch), 10, 1-17, traduction de J. Hadot dans La Bible. Écrits intertestamentaires, sous la direction de A. Dupont-Sommer et M. Philonenko, Paris, Bibliothèque de la Pléiade, 1987, p. 1487-1488.
[2]Voir la discussion à propos de la datation de l’ouvrage chez P. Grelot, L’espérance juive à l’heure de Jésus, Paris, 1994, p. 228-229 et notamment note 23.
[3]Cf. Abot de Rabbi Nathan 4 / a (éd. S. Schechter, p. 11).
[4]Dans une démarche similaire, on peut citer le passage suivant, à forte connotation antagoniste, voire nihiliste, et également extrait de Abot de Rabbi Nathan 4 / a (ed. S. Schechter, p. 11) : « Si des jeunes gens viennent te dire : Allons reconstruire le Temple, ne les écoute pas. Mais si des vieillards viennent te dire : Allons renverser le Temple, écoute-les, parce que les constructions des jeunes sont destruction ; et les destructions des gens âgés sont construction. »
[5]Talmud de Babylone, Sanhedrin 97b-98a. Dans le Midrash Tanhuma, Behuqotaï 3, la discussion est établie entre R. Yehudah et R. Siméon, et il est rajouté au nom de R. Yeoshua : « Qu’ils se repentent ou non, dès que la fin des temps arrivera, ils seront immédiatement rédimés, selon les mots : “Moi Dieu, Je hâterai ces choses en leur temps”. » Cet ajout tardif est important en ce qu’il témoigne d’un état du monde qui arrive à son terme et où la rédemption se doit d’intervenir. Les conceptions talmudiques semblent donc avoir conscience d’une temporalité de la fin (selon l’expression de David Banon dans L’attente messianique. Une infinie patience, Paris, 2012) où il ne peut y avoir d’état du monde que celui de la rédemption.
[6]Mekhilta de Rabbi Ismael, Vayisah 4 (ed. H. S. Horovitz ; I. A. Rabin, p. 169) ; Mekhilta de Rabbi Siméon bar Yohaï (ed. J. N. Epstein ; E. Z. Melamed, p. 113) ; Talmud de Babylone, Sabbath 118b.
[7]Talmud de Babylone, Sanhedrin 98a.
[8]Ce passage est communément admis comme un additum au texte mishnique. Voir notamment sur cette question l’ouvrage classique de Jacob N. Epstein, Introduction à la Mishna, Jérusalem, 1964, p. 976 [en hébreu].
[9]Par exemple Apocalypse de Baruch syriaque 24 sur les divisions des temps en douze parties.
[10]Cf. Apocalypse syriaque de Baruch (II Baruch), 26-29, traduction de J. Hadot dans La Bible. Écrits intertestamentaires, sous la direction de A. Dupont-Sommer et M. Philonenko, p. 1502-1505, légèrement retouchée.
[11]Ajoutons que ce passage ne possède aucun parallèle sous cette forme dans la littérature palestinienne (Talmud de Jérusalem, midrash halakha etc.). On trouve également dans l’Épître de Barnabé 15, 4 une formulation similaire sous la forme : « Faites attention, mes enfants, au sens de la phrase : “Il acheva en six jours”. Cela veut dire que le Seigneur amènera l’univers à son terme en six mille ans. Car un jour pour lui signifie mille ans. Il me l’atteste lui-même quand il dit : “Voici, un jour du Seigneur sera comme mille ans” (Ps 90, 4). Ainsi, mes enfants, c’est “en six jours”, en six mille ans, que l’univers parviendra à son terme » (Cité selon Pierre Prigent, Épître de Barnabé, SC 172, Paris, 1971, p. 185). La semaine de six mille ans est également attestée dans l’eschatologie samaritaine, chez Irénée de Lyon (Contre les hérésies 5, 28, 3), Hippolyte (Commentaire sur Daniel 4, 23) et Bardesane (cf. François Nau, Bardesane l’astrologue. Le livre des lois des pays, Paris, 1899, p. 57), voir P. Prigent, Épître de Barnabé, op. cit., p. 185 note 3. Le motif du septénaire dont la sept millième année sera emplie de bonheur et verra le règne du Christ et des justes se trouve dans le livre VII des Institutions divines de Lactance. Le livre des secrets d’Hénoch, dans une des versions slaves, reprend également le concept de septénaire sous la forme : « Et je désignerai le huitième jour, aussi, de sorte que le huitième jour serait le premier créé après mon œuvre et que les sept premiers retournent à la forme du septième millénaire, et qu’au commencement du huitième millénaire il y aurait un temps où l’on ne compte plus, infini, sans années, ni mois, ni semaines, ni jours, ni heures » (cité selon Philippe Gignoux, « Hexaéméron et Millénarisme : quelques motifs de comparaison entre Mazdéisme et Judaïsme », dans Irano-Judaica 2 (1990), p. 80). Certains critiques ont subodoré une influence de la chronologie apocalyptique iranienne sur ce passage talmudique : voir à ce propos E. Böklen, Die Verswandscaft der jüdischen christlichen mit der parsischen Eschatologie, Göttingen, 1902, p. 81-84 ; A. von Gall, Basilea tou theou. Eine religionsgeschichtliche Studie zur Vorkichlichen Eschatologie, Heidelberg, 1926, p. 122 ; 275 ; Paul Volz, Die Eschatologie der jüdischen Gemeinde im neustestamentlichen Zeitalter, nach den Quellen der Rabbinishen, apokalyptishen und apokryphen Literatur dargestellt, Tübingen, 1934, p. 143. On doit en effet reconnaître que cette baraïta peut être assimilée au résumé de la cosmogonie iranienne telle que nous la trouvons chez Plutarque, De Iside et Osiride 46-47. On consultera également avec profit G. Widengren, Stand und Aufgaben der iranischen Religiongeschichte, Leyde, 1955, t. I, p. 39 sq. et t. II, p. 107 sq. et du même auteur, Les religions d’Iran, Paris, 1968, p. 233 qui considère dans cet ouvrage qu’il est malaisé de déterminer la relation entre le motif des sept mille ans et les autres chronologies iraniennes. On trouve dans les traditions mazdéennes, un schéma en neuf mille ou en douze mille ans. Le premier est souvent rapproché de la doctrine manichéenne des trois temps, cf. notamment Jacques Duchesne-Guillemain, La religion de l’Iran ancien, Paris, 1962, p. 318 et Henri Charles Puech, Le Manichéisme. son fondateur, sa doctrine, Paris, 1949, p. 157 note 284.
[12]Cf. J. Dan, Histoire du mysticisme et de l’ésotérisme juif, Jérusalem, 2009, t. I, p. 440-441 [en hébreu].
[13]Voir les analyses de Salomon Funk, Die Juden in Babylonien, Berlin, 1902, t. I, p. 75.
[14]Cf. Israël Lévi, « Apocalypses dans le Talmud », dans Revue des études juives 1 (1880), p. 109. C’est peut-être d’ailleurs avec cet éclairage qu’il faut lire ce propos de Sanhedrin 98a exprimant un dialogue légendaire entre le roi Sapor et l’amora babylonien Samuel (iiie siècle) : « Le roi Sapor dit à Samuel : Vous dites que le Messie viendra, monté sur un âne, eh bien ! Je vais lui envoyer un cheval étincelant que je possède ! En possèdes-tu un qui ait mille couleurs ? »
[15]Cf. Yoma 10a ; Genèse Rabba 41, 4 (éd. J. Theodor ; Ch. Albeck, p. 409). Dans ce même esprit, voir le propos de R. Yosse ben Qisma en Sanhedrin 98a-b.
[16]Cf. I. Lévi, « Apocalypses dans le Talmud », art. cit., p. 108-114 ; M. Baer, « Quelques idées sur R. Yehuda frère de R. Salah le Pieux », dans Sinai 48 (1961), p. 299-301 [en hébreu]. Notons qu’un autre passage attribué à Rav Yehudah frère de Rav Salah le Pieux se rapporte également à des spéculations messianiques et met en relation un dialogue avec le prophète Élie. Ce passage apparaît en Yoma 19b : « Élie dit à Rav Yehudah frère de Rav Salah le Pieux : Vous prétendez que le Messie ne viendra pas et cependant aujourd’hui, jour de Yom Kippur, il a été commis de nombreux crimes. » Selon la lecture qu’en propose Israël Lévi, il y a lieu de comprendre ce passage en tant qu’expression des sentiments de Rav Yehudah frère de Rav Salah formulés par le prophète Élie.
[17]Cf. Sanhedrin 98b. Voir sur ce passage les remarques de J. Dan, Histoire du mysticisme et de l’ésotérisme juif, op. cit., p. 448-450.
[18]La version : « Je me suis loué dans l’armée assyrienne et je l’ai trouvé dans les archives perses » apparaît dans certaines éditions imprimées. Toutes les versions issues des manuscrits ainsi que l’editio princeps glosent « Je me suis loué à l’armée romaine et l’ai trouvé [ce rouleau] dans les archives de l’armée romaine ». Selon E. E. Urbach, Croyances et conceptions des Sages du Talmud, Paris, 1996, p. 701, ce serait Marcus Marinus Brixianus correcteur de l’imprimerie de Bâle (1578-1581) qui effaça le mot Romi [Rome] dans chaque occurrence où apparaissait les termes « Babylone » ou « Aram ». Il semblerait que dans ce passage il ait opté pour le terme « Perse ».
[19]Cf. A. von Gall, Basilea tou theou, op. cit., p. 426 qui mentionne l’Apocalypse de Baruch syriaque 29, 4 sur le Léviathan de l’ère messianique.
[20]Voir Cantique Rabba 2, 7 (c’est nous qui soulignons). Dans le célèbre passage du Talmud de Babylone, Ketubot 111a, il est dit que R. Yosse ben Hanina, à qui est également attribué notre propos, fait référence aux trois serments, le troisième et dernier étant que le peuple juif ne doit pas se rendre en terre d’Israël en masse.
[21]Sanhedrin 106a. Voir également E. E. Urbach, Les Sages d’Israël, p. 699-700.
[22]Midrash sur Psaumes, 31, 2.
[23]Midrash Ruth Rabba, 5, 14.
[24]C’est nous qui soulignons.
[25]Dans les deux cas, il s’agit d’accomplir le verset de Ps 69, 22 : « Pour ma soif, ils m’ont abreuvé de vinaigre. » Notons avec Urbach, Les Sages d’Israël, p. 705 que l’idée d’occultation du messie durant quarante cinq jours est signalée dans le livre de Daniel. Cependant, ces jours représentent une période de mise à l’épreuve du peuple où il est conduit dans le désert.
[26]Talmud de Babylone, Sukah 52a.
[27]Peut-être est-on témoin d’une polémique voilé avec les conceptions chrétiennes de la figure christique, telles qu’elles se trouvent notamment au iie siècle chez Justin de Néapolis ?
[28]Cantique Rabba 2, 1 ; voir également Midrash sur Psaumes 1, 20 et Urbach, Les Sages d’Israël, p. 987 note 166.

 



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