Histoire de la Nation

Petit rappel du passé honteux de la Jordanie pour comprendre le présent

Un petit rappel historique s’impose, au moment où le Mont du Temple fait l’objet de tant de propagande mensongère.

1921 : Proclamation de l’Emirat de Transjordanie. Le royaume hachémite doit son existence aux turbulences provoquées par l’effondrement de l’empire ottoman et à l’instauration du mandat britannique en Palestine au début du XXe siècle.

En 1921, l’émirat de Transjordanie est proclamé par Abdallah, qui devient émir. Son père Hussein, chérif de La Mecque appartenant à la puissante famille des hachémites, avait levé l’étendard de la révolte arabe durant la Première Guerre mondiale. L’émirat reste étroitement contrôlé par le Royaume-Uni.

25 mai 1946 : Proclamation du Royaume hachémite de Jordanie. La Transjordanie proclame son indépendance et devient le Royaume hachémite de Jordanie avec pour souverain Abdallah Ier. L’influence de Londres y demeure cependant prépondérante.

Au milieu du 20ème siècle, lorsque les Arabes contrôlaient encore des parties de Jérusalem, ils ne manifestaient aucun respect pour la ville Sainte.

En mai 1948, cinq pays arabes, dont la Jordanie, qui refusent le partage de la Palestine en deux Etats, juif et arabe, attaquent le nouvel Etat d’Israël.

En 1948, lorsque la Jordanie prit le contrôle de Jérusalem-Est, y compris la Vieille Ville, elle divisa la ville pour la première fois de ses 3 000 ans d’histoire.

En avril 1949, Israël signe un accord d’armistice avec la Jordanie, à laquelle est annexée la Cisjordanie (rive ouest du Jourdain) ainsi que la Vieille ville de Jérusalem. Un an plus tard, le Parlement jordanien réunit officiellement les deux rives du Jourdain (Transjordanie et Cisjordanie) au sein d’un seul Etat.

Aux termes de l’accord d’armistice israélo-arabe de 1949, la Jordanie s’engagea à permettre un libre accès à tous les lieux saints, mais omit d’honorer cet engagement.

De 1948 jusqu’à la guerre des Six Jours de 1967, la partie de Jérusalem contrôlée par les Jordaniens redevint une ville secondaire, isolée et sous-développée, et ses lieux de culte furent l’objet d’intolérance religieuse.

  • La Vieille Ville fut vidée de Juifs.
  • Des sites juifs, tel le Mont des Oliviers, furent profanés.
  • La Jordanie détruisit plus de 50 synagogues et y effaça toutes les preuves d’une présence juive.
  • Tous les Juifs furent expulsés du quartier juif de la Vieille Ville adjacent au Mur Occidental, un endroit où des Juifs vivent depuis de nombreuses générations.

Pendant 19 ans, les Juifs et les chrétiens habitant en Israël (et même certains musulmans) souffrirent de l’interdiction d’accès à leurs lieux saints, malgré l’engagement de la Jordanie de leur donner libre accès. Les Juifs, par exemple, n’eurent plus la possibilité de prier au Mur Occidental.

  • Des Arabes chrétiens vivant en Israël se virent refuser l’accès aux églises et autres sites religieux de la Vieille Ville et de Bethléem voisine, celle-là aussi sous contrôle jordanien.

Au cours de la domination jordanienne sur Jérusalem-Est, des lois restrictives frappèrent les institutions chrétiennes, et menèrent à une diminution dramatique de plus de la moitié de la population chrétienne de la Ville Sainte, qui passa de 25 000 à 11 000 personnes – une situation qui caractérise la situation des Arabes chrétiens dans d’autres pays arabes du Moyen-Orient, où la liberté religieuse n’est pas respectée.


Il est intéressant de noter qu’après l’annexion, la Jordanie ne fût pas intéressée à faire de Jérusalem sa capitale – cette ville que pourtant les musulmans affirment être « le troisième lieu le plus saint de l’islam ».

En juillet 1951, le roi Abdallah Ier, soupçonné d’avoir conclu un accord secret avec Israël, est assassiné par un Palestinien à Jérusalem. En août 1952, son petit-fils Hussein est proclamé roi après la déposition de son père, le roi Talal, pour incapacité mentale.

En 1956, le roi Hussein commence à éliminer toute influence militaire étrangère en renvoyant le général britannique John Glubb, commandant des forces armées.

En juin 1967, la Jordanie, engagée aux côtés de l’Egypte et de la Syrie contre Israël, perd la Cisjordanie et Jérusalem-Est. Des centaines de milliers de Palestiniens se réfugient en Jordanie, s’ajoutant à ceux arrivés après la création d’Israël. Mais le royaume se sent menacé par la montée en puissance de la résistance palestinienne.

Après la victoire israélienne lors de la Guerre des Six Jours et la capture du Mur Occidental, le grand-rabbin de l’armée israélienne Shlomo Goren proclame que « jamais Israël ne renoncera au Mur ». Peu après Yitzhak Rabin, alors chef d’état-major, déclare : « Un moment de la Guerre des Six Jours symbolise la grande victoire : l’instant où les premières troupes ont atteint le Mur Occidental ».

Dès le lendemain, l’armée israélienne commence à démolir les maisons bâties à quatre mètres devant le mur, afin de faire de la place pour l’esplanade où, depuis, des foules de Juifs viennent se recueillir ou prier, ainsi que des leaders du monde entier.

La mosquée al-Aqsa, comme le reste de la vieille ville de Jérusalem, est sous contrôle israélien depuis 1967.  La gestion de l’ensemble de l’esplanade des mosquées est confiée à un waqf, fondation religieuse islamique, dont la Jordanie est garante depuis les accords de Wadi Araba qui procurent à la Jordanie le rôle privilégié de garante de l’esplanade des mosquées.

Tensions entre Palestiniens et Jordaniens

Les tensions entre Jordaniens et Palestiniens atteignent leur paroxysme en septembre 1970, lorsque l’armée jordanienne mate la guérilla palestinienne, accusée d’avoir établi un « Etat dans l’Etat ». Ce tristement célèbre « Septembre noir » a fait des milliers de morts.

En 1988, face à l’influence grandissante de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), Amman rompt les liens légaux et administratifs conservés avec la Cisjordanie.

En 1989, après de sanglantes manifestations contre la vie chère, le roi Hussein entame un processus de démocratisation.

En octobre 1994, les Premiers ministres israélien Yitzhak Rabin et jordanien Abdel Salam Majali signent un traité de paix, après 46 ans d’état de guerre. La sécurité d’Israël est ainsi garantie sur sa plus longue frontière.

Le 7 février 1999, le roi Hussein meurt d’un cancer, après plus de 46 ans de règne. Treize jours avant, il avait désigné son fils aîné Abdallah comme prince héritier. Il devient le roi Abdallah II.


En janvier 2011, des manifestations débutent pour réclamer des réformes dans la foulée du Printemps arabe. Des milliers de Jordaniens protestent en novembre 2012 contre la hausse des prix de l’énergie et certains réclament le départ du roi, une revendication inédite.

Une vague de contestation s’empare du royaume en juin 2018 contre un projet de réforme fiscale et une hausse des prix du carburant et de l’électricité. Le Premier ministre Hani Mulqi est contraint à la démission.

Un pays ciblé par l’Etat islamique

Dès septembre 2014, la Jordanie participe en Syrie et en Irak aux frappes aériennes d’une coalition antijihadiste menée par Washington. Après l’annonce en février 2015 par le groupe Etat islamique (EI) de la mort d’un pilote jordanien brûlé vif, Amman intensifie ses bombardements. Le pays a été frappé en 2016 par plusieurs attentats meurtriers revendiqués par l’EI.

Le 3 avril 2021, le prince Hamza, demi-frère du roi et prince héritier de 1999 à 2004, est accusé d’être impliqué dans un complot « maléfique » contre son pays. Il nie et accuse en retour le pouvoir de « corruption » et d' »incompétence ». Le 7, le roi affirme que la crise est « terminée », précisant que le prince Hamza se trouve chez lui « sous sa protection ».

Soutien au terrorisme

24 avril 2023, Israël arrête un élu jordanien qui voulait introduire des centaines d’armes en Cisjordanie. Imad al-Adwan a été appréhendé au pont d’Allenby avec une dizaine de fusils d’assaut et 200 armes de poing dans sa voiture.

Une recrudescence des violences et des attentats terroristes a eu lieu ces derniers mois – une recrudescence soutenue par l’afflux d’armes illégales, et notamment de nombreuses armes de poing provenant clandestinement de Cisjordanie.


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