Enjeux de la Torah

Le messie d’Israël. Son retour et Sa gloire – 3

de Nolan Romy

Photo de couverture :
La silhouette d’un mystérieux voyageur avec un regard scrutateur sur le chaos du monde. Ce que le Messie en fera va dépendre de ce que nous aurons dans le cœur!

Remerciements
A Yehouda Ben Abraham pour son aide et ses conseils.

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Chapitre 3

En exil à Jérusalem?

De nos jours, trois millions de Juifs vivent en Israël et près de cinq cent mille à Jérusalem, le développement de cette ville s’étend jour après jour, et pourtant ils prient Dieu de les sortir de l’exil et de les conduire à la Délivrance.

N’y a-t-il pas ici une incohérence flagrante?

En outre, les Juifs sont désormais libres d’agir comme ils le souhaitent. Alors en quoi consiste donc cet « exil »?

Le Judaïsme confère à la notion d’exil une signification bien plus profonde que son acception commune.  D’après cette perception, nous sommes bel et bien dans un exil difficile et affligeant et avons au plus vite besoin de la Délivrance.

Dans cette vision éminemment religieuse, l’exil se définit comme étant l’exemple le plus parfait de la désorganisation des valeurs spirituelles. C’est lorsque ce qui est intrinsèquement élevé ne trouve pas sa place au sommet et lorsque ce qui est vil et bas est en position dominante que nous assistons à ce qu’il faut bien appeler « une inversion des valeurs ».

L’exil désigne une situation anormale, contre nature, du point de vue de la vérité en somme, c’est l’inversion des préceptes moraux de toutes une société qui vole en éclats.

Il est évident que l’exil du Peuple Juif de sa terre est inclus dans cette définition. L’état naturel du Juif est de se trouver chez lui, sur la terre d’Israël car celle-ci lui fut promise. Mais attention à de telles affirmations, elle ne lui fut donnée qu’à la condition qu’il se conforme à la loi de « la Torah » or, ce n’est plus vraiment le cas de nos jours.

Aujourd’hui, Jérusalem est une ville moderne dont l’essentiel des revenus provient du tourisme comme on l’aura compris évidemment. La part de spirituel ne se situe plus qu’au Kotel essentiellement et dans quelques arrières salles de petites synagogues discrètes, perdues dans de sinueuses ruelles de ce qui fut le Temple de Dieu.

L’exil doit être compris également lorsque le juif se trouve à l’extérieur de sa terre c’est évidemment une situation non conforme à la Loi et donc elle est anormale et aberrante du point de vu religieux. Cependant, la déportation physique du Peuple d’Israël de sa terre n’est qu’une composante de l’exil, l’expression géographique d’un exil intérieur est plus important encore.

En premier lieu, l’exil est celui de Dieu Lui-même. En effet, Celui-ci subit ce qui est dénommé « Galout Hachekhina », l’exil de la Présence Divine.

De ce point de vue, l’absurdité et l’aberration de la situation sont flagrantes. Car même, si « la terre est remplie de Sa gloire » et que la réalité du monde ne doit sa vitalité qu’à la force divine qui l’anime, cette vérité reste dissimulée et invisible. Seuls le monde physique et matériel s’offrent aux yeux alors qu’il est impossible de percevoir cette force divine pourtant omniprésente.

Dieu n’est pas dévoilé – il est donc en « exil » et sa « place » dans le dévoilement, dans la vérité, est « occupée », « usurpée » par l’apparence matérielle de l’univers.

Concevons également, que nul ne peut voir Dieu et être en même temps vivant. Bien que le sachions pertinemment bien, nous nous comportons comme si Dieu n’était point présent en ce monde alors qu’il est en nous mais nous l’ignorons et souvent volontairement.

Un autre exil est celui de l’âme.

L’âme est d’un niveau incommensurablement plus haut que celui du corps (la meilleure preuve en est que l’âme est immortelle alors que le corps retourne à la poussière dès que l’âme l’a quitté). Si l’état normal et naturel de l’âme est de gouverner le corps, chez la majorité d’entre nous, cependant, c’est l’inverse qui se passe : la plupart du temps, ce sont le corps et ses pulsions qui nous accaparent.

Lorsque la Torah et le service divin ne sont pas vécues et ressenties comme étant l’essentiel de la vie et quand les sujets du corps ont la préséance sur les besoins de l’âme, c’est là l’exil de l’âme.

L’exil est comparé au sommeil et au rêve.

Le rêve illustre bien la notion d’exil car il est, lui aussi, le théâtre d’événements perçus alors comme acceptables, mais qui mettent pourtant en scène des faits anormaux, qui ne sauraient être envisagés dans la réalité.

Dans un rêve, en effet, se retrouvent associés des faits qui peuvent exister dans la vie réelle mais dont la juxtaposition est normalement impossible. Et ce qui fait la force du rêve, c’est le sentiment éprouvé par le rêveur que toute cette absurdité est bien réelle, et même qu’elle est parfaitement normale.

Le véritable exil inclus donc en lui la condition contre nature du monde, l’homme en général et du peuple juif et de la Présence Divine. C’est pour cette raison que les juifs demandent dans leurs prières la Délivrance messianique qui mettra au jour aux yeux de toute l’Humanité la vérité de toute chose. La lumière divine qui crée le monde ne sera plus voilée, l’expression de l’âme divine ne sera plus entravée par les contingences du corps et le Peuple d’Israël retrouvera son véritable statut. Mais il ne faut en aucun cas écarter le fait qu’auparavant, Dieu estimera toute chose !

Difficile mission voir impossible, que d’estimer aujourd’hui les affaires très curieuses de l’homme moderne. Mais pour Dieu, rien de ce qui est du monde moderne et de ses progrès matériels n’a de réelle existence, seule l’âme de l’homme compte vraiment à Ses Yeux.

Il scrute et sonde l’âme des femmes et des hommes et estime alors Sa créature sous son vrai visage. En effet, qui va-t-il juger? Des religieux trop religieux? Des sans foi ni loi? Des démocrates aveugles? Des républicains bornés? Ou bien estimera-t-Il que tout le monde pèse trop lourd dans la balance divine?

C’est l’heure de la pesée des âmes et il ne suffira plus d’une simple confession car ce sera la foi qui sera maintenant éprouvée! L’avenir de l’espèce humaine est bien incertaine, le présent est chaotique, le passé n’a plus de mémoire, l’argent est roi comme il l’a toujours été et l’homme vie sans repère et vogue au gré de décision pour lesquelles il n’est jamais consulté, il subit… mais de son plein gré!

Que reste-t-il alors, si ce n’est la promesse d’un avenir meilleur qui fut révélée aux hébreux? Mais plutôt que d’écouter son cœur, il écouta son ego et cependant, les règles Sinaïtiques semblaient pourtant parfaitement clair :

La grande révélation prophétique que Moïse reçut avant mourir a été consignée d’abord sous forme de bénédictions et de malédictions dépendant entièrement de l’attitude du peuple d’Israël dans son obéissance à la loi de Dieu (Deut. ch. 27 à 30).

Splendides sont les bénédictions, merveilleuses sont les Promesses, mais terribles sont les malédictions. « Tu seras pour l’Éternel un peuple saint, comme il l’a titré, lorsque tu observeras les commandements de l’Éternel, ton Dieu, et que tu marcheras dans Ses voies. Tous les peuples verront que tu es appelé du nom de l’Éternel et ils le craindront» (Deut. 28. 1-14).

Mais il y a des conditions… «Si tu n’obéis pas â la voix de l’Éternel, ton Dieu…, voici toutes les malédictions qui viendront sur toi… Tu seras maudit dans la ville, et tu seras maudit dans les champs… L’Éternel enverra contre toi la malédiction, le trouble et la menace, au milieu de toutes les entreprises que tu feras » (v1520).

Aujourd’hui, nous savons qu’Israël est maudit par l’ensemble des nations arabes, fustigé par les nations occidentales et oppressé par une Europe soucieuse de sa tranquillité et de son électorat musulman. La puissance militaire d’Israël ne résoudra rien si ce n’est qu’il sera davantage critiqué.

Cet exil partiel que vit le Peuple Juif ne semble pas en voie de résolution et cela est un signe indéniable qu’il se passe quelque chose au pays de Sion. Il semblerait même que de plus en plus de juifs décident de quitter Israël et c’est un signe de plus. Quant au troisième temple il ne sera pas reconstruit de si tôt et chacun est parfaitement conscient que si tel devait être le cas, nous vivrions une situation conflictuelle majeure pouvant bien déclencher une troisième guerre mondiale.

Dans ces conditions, la Présence Divine ou plus exactement Sa Schekhina, ne saurait résider à nouveau au sein d’Israël, ce haut lieux de la mystique est aussi une terre sous violence, elle ne peut être considérée comme étant le lieu de la résidence divine actuellement.

Le sentiment de vengeance est à chaque coin de rue et les passions barbares se vivent avec encore plus d’intensité qu’auparavant. Seule une révélation forte telle que celle que pourrait provoquer le Messie, parviendrait peut-être à changer les choses mais tant que ceci n’a pas eu lieu et qu’au contraire, l’obscurité spirituelle garde toute sa force, le peuple juif vit dans un exil et il prie Dieu trois fois par jour « Vété’hézéna eineinou bechouve’ha leTsion » – Puissent nos yeux voir Ton retour à Sion ».

Aussi étonnant que cela paraisse, les juifs eux-mêmes ne s’interrogent pas sur le pourquoi de la non concrétisation de la fin de l’exil et sur les motivations du départ d’Israël d’une partie d’entre-eux. Cette absence d’interrogation est aussi un signe sur le manque de volonté d’une remise en cause de leur comportement sur cette terre promise.

Autant ceux-ci attendent la venue du Messie qui doit les sauver, autant ceux-ci restent dubitatifs, voire franchement hostiles lorsque l’on met en avant des arguments s’opposant à la venue du Messie. En effet, les juifs d’Israël pensent qu’il suffit de faire leur Aliyah, pour que la promesse du Messie s’accomplisse. Or précisément, dans le mot Aliyah, il y a bien autre chose que le simple fait de partir émigrer en Israël.

Ce serait assez extraordinaire s’il suffisait de partir vivre en Israël, suffirait à nous transformer en un être suffisamment saint que pour permettre l’arrivée d’un être divin!

Se rendre en Israël n’est en réalité que le début d’un travail sur soi bien plus spirituel et psychologique qu’on ne le croit. Lois Divines et la Loi décisive d’Israël Que reste-t-il à faire? Que peut encore faire Israël  Avec un pays banni et un peuple maudit que pouvons-nous espérer de Dieu? Peut-être que nous nous devons de poser cette question autrement?

Que peut bien espérer Dieu d’un peuple courageux et pourtant si fragile?

Je vois deux scénarios : La première hypothèse, l’État d’Israël s’obstine dans la voie des ripostes à la violence des Palestiniens (certes les israéliens ne concèdent rien) mais peu à peu sera condamné à terme. Cet État n’aura pas toujours les moyens économiques de faire la guerre avec la 5ème armée du monde (la récession arrive pour tous, Israël compris). Ils ne disposent plus non plus des soutiens nécessaires et certainement pas de l’Europe. Ensuite, si les État Unis s’appauvrissent, ce qui est plus que probable, Ils vont lâcher Israël sur le plan financier et militaire… Dans ce cas, peut être que l’État d’Israël disparaîtra vraisemblablement, et de façon très douloureuse malheureusement.

La deuxième hypothèse, c’est la voie de la sagesse et du sacrifice spirituel. Impensable, inimaginable mais au combien prophétique et Divin! Suivant les voies de Son Dieu, l’État d’Israël se transforme en une entité radicalement différente, renonce à sa politique, à la violence et promet la paix au monde en renonçant à son propre État qu’il quitte pour fonder le nouvel Israël religieux.

Le véritable État juif entièrement consacré à servir le Tout Puissant en conciliant tous les foyers de guerre et de tension dans le monde.

Un nouvel Etat juif entièrement dédié à la justice mondiale et à la réconciliation entre tous les habitants de la planète. Dans ce cas, cette nouvelle entité ne sera plus vraiment l’État d’Israël que nous avons connu, mais deviendra le sanctuaire de la foi et de la sérénité. Le Troisième Temple verra le jour et les juifs deviendront les conseiller de la paix pour les Princes de ce monde! Ils seront la promesse de 1000 ans de paix. Sans les guerres l’Israël de paix pourra prospérer et rayonner en devenant un lieu de paix et de partage pour tous les enfants d’Abraham mais pour tous les enfants du monde aussi.

Cela demandera beaucoup de volonté et de courage, et aussi une bonne dose d’espérance et d’abnégation mais si les juifs eux-mêmes n’ont plus cette foi exceptionnelle qui les a toujours caractérisés, alors les jours redoutables retentiront et il n’y aura plus jamais de terre sainte! … Pour personne!

Chapitre 4

Les conditions du retour pour le Messie

Nous rappellerons que chaque maison qui abrite un juif est un lieu saint car il est un lieu où l’on ouvre la Torah et cet acte spirituel peut se faire n’importe où dans le monde.

Quand un juif prie Dieu, sa présence (Schekhina) illumine le foyer où l’on cite le Saint Nom Sacré. Si cela demeure un mystère pour le commun des mortel, pour le juif c’est un acte sacré, voir Divin mais cela est un devoir et non une contrainte.

Le Lieu n’est pas là où l’on voudrait absolument le situer, le Lieu est plus que cela, il est la prière, il est le Shema Israël, il est l’appel à la Sainte Descente du Tout Puissant.

Le Lieu est la volonté de l’homme à le rendre pieu autant qu’il le pourra, il est le for intérieur et le cœur de l’homme. C’est pourquoi l’absolue persistance de faire la guerre sur ce lieu est un combat perdu sur le plan spirituel, certes, sur le terrain lui-même, les morts (une fois de plus) attesteront de la farouche barbarie humaine ou de son courage mais la bataille quant à elle, n’aura rien changé aux forces agissantes en présence.

Revendications, mensonges, assassinats et corruption à tous les niveaux recommenceront à s’affronter. Ainsi va le monde sans spiritualité, sans Dieu, sans foi et encore moins sans loi. Jérusalem est-il encore le Lieu Divin?

La Jérusalem antique n’a évidemment plus rien avoir avec ce qu’elle est devenue de nos jours. Devenue lieu de commerce les marchands du temple, les escrocs, les voleurs et les faux prophètes s’y côtoient joyeusement tout en évitant, les policiers et les soldats tandis, que les responsables des différents lieux saints se regardent en chien de faïence. Quelques fois, on peut assister à des véritables batailles rangées entre les fidèles appartenant à des cultes différents pour tenter de grappiller quelques mètres carrés supplémentaires. Tout cela nous éloigne bien loin des Ordonnances Divines reçues dans le Sinaï.

Cependant, lorsque l’on se rend sur l’esplanade du kotel, on est pris d’un sentiment étrange qui vous renvoie à bien plus d’humilité en particulier, quand on songe à toute l’histoire et le vécu des hommes qui un jour bâtirent la Résidence de Dieu.

On se sent petit devant ce mur immense, colossal et impressionnant. Mais lorsque l’on touche pour la première fois ces énormes bloc de granit jaune, on éprouve soudain l’impression d’appartenir à quelque chose, de faire partie de l’histoire et d’entrer dans ce mystère spirituel.

La cité sainte, le chant des psaumes égrainé par les rabbins, la ferveur et la foi semblent vous transcender et vous transporter vers un ailleurs, vers un passé, un univers d’où l’on revient transformé en son âme. On n’est plus jamais le même après un séjour à Jérusalem.

Il est indéniable que de ce lieu il se dégage toujours une énergie. On pourrait discuter inlassablement de la nature de cette énergie mais ce n’est pas le propos ici. Nous pourrions aussi affirmer que cette énergie ne soit que l’émanation de la Schekhina ce qui est possible mais cela n’atteste pas pour autant que ce lieu soit resté la Résidence de Dieu lui-même.

En effet, j’ai déjà évoqué le fait que lorsque deux hommes de foi se réunissent pour évoquer la Torah, la Schekhina descend sur eux. Il n’a nullement été dit qu’il s’agissait de Dieu en personne et tous le monde sait bien que cela est impossible, puisse que même Moïse ne pouvait le voir en face. Il est beaucoup plus probable que c’est l’émanation que les sages émettent qui fait que la Schekhina vient se poser au-dessus d’eux.

La sagesse attire la sagesse.

Le kotel centralise et concentre en son sein toutes les pensées, toutes les volontés et toute les forces des fidèles qui s’y réunissent en prières. Il ne fait aucun doute que ce lieu soit alors le réceptacle psychique puissant qu’on lui connaisse.

Qu’il subsiste une émanation de la Présence en ce lieu est une certitude mais il paraît évident que ces ruines ne constituent plus la Résidence Divine. On ne bâtit rien sur des ruines et c’est peut-être à ce niveau que les problèmes surgissent.

Il est peu probable que le troisième temple puisse être reconstruit à moins d’une nouvelle guerre effroyable qui viserait à détruire les lieux saints musulmans. Mais plus encore, comment admettre que puisse être invoqué Dieu à revenir résider dans ce lieu?

Après autant de guerres, après autant de massacres en son nom, comment justifier que ce lieu soit encore un lieu saint et que ce serait là où résiderait Dieu? C’est impensable de croire en cela sauf, dans le cas ou le Messie attendu décréterait la décision du Tout-Puissant de détruire le lieu lui-même car trop de blasphèmes y ont été perpétré?

Je le répète, l’énergie du passé qui s’y trouve toujours s’explique par ce qui fut construit en ces temps là, c’est une chose, mais si Dieu y résiderait encore cela se saurait depuis longtemps. Après la destruction du second Temple en 70 Ap. J. C., il n’y a plus eu de révélation Divine ni de prophète et pas de Messie. Dès lors, qu’est-ce qui justifie qu’un troisième Temple soit érigé en un lieu qui n’inspire plus qu’une ferveur parodique de ce que fut l’épopée hébraïque?

D’autre part, le peuple juif est bien revenu sur ses terres et la promesse de retour évoquée dans les prophéties a bien eu lieu mais je tiens à préciser qu’à ce jour, ce retour en Eretz Israël reste incomplet. Que le Dieu des juifs n’a jamais abandonné son peuple, c’est une évidence.

Mais nulle part il a été dit que Dieu y demeurerait Ad vitam æternam aussi. Tout comme le retour du Messie, il n’a jamais été écrit qu’il reviendrait exclusivement à Jérusalem non plus. C’est en cela que les juifs orthodoxes se montrent rébarbatifs à l’égard de ceux qui avancent des hypothèses différentes des leurs.

Pour eux, le Messie doit obligatoirement revenir à Jérusalem or, aucune prophétie ancienne et spécifiquement juive n’avance cet argument! Ce ne sont que des propos rabbiniques et non issue de la Torah elle-même ! Jérusalem est tellement convoitée et oppressée que nous imaginons mal comment d’abord le Messie accepterait que ce lieu de violence pourrait encore servir de lieu de Résidence et ensuite comment Dieu accepterait d’y revenir.

Il faut alors poser la question suivante : le lieu est-il encore propice pour l’accomplissement de la volonté de Dieu?

Assurément, pas pour le moment et surtout pas en ce lieu devenu particulièrement fragile. Si le lieu pour l’instant souffre de la violence qui s’y déroule, si les cris fissurent et lézardent les murs de la sainte cité, ce n’est certainement pas ou plus le lieu où les juifs pourront s’exprimer en toute quiétude.

Mais que peuvent-ils encore exprimer et a-t-on seulement déjà voulu écouter ce que les juifs avaient à proposer comme modèle d’existence?

Entendons par juif, les religieux autant que les laïcs en ce y compris les politiques? Il serait sans doute utile de se remémorer l’événement Sinaïtique. Lorsque Dieu se révéla au peuple juif, ce ne fut pas dans une ville mais bien dans un désert un lieu aride et vide. Dieu n’a eu nul besoin de spectateurs ou de caméras de télévision! Il se révéla à un peuple choisi pour ses prédispositions à accepter la Torah et non à des citadins frivoles et préoccupés par les médisances quotidiennes. Il n’y a aucune raison de croire que les choses changeraient s’il devait y avoir une nouvelle révélation ou si cette révélation devait se faire par l’arrivée d’un Messie.

Mais actuellement, plutôt que d’écouter et chercher à comprendre le phénomène que ce peuple représente au sein de l’humanité, les bien pensants de ce monde préfèrent se délecter de la lecture des « Protocoles des Sages de Sion ».

Je n’entrerais pas dans les débats politiques et négationnistes mais il est nécessaire de dire ici, que les Protocoles de Sages de Sion est le livre qui se vend le plus dans le monde après la Bible. Ajoutons encore, qu’il se vend très bien en particulier sur les parvis des églises orthodoxes, des mosquées (grands consommateurs) et catholiques intégristes ainsi que dans toutes les librairies américaines et l’Europe n’est pas en reste, loin de là.

C’est dire, si le monde est loin de vouloir connaître la promesse de Dieu que reçut le peuple juif!

Je ne voudrais pas passer pour un pessimiste mais assurément, la paix n’est pas pour maintenant mais si l’humanité persiste à haïr et combattre de cette façon, alors la catastrophe est pour bientôt. Et, peu importera alors le lieu où nous nous trouverons ainsi que le Dieu que nous vénérerons, la mort frappera là où elle l’aura décidée.

Le vrai retour à Sion

Quand une personne transgresse un commandement de la Torah, elle détruit un peu de sa propre sainteté. Elle se coupe de la Divinité qui repose au cœur de son âme. Quand une personne fait Téchouva il s’agit avant tout autre chose d’un retour spirituel à Israël et non pas d’un retour en avion ou en bateau. Ce retour spirituel reconstruit le monde intérieur qui fut détruit par cette transgression.

D’une certaine manière, elle reconstruit son propre « Temple », afin que la Présence divine puisse à nouveau y résider. On fait généralement Téchouva suite à des prises de conscience profondes et à des interrogations sur le sens de sa vie et des valeurs que l’on défend. Nous comprenons ici que nous sommes bien loin d’un voyage au sens propre du terme.

Certains rabbins défendent cette idée d’une montée spirituelle de l’homme vers Israël plutôt que d’une immigration mais pour la majorité, le voyage est plus important que l’esprit lui-même, il faut voir dans ce voyage une volonté politique plutôt que d’une foi spirituelle.

En somme, l’occupation territoriale l’emporte largement sur la préoccupation moral ! Or, ce ne sera que par une volonté psychologique et psychique que la véritable Téchouva s’opérera et non pas par une habitation terrestre du lieu qui ne représente pas la foi et la sagesse mais bien une résidence purement géographique.

Quant à la question du Temple, qui est à l’état de ruine aujourd’hui, il ne représente pas non plus la profondeur de l’âme de l’homme qui le bâtit mais simplement une édification bien matérielle et temporelle. Même si le peuple juif n’a plus la possibilité de servir dans le Temple, l’un des moyens les plus puissants à sa disposition est l’inspiration que procure la foi, la prière mais bien au-delà la sagesse qui l’anime.

En fait, le Talmud (Berakhot 26b) dit que le cérémonial des prières journalières fut institué pour remplacer les sacrifices quotidiens dans le Temple néanmoins, le peuple pourra prier autant qu’il le voudra s’il n’y a pas une humilité et une volonté de sagesse dans le pays d’Israël, il n’y aura jamais une volonté morale d’une paix durable.

Une autre source du Talmud (Yérouchalmi Berakhot) fait remarquer que, lors de la discussion concernant le service dans le Temple, la phrase « comme Dieu l’ordonna à Moïse » est répétée à 18 reprises dans la portion de la Torah Pekoudei.

Ceci est une allusion au fait que la prière de Chemonei Esrei aux 18 bénédictions qu’il faut réciter trois fois par jour remplace aujourd’hui le service dans le Temple.

Mais nous devons savoir dès à présent que les hommes auront beau répéter leurs prières autant de fois qu’ils le voudront, s’il n’y a pas la paix et s’il manque l’intelligence du cœur, il n’y aura aucun espoir d’une résolution des conflits et par voie de conséquence, si le Messie apparaît et constate l’état de pauvreté des âmes des hommes, il en fera rapport au Tout-Puissant et Celui-ci pourrait alors prendre des décisions qu’aucun croyant ne soupçonnerait possible ou imaginable, celle de la fin de notre monde!

Voici donc de quoi estimer les interprétations rabbiniques actuelles sur l’Aliyah et la Téchouva, au regard de ce qui est dit concernant le psaume 51 : 19, on comprendra toute la légèreté de ces propos et on notera surtout les facilités accordés aux croyants qui souhaitent ne pas être trop dérangés dans le confort moderne :

« LES SACRIFICES DE DIEU SONT UN ESPRIT BRISÉ » (PSAUMES 51 : 19).

Interprétation rabbinique :

Ceci enseigne qu’une personne qui fait Téchouva est considérée comme si elle s’était rendue à Jérusalem, avait construit le Temple, érigé un autel et offert dessus tous les sacrifices requis.

On ne peux que déplorer une telle interprétation, il est impossible que l’homme ou la femme puissent être ainsi dédouanés de leurs responsabilités dans la vie. L’intellect humain et ses actes dans la vie, reflètent les tendances de l’âme et c’est à travers ces comportements que l’âme se révèle.

Connaissant les tendances actuelles de notre humanité, (l’argent et le pouvoir), que ce soit par l’Aliyah ou par la Téchouva, le peuple juif doit aujourd’hui se transformer psychiquement et psychologiquement s’il veux que la promesse du Messie se révèle.

Sans une profonde remise en question et sans une profonde transformation, non seulement il n’y aura pas de Messie, il n’y aura pas de paix et il ne restera rien des promesses Sinaïtiques!

Chapitre 5

Le peuple juif et la Rédemption

Selon les études rabbiniques et en particulier celles des Loubavitch. Le monde évolue suivant un plan divin qui précède à son existence (il n’est pas de notre propos de discuter ici de la question connue de l’influence du libre arbitre sur le destin).

Ce plan concerne la Création dans son ensemble, sa finalité étant la réalisation de la volonté du Créateur d’avoir une résidence dans les mondes inférieurs, lors de l’ère appelée « Monde futur ».

Ce plan s’étale dans le temps sur trois périodes, trois phases, dénommées « Tohou », « Torah » et « Yémot HaMashia’h – l’ère messianique ».

Le Talmud précise l’étendue de ces trois périodes :

« LE MONDE A POUR DURÉE SIX MILLE ANS : DEUX MILLE ANS DE TOHOU, DEUX MILLE ANS DE TORAH ET DEUX MILLE ANS D’ÈRE MESSIANIQUE ».

La période de Tohou se termina lorsque notre père Avraham eut achevé son travail d’avoir converti les gens de son pays, comme le dit la Torah : « les âmes qu’ils (lui et Sarah) avaient faites à ’Haran ».

C’est alors que commença la période de Torah, Avraham commença à diffuser dans le monde entier la foi en un Dieu unique. Le Midrache enseigne en effet que « Jusqu’à Avraham, le monde évoluait dans l’obscurité. Avec sa venue, la lumière a commencé à briller ». C’était à la fin du deuxième millénaire après la création du monde, Avraham était alors âgé de 52 ans. La période de Torah s’est terminée vers la fin du quatrième millénaire, juste après la conclusion de la Michna avec le début de la période des Amoraïm, les Sages de la Guémara.

La conclusion de la période de Torah s’exprime aussi dans le fait qu’après la clôture de la Michna, les Sages qui succédèrent aux Tanaïm – les Sages de la Michna – n’étaient plus investis du degré d’autorité juridique qui permettait à leurs prédécesseurs de trancher la Halakha – la loi – de manière aussi absolue. Ce fut alors que commença la troisième période Yémot HaMashia’h : l’ère messianique.

Le fait que cette période dure depuis 1849 ans nous porte à nous interroger sur sa nature « messianique ».

En effet, ce fut une période d’exil longue et douloureuse, jalonnée de tragédies et de persécutions multiples ! En quoi peut-elle être qualifiée de messianique?

En réalité, la signification de cette appellation est qu’il s’agit d’une époque au cours de laquelle le Mashia’h aurait pu venir. Selon Rabbi Its’hak Abrabanel ces deux mille ans sont appelés « Yémot HaMashia’h » car « sont des jours prêts et propices à sa venue, si la génération est méritante ».

Il compare cette expression avec celle de « Yémot Haguechamim », « la saison des pluies », qui n’implique pas qu’il pleut en permanence, mais « qui sont des jours propices à la pluie plus que les autres jours de l’année. De même, les deux mille dernières années sont des années propices à la venue de Mashia’h » .

Le Maharal de Prague explique qu’avant le début de cette période, le Mashia’h ne pouvait pas venir, quand bien même le Peuple Juif aurait atteint le summum du mérite.

Cependant, dès lors que le monde est entré dans cette ère, cela dépend de nous : si nous l’avions mérité, la Délivrance serait intervenue dès le début de cette période ; en l’absence d’un tel mérite, la Délivrance tarde. Néanmoins, elle viendra nécessairement au cours de cette période qui, dans sa globalité, est une période de préparation à la Rédemption messianique.

Six jours, six millénaires

Par delà la division globale des six millénaires en trois périodes enseignée par le Zohar, certains Sages d’Israël ont donné des divisions plus détaillées de l’histoire du monde qui expriment comment l’enchaînement des événements au fil des millénaires correspond au plan divin.

Le Ramban (Na’hmanide) explique que les six millénaires que compte actuellement notre monde sont parallèles aux six jours de la création : « Les six jours sont eux-mêmes toute l’existence du monde, car celuici durera six mille ans. C’est pour cela qu’il est écrit dans les Psaumes que le jour de Dieu dure mille ans ».

Dans son commentaire, le Ramban met ensuite en évidence plusieurs similitudes entre les événements émaillant chaque jour de la création avec le millénaire qui lui correspond.

Cet enseignement est repris de manière encore plus détaillée dans les enseignements de la Hassidout : les six jours de la création comme les six millénaires du monde correspondent aux six attributs divins : la largesse (Hessed), la rigueur (Guevoura), l’harmonie (Tiferet), la persévérance (Netsa’h), la gloire (Hod) et la fondation (Yessod).

Le premier jour de la création fut celui de la révélation de la bonté et la largesse de Dieu. C’est pour cela que ce jour la lumière infinie fut créée. De la même manière, le premier millénaire fut caractérisé par une largesse et une abondance considérables : les hommes vivaient plusieurs siècles, se nourrissant de la bonté de Dieu.

Le deuxième jour fut marqué par la rigueur de Dieu : il fut créé une séparation entre les eaux « d’en bas » et les eaux « d’en haut ». Le deuxième millénaire vit aussi l’expression de la rigueur et la justice divines lors des épisodes du déluge et de la tour de Babel.

Le troisième jour, au sujet duquel la Torah dit à deux reprises « c’était bien », brilla l’attribut de Tiferet, l’harmonie. Le monde commença à être viable : la terre ferme apparut, les plantes et les fruits commencèrent à pousser. Parallèlement, lors du troisième millénaire commença à se dévoiler la finalité de la création : il y eut la sortie d’Égypte, le Peuple Juif fut choisi par Dieu et la Torah fut donnée.

Les autres jours de la création sont également reliés aux millénaires correspondants : le quatrième jour, les luminaires célestes furent suspendus et lors du quatrième millénaire les deux Temples à Jérusalem fonctionnèrent successivement, desquels sortit la lumière divine qui illumina le monde entier. Le cinquième jour les eaux se remplirent de créatures aquatiques et les oiseaux prirent leur envol, ce qui fait allusion à la domination des Nations du monde sur Israël lors du cinquième millénaire.

C’est ainsi que nous parvenons au sixième jour lors duquel le monde parvint à sa perfection avec la création de l’Homme. Ceci fait allusion à la plénitude que le monde atteindra lors du sixième millénaire qui verra la « création » et la révélation de l’homme le plus parfait qui soit : le roi Mashia’h, autrement dit le messie. Dans les mots du Ramban :

« IL S’AGIT DU DESCENDANT DE DAVID QUI SERA CRÉÉ À L’IMAGE DE DIEU ».

Ainsi, le sixième millénaire prépare le monde à la Rédemption et c’est pendant cette période que vient et se dévoile le Mashia’h.

Le talon du Mashia’h

Au sein même du sixième millénaire, la période la plus déterminante et la plus chargée de sens est celle de sa conclusion, connue sous le nom araméen de « Ikvéta deMéchi’ha – le talon du Mashia’h ».

Ce nom porte en lui le double visage de cette période : d’une part, il s’agit du « talon », la partie la plus basse du corps, une masse de chair brute et insensible. D’autre part, il s’agit du « talon du Mashia’h », une période où les pas du Mashia’h qui approche commencent à résonner dans le monde.

Ainsi, si l’on examine les sources, cette période se distingue par deux mouvements opposés : d’un côté, elle voit le début de la préparation à la Rédemption messianique et, d’un autre côté, c’est une période extrêmement dure marquée par la perte des valeurs morales et spirituelles et par des événements douloureux et malheureux.

Le livre du Zohar explique que le sixième millénaire verra « la Présence Divine se relever de la poussière », suivant un processus graduel. Selon le Zohar, une étape décisive de ce processus sera atteinte lorsque au « sixième siècle du sixième millénaire s’ouvriront les portes de la sagesse en haut et les sources de la sagesse en bas et le monde se préparera à pénétrer dans le septième millénaire ».

Et, en effet, cette période qui a débuté en l’an 5500 depuis la création du monde, (il y a 264 ans) avec le début du sixième siècle de ce millénaire a vu un développement des sciences et des savoirs dans le monde d’une magnitude sans précédent.

D’une part, « les portes de la sagesse en haut », ont commencé à se dévoiler, c’est-à-dire la sagesse supérieure, la partie profonde de la Torah appelée aussi Hassidout. D’autre part, les « les sources de la sagesse en bas » ont commencé à jaillir, il s’agit de la révolution scientifique suivie plus tard par la révolution industrielle. Ce jaillissement de la sagesse – sous toutes ses formes – ne s’est pas fait sans heurts et sans opposition. Ceci est naturel, car le monde n’avait pas encore la maturité nécessaire pour intégrer ensemble tous ces dévoilements. Néanmoins, il s’agit bien là d’une avancée décisive du monde qui le prépare, tant matériellement que spirituellement, à la venue du Mashia’h et l’avènement de l’ère messianique.

C’est là une référence évident à l’arbre de vie et à l’arbre de connaissance et ce dernier, contenant les fruits empoisonnés auxquels l’homme ne prit pas garde.

Dieu Dit : « je suis celui qui suis ».

Moïse dit à Dieu: Voici je vais trouver les fils d’Israël et je leur dis: Le Dieu de vos pères m’a envoyé vers vous. Mais s’ils me disent: Quel est son nom? Que leur dire? Dieu dit à Moïse: Je suis ce que Je suis Ehyeh asher Ehyeh (La Bible, Exode 3,13-14a)

Nous voyons également dans cette phrase comme une injonction et qui stipulerait que l’homme doit être exactement ce qu’il doit être : « Être et non paraître »!

L’arbre de vie qui lui a été donné et qu’il abandonne au profit de l’arbre de la connaissance et qui à présent lui apporte le malheur ! C’est ce qu’il nomme « progrès »!

En contraste avec les avancées dans les domaines spirituel et scientifique qu’elle a connues, cette période fut aussi, dans ces mêmes domaines, une des plus pénibles de notre histoire.

Elle a été décrite en détail par les Sages du Talmud qui ont donné à son sujet des signes précis d’après lesquels il est possible de l’identifier. Ces signes décrivent la perte des valeurs morales, l’érosion des fondements de la société et de l’autorité, la diminution du nombre de ceux qui étudient la Torah, le renforcement de l’apostasie, un sentiment général de désespoir, l’irrésistible augmentation du coût de la vie et aussi les malheurs atroces que devait connaître le Peuple Juif (au point que certains des Sages du Talmud ont dit : « Que le Mashia’h vienne mais que je ne sois pas là pour le voir ».

En nous brossant ce sombre tableau de notre époque, l’intention des Sages était double : pour que nous ne nous abandonnions pas au désespoir, mais aussi pour que nous ayons conscience qu’il s’agit là des « douleurs de l’enfantement du Mashia’h ».

Et, effectivement, si nous considérons le cours des événements dans le monde ces 15 dernières années, il n’y a pas le moindre doute que les signes caractéristiques de l’ère de « Ikvéta deMéchi’ha » se sont tous intégralement accomplis, d’une manière sans précédent dans l’histoire.

Il est maintenant clair que nous nous tenons à la conclusion de cette période de « Talon du Mashia’h ». Nous avons traversé toutes les étapes de cette période et, d’après les processus qui se déroulent actuellement aussi bien au sein du Peuple Juif que dans le monde entier, nous pouvons dire que nous sommes déjà rentrés (et bien rentrés !) dans la phase des derniers préparatifs à l’avènement de la Délivrance messianique.

C’est la raison pour laquelle beaucoup de Rabbins répètent si souvent que le travail spirituel du Peuple Juif en exil est terminé et qu’il ne nous reste qu’à « accueillir concrètement le Mashia’h » afin qu’il puisse accomplir sa mission et délivrer le Peuple Juif de l’exil. C’est du moins ce qu’ils croient sincèrement. Or, au regard des événement depuis une dizaine d’année mais surtout ces derniers mois, la mission du Messie à certainement commencé mais personne ne saurait dire quand elle s’achèvera et nous ce que ignorons, c’est quand et si…il se révélera?

Toutefois, je ferais ici quelques remarques sur l’absence d’introspection que porte les juifs d’Israël sur les juifs de la diaspora. En effet, les rabbins d’Israël disent que pour les juifs de la diaspora, le travail spirituel est terminé! Que savent-ils exactement de l’état spirituel des juifs de la diaspora? Ensuite, les rabbins ne semblent pas remettre en cause leur situation en Israël et pourtant il serait temps qu’ils le fassent.

La situation religieuse d’Israël est en cause dans un grand nombres d’affaires de violence intracommunautaires mais aussi avec la politique urbanistique du gouvernement.

Il faut bien évoquer aussi les questions d’ordre spirituel en constatant, que les rabbins d’Israël ne se remettent pas en question du point de vu moral mais s’estiment suffisamment qualifiés à juger de l’état moral d’autrui. Le Messie n’accordera la Rédemption qu’à ceux qu’il estimera suffisamment sain de corps et d’esprit. Cette Rédemption sera avant tout psychique avant d’être physique et elle ne se situera pas en un lieu soi-disant saint où opportunément symbolique où encore historique. La Rédemption si elle à lieu, se situera en tout lieux de la planète et celle-ci se fera petit à petit selon l’évaluation que le Messie aura planifié de manière rigoureusement juste et de la façon la plus subtile qui soit.

GOG ET MAGOG

Dans le conflit de Gog et Magog, on associe « Gog » à un roi du nord qui réunira les peuples (71 peuples exactement) pour monter sur Jérusalem. Néanmoins, si Israël a du mérite et c’est une condition absolue, alors la Gueoula la (délivrance) est « activée » et on évite ainsi cette période de Gog et Magog.

Le mérite d’Israël doit être compris dans le sens ou le peuple se serait amendé et aurait fait une véritable Téchouva à la fois de cœur mais aussi psychologique et cela doit se traduire à la fois, dans son comportement mais de manière concrète dans la vie de tous les jours. Il en retirerait alors des mérites spirituels. Sans ce sincère retour à Dieu, il ne pourra y avoir de Rédemption. Le corps et l’âme périront alors à jamais.

Rav. Alexandre a dit : Au temps fixé, je vais « hâter » l’événement si les Bnei Israël le méritent l’ère messianique sera sans souffrances, dans le cas contraire la délivrance viendra au temps fixé par Dieu.

Rabbi Israël de Rishin explique que lorsque le temps est révolu, les souffrances et les épreuves se précipitent afin de hâter l’heure de la Rédemption.

Les ismaélites éveillent les autres peuples à venir combattre Jérusalem. Quand arrivera la période messianique, Gog entraînera à sa suite Ismaël avec les 71 peuples montant sur Israël. En d’autres termes, malgré les accords, ce sera plus fort qu’eux, les cousins retourneront à leur vomissure.

Suivant R. Moshé Cordovéro, les peuples signeront entre eux la paix pour entamer un soulèvement contre Israël .

Suivant le Rav Malbim, la volonté des peuples de monter sur Jérusalem s’exprimera lorsque Israël prospérera sur sa terre. C’est ce à quoi nous avons assisté ces dernières années. Israël a connu la prospérité jusqu’au début des années 90.

Rabbi Shimon bar Yohaï dit : « Dieu fera revivre tous les rois qui ont détruit Sa Maison, et fait du mal à son peuple aux cours des siècles, Il leur rendra leur puissance, les fera monter sur Jérusalem pour l’acte final ».

Je dois à présent apporter des précisions sur ce dernier paragraphe de Shimon bar Yohaï, car il est particulièrement difficile à comprendre pour les non juifs et pour l’esprit moderne en particulier.

« DIEU FERA REVIVRE TOUS LES ROIS QUI ONT DÉTRUIT SA MAISON ».

Dans l’interprétation particulièrement mystique de la Tradition juive, le « rois signifie ici l’âme des peuples », c’est l’âme (le roi) qui conduit et anime les peuples.

L’âme joue le rôle de catalyseur dans les intentions de l’être comme dans l’intention centralisateur des peuples. Le roi ou le chef animé par l’âme (dans ce cas une âme guerrière) focalisera ses intentions sur son royaume, son peuple et sans doute aussi d’autres nations. La psyché se renforçant progressivement, le peuple suivra et deviendra à son tour le catalyseur animant toutes les âmes.

Nous assistons aujourd’hui à une résurgence terrible de l’antisémitisme un peu partout dans le monde.

Beaucoup de nos démocraties en sont responsable et cette haine semble bien se focaliser contre Israël. Ce processus quasi hypnotique ce produisant sur les foules c’est maintes fois observé et particulièrement avec l’ascension du nazisme et Adolphe Hitler!

Rabbi E. Wasserman disait au nom du Hefets Haïm : Hazal dit que la guerre de Gog s’effectuera en trois temps ; la première guerre correspond à la première guerre mondiale; la seconde correspond à la seconde guerre mondiale; puis la troisième guerre celle de Gog et Magog.

Le Hefets Haïm est décédé en 1930, et suite à l’agitation en Europe il disait à ses élèves : En Jérusalem se trouve le refuge et nous pouvons parfaitement le comprendre avec la monté du nazisme, le fait d’être en Israël était préférable que d’être en Europe. C’est en cela que nous pouvons comprendre les propos du Hefets Haïm.

Mais à notre époque, il en va autrement car tous les événements annoncent une nouvelle flambée de haine et cette fois-ci elle se concentre bien plus sur Israël. Il y a eu des discussions animées entre Rabbi Eliezer et Rabbi Yochoua pour savoir si la conduite du repentir est nécessaire pour la délivrance.

Rabbi Yochoua à l’inverse de R. Eliezer dit qu’elle n’est pas nécessaire ; si nous le méritons Dieu nous délivre immédiatement, mais il y a un temps fixé pour la galout qui n’est pas éternelle.

Dieu lui a fixé un temps limite ; le temps révolu, la délivrance viendra quelque soit le stade de repentir.

Toutefois, cette délivrance ne surviendra pas pour tout le monde. En effet, elle surviendra que dans une Téchouva sincère à la fois dans l’âme et dans le cœur. Cela impliquera des actes concrets dans la vie de tous les jours. Beaucoup de non juifs qui s’étaient convertis du bout des lèvres, quand ils verront la guerre de Gog et Magog, feront marche arrière et ressortiront de l’Alliance.

Un texte éminemment prophétique sur Gog et Magog nous est parvenu directement de la Torah :

« Je vais t’entraîner, je mettrai des crochets dans tes mâchoires et je te ferai sortir, toi et toute ton armée ». C’est une grosse armée comme il n’y en a jamais eu sur terre. « Tu monteras, tu viendras comme l’ouragan, tu seras comme la nuée pour couvrir la terre, toi et toutes tes légions et des peuples nombreux avec toi ».

Gog n’a qu’un seul but détruire un peuple qui a été affranchi du glaive et recueilli d’entre des peuples nombreux sur les montagnes d’Israël. Durant cette période Elohim répandra un Esprit prophétique sur son peuple :

« Je répandrai mon esprit sur toute chair, si bien que vos fils et vos filles prophétiseront, que vos vieillards songeront des songes et que vos jeunes gens verront des visions – Joël 2/28 ou 3/1.

Cet Esprit prophétique est soulignée par la lettre rèth ח du passage suivant Ez. 38/8 :

« Après de longs jours, tu seras mandé, à l’expiration de nombreuses années tu envahiras un pays affranchi du glaive, recueilli d’entre des peuples nombreux, sur les montagnes d’Israël, qui étaient sans cesse en ruine; oui, il a été retiré des nations et tous ils habitent en pleine sécurité ».

ח : מימים רבים תפקד-באחרית השנים תבוא אל-ארץ משובבת מחרב מקבצת מעמים רבים על הרי ישראל אשר-היו לחרבה תמיד והיא מעמים הוצאה וישבו לבטח כלם

Le mot glaive herev חרב symbolise l’Esprit prophétique par la lettre rèth ,ח c’est à dire la langue qui agit comme une épée à double tranchant pifiot פיפיות qui sera animée par l’Esprit d’Elohim et qui affranchira son peuple du joug des nations. On s’en doute ! Par ce qu’il va dire par la bouche d’Esaïe :

54/17 – Toute arme forgée contre toi sera sans effet; Et toute langue qui s’élèvera en justice contre toi, Tu la condamneras. Tel est l’héritage des serviteurs de YHWH. Ainsi en sera-t-il de la puissance du verbe des enfants d’Elohim ? Car Israël sera seul et ne fera plus partie des nations.

Cette dernière phrase semble dire qu’Israël se retirerait d’Institutions telles que l’O.N.U et d’autres?

Ézéchiel 38/10 – Ainsi parle le Seigneur l’Éternel : « Il arrivera, ce jour-là, que des projets germeront dans ton esprit et que tu méditeras un mauvais dessein ».

י כה אמר אדני יהוה והיה ביום ההוא יעלו דברים על-לבבך וחשבת מחשבת רעה

11 – Tu diras : « Je veux marcher contre ce pays aux villes ouvertes, surprendre des gens paisibles qui vivent en toute sécurité, habitant tous sans remparts, n’ayant ni verrous ni portes ».

יא ואמרת אעלה על-ארץ פרזות-אבוא השקטים ישבי לבטח כלם ישבים באין חומה ובריח ודלתים אין להם

Il arrivera en ce jour-là bayom hahou ביום ההוא, jour redoutable, du cinquième ה mois chevate du calendrier hébreu, un dessein funeste ת pour Israël. Une sentence de mort est énoncée, signifiée par la lettre taw תdu verbe dire אמרת, qui est un signe et comme dernière lettre de l’alphabet hébreu la fin de toute existence.

Ce sera une attaque aérienne dont le sens est donné par le lamed ל de l’expression koulam כלם, toute. Ce mot est tiré de la racine kalal כלל, signifie la perfection. Ce sera donc une attaque aérienne avec des tirs de fusées et d’armes à longue portée, suivie par un bombardement de plusieurs vagues d’aéronefs. Ce mot כלם signifie aussi honte et perfidie car cela concerne également une attaque et une invasion par surprise.

16 – « Et tu monteras contre mon peuple Israël, telle la nuée, en couvrant la terre; ceci se passera dans des temps futurs. Je te ferai venir contre mon pays, afin que les nations apprennent à me connaître, quand je me sanctifierai par toi à leurs yeux, ô Gog ! » .

טז ועלית על-עמי ישראל כענן לכסות הארץ באחרית הימים תהיה והבאותיך על-ארצי למען .דעת הגוים אתי בהקדשי בך לעיניהם גוג

Au même moment durant cette pénétration belliqueuse des forces armées de Gog des phénomènes célestes se produisent, ce que semble démontrer le yod י du verbe être תהיה, au futur comme un accomplissement, la fin des jours. Elohim mettra fin תà cette attaque par le mot oti אתי( avec moi ). 17- Ainsi parle le Seigneur Dieu:

« N’est-ce pas toi dont j’ai parlé aux jours antiques par l’organe de mes serviteurs, les prophètes d’Israël, qui l’ont prédit en ces temps-là, durant des années, que je t’amènerais contre eux ? »

יז כה-אמר אדני יהוה האתה-הוא אשר-דברתי בימים קדמונים ביד עבדי נביאי ישראל הנבאים בימים ההם שנים-להביא אתך עליהם

Ainsi c’est l’Homme du noun נ ( du ciel, l’ancien קדמ), le Seigneur de la kavod, Elohim, le vaw ו qui parle par la bouche des prophètes concernant le rétablissement d’Israël et la fin des nations hostiles à son peuple.

18 – Il arrivera, en ce jour, le jour où Gog pénétrera sur le sol d’Israël, dit le Seigneur Dieu, que ma colère me montera à la tête. 19 – Et, dans mon ardeur, dans le feu de mon indignation, je le déclare: En vérité, ce jour-là, il y aura une commotion violente sur le sol d’Israël!

יח : והיה ביום ההוא ביום בוא גוג על-אדמת ישראל-נאם אדני יהוה תעלה חמתי באפי יט : ובקנאתי באש-עברתי דברתי אם-לא ביום ההוא יהיה רעש גדול על אדמת ישרא

Ce grand jour ביום ההוא redoutable du mois de shevat שבט est cité encore une fois de plus en ces deux passages qui démontrent toute son importance.

Un tremblement de terre d’une amplitude raas gadol רעש גדולjamais atteinte se produira ce jour-là.

Le Gaon de Vilna disait : Quand les bateaux russes passeront le Bosphore vers Israël, il faudra préparer les habits pour la venue de MACHIAH.

Les cousins se diront « cette fois ci c’est la bonne » ; il sera clair alors pour toi que le moment de la délivrance est arrivée.

On lit dans le traité du Talmud Yoma : Rabbi Yéhouda ben R. Ilaï dit : Romi tombera un jour aux mains des perses (Iran). Rav dit non, c’est la Perse qui tombera aux mains de Romi.

Rav Yehouda dit au nom de Rav : Le fils de David (Mashia’h) ne viendra que lorsque l’empire de Romi criminelle se sera étendue sur le monde entier pendant 9 mois…

Pendant le temps qu’il faut à une femme pour mettre au monde son enfant (douleurs de l’enfantement de la venue du Messie. Quel est cet empire de Romi? Certains y voient les États-Unis, d’autres pensent à la Russie? Selon Rabbi Saadia Gaon, Romi est descendant des Grecs et par transitivité serait RUSSE. Seul l’avenir pourra nous apporter la réponse.

« En ce jour, Je ferai de JERUSALEM une pierre lourde à soulever pour toutes les nations ; tous ceux qui voudront la soulever s’écorcheront cruellement ; cependant tous les peuples de la terre se réuniront contre elle. . .En ce jour, Je ferai des chefs de Juda comme un « brasier allumé… Mais Jérusalem continuera à être solidement assise dans Jérusalem ; en ce jour l’Éternel étendra sa protection sur les habitants de Jérusalem… En ce jour, Je m’appliquerai à détruire toutes les nations venues contre Jérusalem ». Zacharie.

« … Sur les montagnes d’Israël tu tomberas… toi et tes légions et les peuples qui t’accompagnent, aux oiseaux de proie aux fauves des champs Je te livre en pâture… Comme ils ont fait aux Bnei Israël au cours des temps : Vendus, Spoliés, Tués, Brûlés… Dieu donnera leurs cadavres aux oiseaux de proie et aux fauves des champs. A cause de l’odeur, les Bnei Israël les enterreront pendant 7 mois. « Quant à toi Daniel, tiens cachées ces révélations et scelle le livre jusqu’au temps final, où beaucoup se mettront en quête et où augmentera la connaissance… ».

Notons encore ici que le chiffre 7, est aussi le nombre de jour de la création ainsi que le nombre du ciel qui signifie la plénitude de la vengeance sur les peuples!

Au bout d’une période, de deux périodes et demi… Beaucoup de sages d’Israël se sont trompés dans les calculs ; mais plus on avance dans le temps plus les certitudes deviennent sérieuses.

M Glazerson nous donne un calcul au présent : 430 ans pour le MOED (période) une période, deux périodes soit au total 3 périodes 3 X 430 = 1290 ANS. Une demi période soit 1290 : 2 = 645 ans soit au total 645 + 1290 = 1935. Ce calcul est à faire démarrer depuis la destruction du Temple soit 3828 ; au total : 1935 + 3828 = 2003 Rabbi Abraham Azoulay rapporte au nom du RAMAK (R. Moshé Cordovéro) que la venue du Machiah soit l’an 800 du 6ème millénaire.

De même un autre Midrasch de YALKOUT REOUBENI nous apprend que 240 ans avant la fin du 6ème millénaire, l’eau montera des profondeurs et recouvrira la terre ; sauf Eretz Israël qui flottera comme sur l’eau 6000 – 240 = 5760 (soit l’an 2000).

Notons qu’il ne s’agit pas de la naissance du Messie mais de ses premiers actes dans notre monde. Or, il est particulièrement difficile de savoir quels sont les actes du Messie et quels sont ceux qui appartiennent aux hommes de ce monde. C’est également difficile de le préciser parce que ces dernières années, les actes à la fois économiques, politiques, sociaux ou encore terroristes en ce y compris les guerres, sont innombrables.

Tant qu’il n’y aura pas de retour en grâce de la part des juifs ainsi que des non juifs, il n’y aura pas non plus de Rédemption et de délivrance. Il sera également exclu qu’il y ait le moindre retour complet des juifs en Israël. Sion sera alors une terre ravagée par le développement successif des cycles de violence imprévisible qui mèneront à une Téchouva forcée où à la perdition totale et définitive.

Les bien pensants de notre monde moderne rêvent de faire de Jérusalem une capitale comme Paris, Rome ou New-York, pour enfin devenir comme « tout le monde » et pourtant le prophète nous met en garde :

« Quant au rêve qui hante votre esprit, il ne se réalisera jamais; quand vous dites:  » Nous serons comme les nations, comme les tribus des pays étrangers, en servant le bois et la pierre ». Ézéchiel : 20/32

Pour l’instant Israël oscille et vacille entre deux tendances : Le Socialisme et le Nationalisme or, ni l’un ni l’autre ne sont compatible avec les Lois Sinaïtiques.

A l’heure de la mondialisation, le seul moyen de protection c’est la foi et l’authentique Téchouva, le vrai retour à Sion ne ce fera que dans le consentement des Lois de l’Éternel ou s’il y a refus, se fera par la contrainte et la douleur. Dans ce cas ultime, on assistera aux confusions d’antan, aux bouleversements géopolitiques et régnera alors le nouveau chaos mondial.

Israël est comparé à un fruit.

Si Israël accomplit sa mission, c’est à dire s’il absorbe l’eau (l’eau est comparé à la Torah); alors le fruit « Israël » se développe bien et fait craquer « l’écorce » (les plaies de l’humanité); mais si le fruit n’absorbe pas l’eau alors il se dessèche et les écorces tiennent alors le fruit à leur merci.

Ce n’est pas un programme de droite, ce n’est pas le nationalisme, ce n’est pas un programme de gauche avec une illusoire paix ; (toujours tenté par une naïve Europe), il faudra hélas traverser toutes ces illusions pour comprendre le vrai « programme » Celui du Tout-Puissant. Après tout, Israël n’est pas une Nation comme les autres!

Le devenir d’Israël selon les prophètes Selon de nombreuses prophéties, il est clair qu’Israël devait être rassemblé dans son pays en état d’incrédulité par un acte de pure grâce de Dieu.

La prophétie la plus nette dans ce sens est la prophétie d’Ézéchiel 37 sur les ossements desséchés. On y voit soulignées trois grande étapes de la résurrection d’Israël :

1. un rassemblement des ossements desséchés, c’est-à-dire des exilés de tous les pays dans lesquels ils ont été dispersés et un retour sur la terre d’Israël,

2. l’apparition sur ces squelettes reconstitués de chair et de peau, c’est à-dire que l’État et ses institutions sont rétablis dans ce qu’ils ont de terrestre et d’humain,

3. la venue de l’Esprit Saint qui redonne vie à ces cadavres, c’est-à-dire un réveil spirituel.

Ce n’est qu’alors que le rétablissement est complet. Parallèlement à cette résurrection du peuple, le chapitre précédent (Ézéchiel 36), évoque la résurrection de la terre désolée et réduite en désert.

On pourrait évoquer de nombreuses autres prophéties qui laissent supposer, et même affirment clairement, qu’avant la parousie et l’ultime avènement messianique, Israël sera rassemblé dans son pays et dans sa ville sainte, Jérusalem.

On voit mal autrement comment les nations s’assembleraient contre la ville sainte et comment l’avènement messianique coïnciderait avec le grand mouvement de repentance nationale qui en résulterait.

C’est pourquoi depuis le XVIIIème siècle, nombre de commentateurs ont annoncé un rassemblement partiel du peuple d’Israël dans son ancienne patrie. II est en état d’incrédulité avec une instabilité politique provoquée par l’opposition des nations à son retour. Sa tranquillité ne pourra avoir lieu qu’à l’avènement messianique et ce retour partiel en est une préparation.

II semble bien que les deux premières étapes de la prophétie d’Ézéchiel soient en passe de s’achever et que nous soyons proches du début de la troisième étape, la plus décisive pour l’avenir d’Israël et du monde.

Le jour de l’Éternel Mais, d’après ces mêmes prophéties, cette troisième étape sera précédée d’un temps d’épreuve, qualifié par les prophètes de jour de l’Éternel (Esaïe 2:12 ; Esaïe 13:6-9 ; Esaïe 34:8 ; Joël 1:15 ; Joël 2:1 ; Amos 5:18-20 ; Abdias 1:15 ; Sophonie 1:7-14 ; Sophonie 2:2 ; Zacharie 14:1-21 ; Malachie 3:2 ; Malachie 4:5; … ).


Ce jour, abondamment décrit par les prophéties, sera celui de l’intervention de Dieu dans l’histoire des hommes, un temps où Dieu demandera des comptes, d’abord à Israël, puis aux nations.

Jérémie 30:4-7, décrit ce temps comme un temps d’angoisse de Jacob dont il sera délivré.

D’autres textes, tels Zacharie 12 et Zacharie 14, décrivent le rassemblement eschatologique des nations contre Jérusalem à la fin, dans le but d’exterminer Israël du sein des nations afin qu’on ne se souvienne plus du nom d’Israël (Psaume 83:5). Ceci reflète parfaitement la volonté d’un certain Mahmoud Ahmadinejad, président actuel de l’Iran!

C’est précisément cette menace mortelle d’une solution finale, d’une nouvelle Shoah qui rendra indispensable l’intervention divine pour délivrer Israël.

D’après Esaïe 11:2-4, le Messie sur lequel reposent les sept esprits de Dieu anéantira le Méchant du souffle, ou de l’esprit, de sa bouche. Pour Paul de Tarse, le Méchant n’est autre que l’homme de péché, le fils de la perdition, l’adversaire qui se dresse contre tout ce qu’on appelle Dieu, pour se proclamer lui-même Dieu. Le temps d’angoisse de Jacob

Les chapitres 12 et 14 de Zacharie décrivent, avec force détails, la détresse qui sera alors celle du peuple dans ces temps d’angoisse. Or, pour la première fois dans l’histoire humaine, la possibilité d’un tel scénario est réelle et même s’il ne devait se dérouler que dans un temps encore lointain, le fait même qu’il soit aujourd’hui envisageable, devrait amener tout croyant, quelque peu attentif aux Écritures, à une grande vigilance.

Selon Zacharie 12, Jérusalem doit devenir une pierre pesante pour toutes les nations, en sorte que tous ceux qui la soulèveront seront meurtris. La même pensée se trouve en Esaïe 28:14-22, où les chefs d’Israël pour garantir la sécurité du peuple font alliance avec la mort ou, comme le dit la version araméenne de la Bible, avec les terroristes (Mehabilim).

Espérant échapper à une nouvelle invasion, ils ne feront que la provoquer d’autant plus sûrement qu’ils ont refusé de mettre leur confiance en la pierre précieuse posée par le Seigneur en Sion et qui seule aurait pu leur garantir cette sécurité. II est donc bien question d’une paix trompeuse pour Israël et le monde, comme le disait aussi Jérémie : « Ils disent paix, paix et il n’y a pas de paix ! » (Jérémie 6:14).

Si l’on pose un regard honnête et lucide sur ce dernier paragraphe, nous ne pourrons qu’en reconnaître l’exactitude parfaite. Tout le monde bien pensant hurle « Paix, Paix mais personne ne le souhaite vraiment ».

Cette catastrophe nationale, selon Zacharie 12 et 14, sera alors pour Israël l’occasion d’une repentance nationale à la suite de laquelle s’accompliront les temps messianiques. Parallèlement, selon Joël 3:1-3, l’Esprit Saint sera répandu sur Israël car il ne faut quand même pas oublier que cette prophétie, s’applique d’abord à la nation d’Israël, rescapée de la grande attaque des nations dans le contexte du livre de Joël.

Après cela, je répandrai mon esprit sur toute chair, si bien que vos fils et vos filles prophétiseront, que vos vieillards songeront des songes et que vos jeunes gens verront des visions. (Joël 3:1) Même sur les esclaves et les servantes je répandrai, en ces jours, mon esprit. (Joël 3:2) Et je ferai apparaître des prodiges au ciel et sur la terre: du sang, du feu et des colonnes de fumée, (Joël 3:3)

II faut voir dans la prophétie de Joël, le même événement que celui de la troisième étape de la prophétie des ossements desséchés d’Ézéchiel 37 (voir aussi les Psaumes 79 et 80).

Ô Dieu, des païens ont envahi ton héritage, souillé ton temple saint, réduit Jérusalem en un monceau de décombres. (Psaumes 79:1) Ils ont livré le cadavre de tes serviteurs en pâture aux oiseaux du ciel, la chair de tes pieux adorateurs aux bêtes des champs. (Psaumes 79:2)

Voici venir un jour, de par l’Éternel, où tes dépouilles seront partagées dans tes murs. (Zacharie 14:1)

Le jour du Messie

Après ces grands jugements aura lieu l’établissement du royaume messianique sur une terre renouvelée dont Jérusalem sera la capitale (Esaïe 60). Alors le loup habitera avec l’agneau (Esaïe 11). Les juifs, restés dans la diaspora, seront ramenés en Israël par les nations elles-mêmes (Esaïe 59 et 60).


Cela signifie peut-être que nous devrions assister à des expulsions de communautés juives? Cela s’est déjà produit par le passé alors…!

Les dix tribus seront aussi restaurées et rassemblées aux rescapés de Juda. Alors, l’espace ne leur suffira pas, de telle sorte que les frontières du pays seront considérablement agrandies. Les étrangers qui voudront y vivre le pourront à condition de se soumettre à la loi du pays :

« Vous partagerez ce pays entre vous, selon les tribus d’Israël. Et vous aurez à l’attribuer en héritage à vous et aux étrangers séjournant parmi vous, qui auront engendré des enfants parmi vous. Ils seront pour vous comme l’indigène parmi les enfants d’Israël; avec vous ils participeront à l’héritage au milieu des tribus d’Israël. Et ce sera dans la tribu même où l’étranger sera domicilié que vous lui donnerez sa part d’héritage, dit le Seigneur Dieu ». (Ezéchiel 47:21-23)

L’hostilité entre Juifs et arabes aura cessé: il y aura une route d’Égypte en Assyrie et, avec Israël, ces pays seront l’objet d’une bénédiction de Dieu (Esaïe 19:24-25).

Enfin, après leur jugement, les nations survivantes se tourneront vers le Dieu d’Israël et vers sa Thora (Esaïe 60). Elles monteront à Jérusalem non plus pour la guerre, mais pour adorer l’Éternel et apprendre à connaître sa Parole (voir aussi Michée 4).

De nombreuses prophéties évoquent, pour le temps de la fin, le pèlerinage eschatologique des nations vers Israël, notamment la fin du livre de Zacharie qui décrit le pèlerinage annuel de Soukkot qui rassemblera les représentants de toutes les nations à Jérusalem comme condition de leur bénédiction.

Tel est brièvement esquissé l’avenir d’Israël selon la Bible; ces quelques considérations peuvent permettre de nous situer par rapport aux événements actuels qui secouent le Moyen-Orient et surtout à nous préparer pour ces temps décisifs que nous commençons à entrevoir.

A suivre….

Lire touts les chapitres : Le messie d’Israël. Son retour et Sa gloire


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