La Judée devient une province romaine

Profitant des divisions entre les juifs, le général romain Pompée conquis la Samarie et la Judée en 63 av jc. Un protégé des Romains, Hérode, en profite pour liquider la dynastie des Asmonéens et devenir roi de Judée en l’an 37 av jc.

En l’an 6, l’empereur Auguste transforme la Judée en une province romaine gouvernée par un simple procurateur.

Décontenancés par les croyances monothéistes des habitants, les Romains laissent ceux-ci libres de s’organiser comme ils l’entendent sous l’autorité de leur Tribunal religieux, le Sanhédrin. Mais les Juifs ne manquent pas de se quereller et de se diviser sur la conduite à tenir vis-à-vis de l’occupant.

Les grands prêtres et le parti des Pharisiens s’accommodent de l’occupation étrangère tandis que dans les milieux populaires, la secte des Zélotes appelle à la résistance et veut hâter la réalisation des promesses divines.

Ils déclenchèrent une violente révolte en août 66 et massacrèrent les grands prêtres et s’emparèrent de Jérusalem. Mais les Romains, sous la direction du général Vespasien, menèrent la reconquête avec détermination. Devenu empereur Vespasien dû laisser la place à son fils Titus pour achever le siège de Jérusalem. Les habitants sont déportés comme esclaves cependant que le Temple, haut lieu de la religion juive, est complètement détruit. Puis, Titus, rentre à Rome où il reçoit un magnifique triomphe.

La destruction de Jérusalem et du Temple ne met cependant pas fin à la guerre juive.

Au-dessus de la Mer Morte, la forteresse de Massada, construite au temps des Asmonéens et surplombant de 400 mètres les rives sauvages de la mer Morte, continue de résister sous la direction d’un chef zélote, Éleazar ben Jair. C’était le dernier îlot de résistance juive à l’occupation romaine. Mais le 2 mai 73, la forteresse de Massada tomba aux mains des légionnaires. Ceux-ci n’arrivèrent à accéder aux murailles qu’en aménageant une rampe artificielle depuis le pied du rocher. Quand ils pénètrèrent dans la forteresse, ils ne découvrirent que des cadavres, 10 des assiégés ayant tué tous les autres avant de se suicider eux-mêmes pour ne pas tomber sous la loi étrangère. On ne retrouva que 7 survivants : 2 femmes et 5 enfants, cachés dans un puits.

En Terre d’Israël, le sentiment national n’est pas mort avec la prise de Massada. Le particularisme juif demeure vivace.

L’empereur romain Hadrien est frappé lors de son passage en Judée par les témoignages d’irrédentisme. Il décide une campagne d’hellénisation. La circoncision est prohibée, Jérusalem rebaptisée « Colonia Ælia Capitolina » et un temple dédié à Jupiter Capitolinus est édifié sur les ruines du précédent.

Un jeune du nom de Bar Kochba prend la tête d’une nouvelle révolte et s’empara de Jérusalem. Il malmena la légion égyptienne chargée de faire régner l’ordre. Hadrien se rend sur les lieux et appelle la 10ème légion bretonne avec son général Gaius Julius Severus pour mater la rébellion. La campagne durera 3 ans et coûtera selon certaines sources plusieurs centaines de milliers de morts juives. La Judée en restera durablement désertée, elle prendra le nom de Palestina et l’accès des Juifs à Jérusalem devenu Colonia Ælia Capitolina est interdit.


Restructuration du gouvernement

PAR LAWRENCE H. SCHIFFMAN

La Judée était gouvernée par un procureur romain qui en gérait les affaires politiques, militaires et fiscales.

Sa structure gouvernementale a été réorganisée par Gabinius, le gouverneur romain de Syrie de 57 à 55 avant J.-C., qui a divisé le pays en cinq synèdres, ou districts administratifs.

Cet arrangement visait clairement à éliminer le système séculaire des toparchies (districts administratifs composés de villes centrales et des zones rurales qui les entourent), datant du règne de Salomon, et repris à leur tour par les Assyriens, les Babyloniens et les Perses, puis par les Ptolémées et les Séleucides.

Le but de cette réorganisation était de déstabiliser la nation et de faire en sorte que la résistance populaire soit impossible.

Jules César restitua certains territoires à la Judée et nomma Hyrcanus II ethnarque (en grec pour « souverain de la nation »). (Hyrcanus II était le fils d’Alexandre Yannai, le roi hasmonéen qui régna de 103 à 76 avant J.-C.)

Hyrcanus était un personnage faible qui, seul, ne pouvait ni administrer les affaires de la Judée ni percevoir ses impôts.

C’est pour cette raison que l’Antipater d’Idumée, dont le père s’était converti de force au judaïsme au temps de Jean Hyrcanus, a pu s’insinuer dans les méandres du pouvoir.

Jean Hyrcanus a gouverné l’État hasmonéen de 134 avant J.-C. jusqu’à sa mort en 104 avant J.-C. Durant son règne, l’État s’est considérablement étendu, par la conquête, pour inclure la Samarie, la Transjordanie et l’Idouméa (nord du Néguev). Quand Jean Hyrcanus conquit l’Idouméa, il convertit les Idouriens au judaïsme.]


Il prit rapidement le contrôle de presque toutes les affaires d’État, exerçant ainsi l’autorité qui appartenait techniquement à Hyrcanus en tant que grand prêtre, et combina avec cela les pouvoirs qui lui étaient délégués par les Romains, qui le voyaient clairement comme leur agent.

La décision d’Antipater d’installer ses fils comme gouverneurs, Hérode sur la Galilée et Phaséel sur Jérusalem, a semé les graines de la dynastie hérodienne.

Le règne d’Hérode

Hérode, alors âgé de 25 ans, se mit à débarrasser la Galilée de ce que son historien officiel de la cour, Nicolas de Damas, appelait les « voleurs », mais qui, en réalité, était peut-être une sorte de mouvement de résistance contre le pouvoir romain.


En 47 ou 46 av. J.-C., les méthodes sommaires de justice d’Hérode l’avaient conduit à une confrontation avec le sanhédrin.

Seule l’intervention de son père, Antipater, l’a empêché de se venger de leur demande de comptes. Les difficultés d’Hérode avec ses frères n’ont pas eu d’impact sur ses relations avec les Romains, qui l’ont nommé stratégos (gouverneur et général) de Coele-Syria, une désignation grecque pour la région de la Palestine et du sud-ouest de la Syrie.

En 43 av. J.-C., Antipater a été empoisonné, laissant le sort de la Palestine ouvert. Hérode et Phasaël réussirent à conserver le pouvoir, même après l’accession d’Antoine au pouvoir sur toute l’Asie en 42 av. J.-C. Malgré les plaintes de leurs compatriotes, qui envoyèrent des ambassades à Antoine, Hérode et Phasaël acquirent chacun le titre de tétrarque.

L’invasion des Parthes

Leur sort, ainsi que celui de la Palestine, changea sensiblement avec l’invasion des Parthes en 40 av. J.-C.

Les Parthes s’allièrent à Antigone II (Mattathias), le Hasmonéen, le plus jeune fils d’Aristobule II (et neveu d’Ilyrcan II) qui, dernier des princes asmoniens, avait longtemps voulu rétablir le pouvoir asmonien en Judée. Incapables d’enrayer l’invasion, Phasael et Hyrcanus II furent attirés dans un piège parthien. Hyrcanus a été mutilé à l’oreille afin de le disqualifier pour servir comme grand prêtre et Phasael s’est enlevé la vie. Seul le rusé Hérode avait prévu le piège et s’est échappé.


Une fois de plus, la Judée avait un roi hasmonéen. Hérode décida que pour reprendre le pouvoir, il n’avait d’autre choix que de chercher le soutien des Romains.

Il s’embarqua pour Rome, où il persuada le Sénat de le déclarer roi de Judée malgré l’absence d’une armée et de toute prétention réelle au trône. Il savait que le désir des Romains de voir les Parthes expulsés de la province amènerait le Sénat à appuyer ses revendications.

Le retour d’Hérode

En 39 av. J.-C., il débarque à Ptolémaïs (aujourd’hui Akko) et rassemble rapidement quelques habitants du Nord autour de sa bannière, aux côtés des troupes romaines chargées par le Sénat de l’assister.

Sa première attaque contre Jérusalem fut un échec, Antigone tenant toujours le coup dans la ville. Mais la marée se retournait contre les Parthes, qui avaient été expulsés de la majeure partie de la Syrie et étaient également en fuite en Palestine.

En 37 av. J.-C., Hérode avait maîtrisé la quasi-totalité du pays.

Par ordre d’Antoine, Sossius, le gouverneur romain de Syrie, donna à Hérode l’aide qui lui permit finalement de prendre Jérusalem.


Antigone a été capturé par les Romains et décapité à la demande d’Hérode.

C’est ainsi que la domination hasmonéenne sur une nation indépendante en terre d’Israël a finalement pris fin.


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