Classée au patrimoine mondial de l’Unesco en 1980, la cité antique de Palmyre est l’ancienne Tadmor qui, selon la Bible, a été construite par Salomon.

Tadmor, le nom sémitique de Palmyre, toujours employé pour désigner la ville de Palmyre, est attesté dans le Deuxième livre des Chroniques « Et il bâtit Tadmor dans le désert » (Chr VIII 8:4).

L’historien juif judéen, Flavius Joseph, mentionne l’oasis sous son nom grec de Palmyre et attribue également sa fondation au roi Salomon (Les antiquités juives – Livre VIII).

De même qu’elle est citée dans de nombreux textes sacrés juifs tels que le Talmud, le Midrash ou le Zohar.

Palmyre est le site d’un extraordinaire héritage mondial. Ravagée par la guerre, la cité antique est la perle du désert syrien, est un lieu à l’histoire très riche.

En 129, Palmyre est déclarée ville libre par l’empereur romain Hadrien et connaît son âge d’or au IIe siècle après J.C.

La ville était “construite selon une structure occidentale, une agora, de grandes rues, un théâtre, des temples, on pouvait presque la comparer à Rome. Une des caractéristiques de Palmyre, ce sont de grandes tours funéraires à étages dans lesquelles les sarcophages étaient superposés.


La reine Zénobie

La prospérité de la ville culmina au troisième siècle, à l’époque de la reine Zénobie, qui défia l’empire romain.

Son âge d’or, la ville de Palmyre le doit en partie une femme, Septima Bathzabbai, plus connue sous le nom de Zénobie. Veuve d’Odénat, un chef de guerre syrien assassiné en 267, elle prend le titre de « reine des reines » et confère tous ceux de son défunt mari à leur tout jeune fils Wahballat.

Dotée d’une forte personnalité, Zénobie profita de l’incapacité des empereurs romains à défendre la Syrie contre les Perses pour proclamer son jeune fils Wahballat empereur de Rome et pris elle-même le titre d’Augusta, c’est-à-dire d’impératrice.

A partir de là ses ambitions sont devenues immenses. En 270, les troupes de Zénobie contrôlent l’Egypte, la Syrie, la Phénicie (approximativement le Liban actuel) et s’étendent même jusqu’à Ancyre (équivalent de Ankara en Turquie).

Mais ces succès prennent fin avec l’arrivée au pouvoir à Rome d’un nouvel empereur, plus puissant : Aurélien. Les troupes romaines finissent par chasser les troupes palmyréniennes et à se frayer un chemin vers la ville qui tombe sans combat puisqu’elle n’a pas de remparts.


Après la prise de la ville, Zénobie est faite prisonnière alors qu’elle tente de s’enfuir. Elle est emmenée à Rome, puis condamnée à l’exil à Tibur (aujourd’hui Tivoli). La date et les circonstances de sa mort sont inconnues.

La reine de Palmyre a marqué les esprits et la culture. Elle incarne la femme de pouvoir, et est souvent représentée dans les arts, que ce soit à l’opéra, en peinture ou en sculpture, ou dans la littérature.

Bien que les récits chrétiens aient affirmé que Zénobie ait été juive, il n’y avait pas de reconnaissance juive contemporaine de cela.

En fait, les Judéens étaient alliés avec Rome, et Rabbi Johanan bar Nappaha, qui vivait dans la ville galiléenne de Sepphoris lors du règne et de la chute de Zénobie, est cité dans la Mishna : « Heureux celui qui verra la chute de Tadmor ».(Il est mort heureux, en 279, quelques années après que la ville soit tombée aux mains des Romains en 273.)


Au temps de la grandeur de Palmyre à l’époque romaine, la ville a hébergé une communauté juive importante, comme en témoignent des textes juifs.


Deux tombes juives du IIIe siècle à Beit Shearim, près de Haïfa, identifient les personnes enterrées comme des fils de Palmyréniens.

Un passage dans la Mishna, compilée du premier au troisième siècle de notre ère, se réfère également à une Myriam de Palmyre qui a vécu dans la ville au cours du premier siècle de notre ère.

La Shéma Israël gravé dans la pierre

Parmi les joyaux archéologiques de Palmyre, la perle du désert de Syrie, en péril après la prise de contrôle la semaine dernière par l’État islamique, figurent des vestiges de son passé juif, dont la plus longue inscription en hébreu biblique de l’Antiquité : les premiers versets du Shema Israël gravés dans une porte en pierre.

Des archéologues occidentaux, qui ont visité le site au 19e et au 20e siècle, ont découvert ces versets hébraïques gravés dans l’encadrement de porte d’une maison dans la cité antique. Mais on ignore si cette inscription figure toujours sur le site.


La dernière fois qu’un savant européen l’a documentée in situ, remonte à 1933, lorsque l’archéologue Eleazar Sukenik de l’université hébraïque l’avait photographiée.

Située sur une oasis dans le désert séparant les empires de Rome et des Parthes, Palmyre a grandi pour atteindre une population estimée de 150 000 à 200 000 habitants au troisième siècle de notre ère.

Des textiles, parfums, épices et des pierres précieuses venaient de l’Inde et d’Extrême-Orient, alors que des métaux, du verre, du vin et de la trésorerie de Rome passaient par voie terrestre, en contournant l’itinéraire le plus long de commerce de la mer Rouge.

Au cours de ses siècles de prospérité et de déclin, la cité a hébergé une communauté juive prospère.

« Ce que nous voyons à Palmyre c’est une société multiculturelle, et peut-être aussi une ville multi-identité », a dit Meyer, qui a dirigé une fouille archéologique syro-norvégienne sur le site en 2011, alors que la guerre civile commençait. « Ici, nous avons ce mélange de culture grecque, araméenne, du Moyen-Orient, et romaine. C’est fantastique. »

Cette fusion incluait les Juifs.


Deux lampes en terre cuite fabriquées trouvées sur place à côté de l’un des grands temples païens portent des menorahs de chaque côté d’une conque, ce qui suggère une étroite intégration entre Juifs et non-juifs.

Les preuves de présence juive à Palmyre se rétrécissent après le IVe siècle, dit Vainstub, quand la ville ré-habitée n’était qu’une ombre de son ancienne gloire. Des siècles plus tard, après la conquête musulmane, Palmyre a commencé son lent déclin vers l’obscurité.


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