Singapour est une cité-état qui est formée de 64 petites îles ou îlots au Sud de la Malaisie. C’était une colonie britannique qui obtiendra son indépendance le 9 août 1965.

Réputée pour être un exemple de réussite économique, la Cité-Etat de Singapour est surnommée « ville-jardin » en raison de sa verdure abondante, ou encore « petit jardin d’Eden » pour le havre de paix qu’elle offre à la communauté juive locale.

Une histoire peu connue

C’est en 1819 que l’Empire britannique fit de cette île de Singapour, une importante base navale mais aussi, vu sa localisation stratégique, une forteresse commandant l’accès à l’Extrême-Orient. Assez rapidement, l’île se peupla par diverses vagues d’immigration, issues majoritairement de Chine.

Dès la moitié du XIXème siècle, des familles juives en provenance d’Inde et d’Irak en particulier de Bagdad, s’installèrent dans la « Cité du Lion ». Ils bâtirent alors une petite synagogue sur les flancs de la rivière de Singapour, et située sur la rue qui, jusqu’à ce jour, porte le nom de « Synagogua Road ».

Au fil des années, les membres de la communauté juive furent de plus en plus nombreux, au point d’atteindre les quelques milliers. Deux somptueuses synagogues furent alors construites par Ménaché Méïr, l’un des notables qui se tenait à la tête de la communauté juive de Singapour, et qui était propriétaire de près de la moitié des biens immobiliers de cette cité. Il fonda également un Talmud Torah, et il mit en place une caisse, pour financer les activités communautaires mais qui fut aussi destinée par la suite, à soutenir des jeunes étudiants des Yéchivot d’Erets Israël.


Durant la Seconde Guerre Mondiale, les troupes japonaises envahirent Singapour et y firent des massacres. La majorité des Juifs prirent la fuite. Quant à ceux qui y restèrent, ils furent déportés vers des camps d’internement.


Après 1945, l’empire britannique fut de retour à Singapour, mais la communauté juive, quant à elle, ne comptait plus que 150 membres… Dix ans plus tard, cette cité-Etat obtint son indépendance, et son premier chef de gouvernement fut un Juif du nom de David Saul Marshall (1908-1995).

Une communauté dynamique et accueillante

Depuis 1994, avec l’arrivée aux États-Unis du Rav Mordékhaï Abergel, la communauté juive n’a cessé de renforcer le niveau de pratique religieuse. Aussi, avec le concours d’un noyau de familles dévouées, elle a développé ses activités : cours de Torah quotidiens, organisation de repas communautaires le Chabbat, mise en place d’un Talmud Torah du dimanche, et d’un programme « learn and lunch » où les jeunes se retrouvent pour déjeuner et étudier à la pause du midi.

Le grand évènement annuel qui réunit 700 fidèles, est, curieusement la célébration de Lag Baomer. Aujourd’hui, tous les services religieux et communautaires sont assurés: l’instruction juive, l’alimentation casher, mais aussi une maison de retraite et bien entendu, une ‘Hévra Kadicha. Un nouveau centre communautaire a été fondé, il comprend, entre autres, une salle de fêtes, un restaurant casher mais aussi un nouveau Mikvé, dont la construction a été supervisée par un expert en la matière, le rav Méïr Pozen de Londres.

Quant aux autorités locales, déclare le Rav Abergel, « elles nous défendent, nous considèrent avec beaucoup d’égard et subventionnent les services de culte ». De même, le climat général entre les différentes franges de la population, est marqué par le respect mutuel. L’un des exemples manifestes est, sans doute, la grande ‘Hanoukia située en pleine zone commerciale, sur la « Orchard Road ».

De telle sorte que des milliers de touristes ou d’hommes d’affaires juifs qui passent chaque année a Singapour peuvent profiter de l’ensemble de ces infrastructures juives et religieuses et peuvent ainsi passer sur place un séjour particulièrement agréable.


Manger cacher?


En ville, nombre d’immeubles portent sur leur façade affiché un symbole du judaïsme comme des magen David (étoiles de David) affirmant ainsi l’origine relieuse du propriétaire.


La nourriture cachère est disponible à Singapour dans une épicerie située au Centre communautaire. Le repas du chabbat est servi après l’office à la synagogue … repas chinois et malais.

Une Sunday School est également opérationnelle au centre communautaire pour les jeunes. Deux rabbins, l’un représentant la communauté Loubavitch par le rabbin Mordehaï Abergel, un autre rabbin d’origine israélienne natanel Moshe Rivni se partagent les charges du culte.

Musulmans et Juifs se réunissent pour partager un repas de l’Iftar à la synagogue

En juin 2019, quelque 130 personnes se sont réunies dans la plus ancienne synagogue de Singapour dans le cadre d’un dîner interconfessionnel à l’occasion de l’Iftar, le repas de fin de jeûne qui est pris chaque soir par les musulmans au coucher du soleil pendant le mois de Ramadan.

Organisé par le Jewish Welfare Board en partenariat avec l’organisation inter-religieuse et l’ONG Roses of Peace, cet événement a rassemblé des dirigeants des communautés et des jeunes ambassadeurs au sein de la synagogue Maghain Aboth.

La ministre de la Culture, de la Communauté et de la Jeunesse, Grace Fu, était l’invitée d’honneur de l’événement qui s’est déroulé deux jours avant la fin du Ramadan. Des représentants d’autres confessions telles que le zoroastrisme et le sikhisme étaient également présents.


« Quand les Juifs et les Musulmans se réunissent, c’est une occasion vraiment spéciale », a déclaré le grand rabbin de Singapour, Mordechai Abergel.

Il a salué les « liens d’amitié profonds » qui unissent les communautés juive et musulmane à Singapour depuis plus de 150 ans.


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